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Points de vue: Claudio Scotto
08.09.2020

Points de vue: Claudio Scotto

1. Veuillez nous donner un aperçu de votre organisation

Gebana Burkina Faso a plus de 10 ans d’expérience dans le secteur de la transformation de l’anacarde biologique et équitable. Notre production est restée entièrement manuelle avec 450 employés pour une capacité de 1500 tonnes de noix de cajou brutes (RCN) par an. L'opération de séchage utilise entièrement des coques de noix de cajou comme combustible.  Nous nous efforçons de créer le meilleur environnement de travail possible en payant les employés régulièrement plus que le salaire minimum, en leur faisant passer un examen de santé annuel, en aménageant une crèche et en ayant un médecin sur place. En outre, nous nous efforçons d'accroître l'impact économique positif sur les agriculteurs locaux en distribuant les marges supplémentaires réalisées dans le cadre de notre opération "entreprise à consommateur" (B2C) après la récolte.

2. Comment se déroulaient les opérations avant la pandémie de la CoVID-19 et quel a été son impact ?

La CoVID est arrivée au Burkina dans la première moitié du mois de mars 2020, alors que l'usine avait interrompu la production pour les travaux de maintenance périodiques. Nous avons donc eu le temps d'adapter la production aux directives du Ministère du travail, essentiellement en ce qui concerne la distanciation sociale. Nous avons malheureusement dû fermer la crèche pour les enfants des ouvriers de l'usine et y transférer une partie de la section décorticage ; par ailleurs, nous avons dû louer une salle supplémentaire à proximité pour disperser le travail du service décorticage. Nous avons commencé à scinder la main-d'œuvre en trois groupes et à ne faire travailler que deux d'entre eux chaque jour. Néanmoins, chaque employé a été dédommagé en espèces pour les recettes perdues. Après quatre semaines, le rendement a été porté à 84 % et est revenu à la normale au début du mois de juin. Sur la base de notre objectif annuel, nous avons perdu environ 3 % de la production totale. D'autres mesures ont également été prises pour lutter contre la propagation du virus : prise de température par des infirmières, lavage obligatoire des mains à l'entrée, distribution de masques dans chaque service, et des désinfectants pour les mains disponibles sur chaque bureau. Le couvre-feu établi par les autorités a réduit les heures de travail.

3. Comment la collaboration avec les partenaires, les fournisseurs et les employés évolue-t-elle par les temps qui courent ?

La collaboration avec les agriculteurs a posé peu de problèmes, car les mesures concernaient principalement les zones urbaines, quoique les restrictions de circulation aient rendu la communication difficile. Certaines pièces de rechange ont mis beaucoup plus de temps à arriver à l'intérieur du pays et pire, notre nouvelle étiqueteuse est arrivée deux mois plus tard que prévu. Certains employés ont eu des difficultés à se rendre à l'usine, y compris le Directeur de production. Le PDG, à son retour d'Europe, a été mis en quarantaine pendant 14 jours à Bobo avant de retourner au bureau. L'exportation des marchandises a été retardée.

4. Quelles difficultés avez-vous rencontrées au début de la pandémie et comment les avez-vous surmontées ?

Les employés étaient anxieux, ce qui est compréhensible. Nous avons fait venir des experts du Ministère pour leur expliquer également en dioula (la langue locale) quels étaient les risques et quelles précautions ils devaient prendre. Cela a permis d'éviter que les employés aient l'impression que la Direction privilégie le chiffre d'affaires et les bénéfices au détriment du bien-être des travailleurs. La réaction a été extrêmement positive, avec des travailleurs qui ont pris la responsabilité de ne pas se rendre à l'usine en cas de fièvre. Deux exceptions seulement ont été relevées.

5. Comment avez-vous ajusté vos plans et vos stratégies pour faire face à la nouvelle situation ?

Les clients ont bien compris les défis et nous ont soutenus. Nous avons fait en sorte que tout le monde travaille dur et que les pertes soient minimisées. Le moral du personnel était extrêmement positif, notamment grâce au comportement responsable de la Direction générale. Aucun ajustement majeur de la stratégie n'a donc été nécessaire.

 6. Quelles leçons avez-vous tirées de cette période ?

Il vaut mieux être honnête avec les employés et les parties prenantes que d'essayer de tromper les gens pour un enrichissement à court terme. Les travailleurs ont compris la situation et le caractère très exceptionnel des circonstances. Nous avons remarqué que les instructions étaient suivies avec rigueur et que les mesures sanitaires étaient prises très au sérieux.

7. Quel avenir envisagez-vous pour votre entreprise ?

Nous devons déménager dans une nouvelle zone de production avant 2023 et cette expérience a montré qu'il faut donner suffisamment d'espace aux employés pendant qu'ils font leur travail pour éviter des coûts supplémentaires si une situation similaire se reproduit.

8. Souhaitez-vous ajouter autre chose ?

La discipline s'est relâchée vers juin et juillet, lorsque le nombre de cas à Bobo a approché zéro, mais le virus était toujours présent dans la sous-région et dans le pays. Il n'y a aucune garantie que la bataille soit gagnée d'avance.

