Révéler la valeur, stimuler la croissance : célébrer l’avenir de la valorisation de la pomme de cajou en Afrique
Une journée riche en échanges, en apprentissages, en innovations et en partenariats vient de s'achever.
La Conférence et exposition régionale sur la valorisation de la pomme de cajou, organisée par la GIZ/MOVE-ComCashew en collaboration avec l'Autorité pour le développement des cultures arboricoles (TCDA) et qui s’est tenue le 30 avril 2026 à Accra, a réuni plus de 160 participants, dont 30 entreprises venues présenter leurs produits provenant de 13 pays ; Bénin, Burkina Faso, Brésil, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Mozambique, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Tanzanie et Togo.
Sous le thème « Libérer la valeur, stimuler la croissance », l’événement a célébré la dynamique croissante autour de la valorisation de la pomme de cajou, a mis en avant son potentiel pour créer de nouvelles opportunités de revenus, renforcer les entreprises rurales, réduire les pertes post-récolte et soutenir le développement d’une agro-industrie inclusive à travers l’Afrique.
Un engagement commun en faveur d'une nouvelle opportunité
La conférence s'est ouverte par d'importants discours liminaires prononcés par des intervenants de haut niveau, notamment l'honorable Kwasi Etu Bonde, conseiller technique au ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (MoFA), l'honorable Samson Ahi, vice-ministre du Commerce, de l'Agroalimentaire et de l'Industrie (MoTAI), l'honorable Dr Andrews Osei Okrah, PDG de l'Autorité pour le développement des cultures arboricoles (TCDA), Céline PRUD’HOMME MADSEN, responsable de programme au sein du département Agriculture de la délégation de l'Union européenne au Ghana, M. Daniel Boehme, chef adjoint de la coopération au développement à l'ambassade d'Allemagne, et M. Nathan Eboyi, représentant de l'Association des transformateurs de noix de cajou du Ghana (ACPG).
Leur présence reflétait un engagement commun : la valorisation de la pomme de cajou ne peut plus rester un sujet secondaire dans le secteur de la noix de cajou. Il s’agit d’une opportunité qui a le potentiel de transformer les déchets en valeur, les idées en entreprises et les partenariats en un impact durable.
Un moment clé de la conférence a été la présentation par le Dr Andrews Osei Okrah, directeur général de la TCDA, du cadre politique proposé par le Ghana pour l’utilisation de la pomme de cajou, inscrivant la valorisation de la pomme de cajou dans une vision nationale plus large de la transformation agro-industrielle.
L'un des moments forts de la conférence a été la présentation par le Dr Andrews Osei Okrah, directeur général de la TCDA, du cadre politique proposé par le Ghana pour la valorisation des pommes de cajou, qui s'inscrit dans une vision nationale plus large de la transformation agro-industrielle.
« L'opportunité qui s'offre à nous est claire : transformer l'industrie ghanéenne de la noix de cajou, qui dépend fortement des exportations de noix brutes, en un secteur agro-industriel diversifié et à valeur ajoutée. » - Dr Andrews Osei Okrah
Ce cadre décrit comment le Ghana peut promouvoir la création de valeur ajoutée, réduire les pertes et augmenter les revenus en commercialisant les pommes de cajou.
Pour le Ghana, où le cajou est l’une des principales cultures d’exportation non traditionnelles du pays, cette orientation politique constitue une étape importante vers la reconnaissance de la pomme de cajou comme un atout économique à part entière.
Du potentiel inexploité aux résultats concrets
Pour GIZ/MOVE-ComCashew, cette conférence a constitué une occasion importante de mettre en avant son soutien aux initiatives en faveur de la pomme de cajou. Lors de sa présentation, Beate Weiskopf, responsable de programme du projet, a souligné le potentiel inexploité de la pomme de cajou et a donné un aperçu des activités menées par le projet dans toute la région.
Le Fonds de contrepartie a soutenu des interventions public-privé qui contribuent à transformer les pommes de cajou en produits commercialisables et à créer de nouvelles opportunités commerciales tout au long de la chaîne de valeur. Le projet a en outre formé plus de 5 000 femmes et jeunes à la transformation des pommes de cajou dans toute la région de la CEDEAO, leur permettant d’acquérir des compétences pratiques en matière de transformation et d’entrepreneuriat afin de développer leurs propres produits et de saisir de nouvelles opportunités commerciales.
Le programme encourage également l'échange de connaissances, la recherche et l'apprentissage collaboratif afin de combler les lacunes technologiques et de favoriser la collaboration régionale.
Dans ses conclusions, Beate Weiskopf a attiré l'attention sur les opportunités qui s'ouvrent à plus grande échelle. Si la valorisation de la pomme de cajou peut créer de nouvelles sources de revenus au niveau local, la collaboration régionale est essentielle pour combler les lacunes en matière de connaissances et de technologies, ainsi que pour mener des activités de recherche et d'apprentissage collaboratif. Au niveau international, les premières initiatives visant à introduire des produits à base de pomme de cajou sur les marchés européens démontrent que ce fruit suscite un intérêt bien au-delà des exploitations agricoles où il est cultivé.
Le Dr Rodolpho R. C. Monteiro, chercheur à l’Embrapa (Société brésilienne de recherche agricole), a donné une nouvelle dimension à cet appel à l’apprentissage régional et international en partageant les expériences et les enseignements tirés du secteur brésilien de la pomme de cajou. Il a démontré comment la recherche à long terme, le développement technologique et l’orientation vers le marché ont élargi l’utilisation de la pomme de cajou au-delà du jus pour englober des produits alimentaires, des formulations à base de plantes, des films comestibles, des colorants, des applications de protection solaire, des biocatalyseurs et des concepts de bioraffinerie. L’expérience du Brésil a rappelé avec force que la valorisation passe par la collaboration, l’expérimentation et le courage de reconnaître la valeur de ce que d’autres considèrent comme des déchets.
La parole des entreprises au cœur des débats
Les tables rondes ont été parmi les moments les plus animés de la journée. Elles ont permis d’intégrer directement dans la discussion les points de vue des entreprises, des transformateurs, des chercheurs et des investisseurs.
La première table ronde, animée par Mary Adzanyo (responsable du volet secteur privé, GIZ/MOVE-ComCashew), a abordé la valorisation des pommes de cajou, les opportunités commerciales et les défis à relever. Les intervenants étaient Serge Hobert Kponou (directeur général, Tolaro Global SAS), Doreen Caesaria Abaane (responsable du développement durable, Cashew OFI Ghana), John Joseph Nkundwanabake (directeur général, Akros Ltd), David Sylvan Jordan (codirecteur général d’Espen Organics Sénégal (EOSEN)) et le Dr Oyilanka Christianah Jayeola (directrice de la recherche sur la valorisation, CRIN/FoodPro) ont partagé leurs expériences concrètes au Bénin, au Ghana, en Tanzanie, au Sénégal et au Nigeria.
Leurs témoignages ont mis en évidence la diversité des possibilités, notamment les modèles d’économie circulaire, l’autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi qu’une large gamme de produits à base de pomme de cajou et d’innovations axées sur l’exportation. Cependant, ils ont également souligné les défis liés au travail avec un fruit périssable comme la pomme de cajou.
La deuxième table ronde, animée par Mohamed Salifou Issaka (responsable de composante, production GIZ/MOVE-ComCashew), s’est concentrée sur la nécessité de combler le fossé entre la recherche et l’investissement dans le secteur de la pomme de cajou. Parmi les intervenants figuraient Eugenia Boafo (responsable du développement de nouveaux produits chez HPW AG), Daniel Otu (directeur exécutif des opérations et de la production chez Koa Impact Ghana Ltd), le Dr Esther Gyedu-Akoto (directrice exécutive adjointe du CRIG-Ghana), le Dr Elídio Zaidine Maurício Zitha (chercheur en sciences alimentaires à l’IAM-Mozambique) et Samuel Yeboah (directeur des opérations chez GIRSAL-Ghana). La discussion a souligné que l'intensification de la valorisation des pommes de cajou nécessite un engagement tout au long de la chaîne de valeur, ainsi qu'une combinaison adéquate de recherche, d'investissements du secteur privé, de développement de produits, d'assurance qualité, d'acceptation par les consommateurs et de politiques de soutien.
L'innovation à l'honneur
Au-delà des présentations et des échanges, le salon consacré à la pomme de cajou a permis aux participants de découvrir, de déguster et d’expérimenter par eux-mêmes le potentiel de ce fruit.
Des exposants venus de tout le continent africain ont présenté une grande variété de produits à base de pomme de cajou, démontrant ainsi comment la créativité, le savoir-faire et les investissements peuvent transformer un fruit méconnu en un produit commercialisable.


Perspectives d'avenir
La conférence s'est achevée par une séance prospective consacrée aux prochaines étapes, qui a réuni des représentants de la GIZ/MOVE-ComCashew, de la TCDA, du MOFA, du MOTAI et de l'OFI.
La discussion a porté sur la nécessité de maintenir la dynamique et de passer d’initiatives prometteuses à une transformation plus large du secteur.
Pour MOVE-ComCashew et ses partenaires, cette conférence était bien plus qu’un simple événement. Elle a été l’occasion de célébrer les progrès accomplis, de créer une plateforme de partenariats et de lancer un appel à la mobilisation. Une collaboration continue, des investissements, l’innovation et un soutien politique sont essentiels pour exploiter le formidable potentiel de la pomme de cajou en tant que moteur de revenus, d’emplois, de nutrition et de développement durable de la chaîne de valeur.