 

Interviewé par Viviane Alima M'boutiki, experte en Développement des capacités humaines et en Genre (ComCashew)



Points de vue: Jace Rabe
07.09.2020

Points de vue: Jace Rabe

1. Veuillez nous donner un aperçu de votre organisation

Tolaro Global est une usine de transformation de l’anacarde avec un effectif d’environ 600 employés et 7000 planteurs d’anacarde dans notre réseau. Cela fait 8 ans que nous opérons. Nous offrons un guichet unique pour tous les besoins de nos clients en matière de cajou y compris les amandes bio, Fairtrade et conventionnelles, et les noix torréfiées/salées, le beurre de noix de cajou et la farine de cajou. Nous sommes actuellement certifiés HACCP, BRC, Bio et Fairtrade.

2. Comment se déroulaient les opérations avant la pandémie de la CoVID-19 et quel a été son impact ?

De prime abord, en raison des directives sur la distanciation physique et les restrictions établies par le gouvernement, nous tournons à cinquante pourcent de notre capacité. En outre, en tant qu’un des 20 grands employeurs au Bénin, nous estimons qu’il était de notre responsabilité de donner l’exemple. Ainsi, nous avons décidé de fermer nos portes pendant une période d’un mois et demi au plus fort de la pandémie en mars/avril. 

3. Comment la collaboration avec les partenaires, fournisseurs et employés évolue-t-elle par les temps qui courent ?

Nos employés ont été fantastiques, compréhensifs et flexibles. L’objectif général est d’assurer la santé et la sécurité de nos travailleurs, de leurs familles et des villages et communautés dans lesquelles ils résident et travaillent. Bien que le Bénin soit aguerri dans la lutte contre diverses maladies et virus tropicaux, le pays n’est tout simplement pas muni de l’équipement nécessaire (par exemple les ventilateurs pulmonaires) pour lutter contre la CoVID-19. Sachant que les hôpitaux dans le nord du Bénin ne pourraient pas gérer l’afflux de cas, il a été demandé aux communautés de prendre très au sérieux les précautions et la sécurité. L’économie générale a été fortement secouée.  La confiance des consommateurs dans l’économie est à son plus bas niveau. Les consommateurs évitent les restaurants pour réduire le risque d’exposition à la maladie et en général dépensent moins en raison de l’incertitude par rapport à ce que l’avenir nous réserve. De ce fait, les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, ont ralenti et souffert. L’industrie de l’anacarde n’échappe pas à cette règle. À Tolaro, nous dépendons d’un financement externe pour l’achat de nos noix de cajou brutes (RCN) de février à mai chaque année. En général, nous finalisons notre plan de financement à la fin d’une année civile pour la nouvelle saison. Cette année n’a pas fait exception. Nous avons finalisé nos besoins financiers, reçu l’accord de financement auprès de nos diverses banques. Alors que la CoVID-19 commençait à se faire sentir au début du mois de février, nos prêteurs ont soudainement changé d’attitude pour adopter une mentalité protectionniste/de survie. À cause de la réaction des banques à la pandémie, deux de nos partenaires financiers à long terme ont annulé/retardé leur financement. En définitive, nous n’avons pas pu obtenir en mars les 2,5 millions d’euros qui avaient été pré-approuvés en janvier lorsque nous en avions le plus besoin en raison de la peur protectionniste qui a emparé un grand nombre de banques de prêt agricole. Nos clients qui vendent aux magasins distributeurs ont beaucoup souffert parce que les commandes qu’ils avaient semblaient disparaitre les unes après les autres. En conséquence, ils ont répercuté le problème aux maillons inférieurs de la chaine et annulé ou reporté les commandes qu’ils avaient avec nous. Le marché du cajou a connu une tendance à la baisse en matière de prix au cours des derniers mois en raison de la demande limitée et de l’incertitude. Toujours concernant les clients, plusieurs d’entre eux étaient tout simplement incapables de payer pour les chargements de noix de cajou à cause des défauts de paiement ou de la baisse de la demande dans leurs marchés respectifs. Cela a eu un impact énorme sur les liquidités. Nous sommes tous des maillons d’une plus grande chaine et lorsque l’un d’entre nous souffre, la chaine entière souffre.

4. Quelles difficultés avez-vous rencontrées au début de la pandémie et comment les avez-vous surmontées ?

Entre autres :

Un total d’environ 2,5 millions d’Euros de financement des RCN qui avait été approuvé en janvier mais qui soudainement n’était plus disponible en février et en mars ;

  • La chute du marché des amandes ;
  • La demande limitée ;
  • Les demandes d’expédition différées ;
  • L’incapacité des clients à payer pour les produits/l’annulation des commandes existantes.

Comment nous avons surmonté ces défis :

  • Nous avons fait preuve de créativité et avons négocié avec les agriculteurs pour acheter leurs RCN à crédit et les payer une fois que nous les avons transformées en amandes et vendues. Notez que c’est « du jamais vu » dans le secteur du cajou. Cette démarche a réussi essentiellement à cause de notre réputation et des bons rapports de longue date que nous avons entretenus avec les plus de 7000 agriculteurs de notre réseau.
  • La CoVID-19 a confirmé la stratégie que nous avons mise en place au cours des dix-huit mois écoulés lorsque que nous avons centré notre attention sur la noix de cajou en tant qu’ingrédient plutôt qu’en tant que produit. Le marché mondial de l’anacarde est dominé par le Vietnam suivi de près par l'Inde. La pandémie de la CoVID-19 est une situation exceptionnelle mais le marché retournera à la normale une fois que la pandémie prendra fin. Tandis que la demande mondiale pour les noix de cajou décolle, les injustices s’accentuent. 95% des noix de cajou du monde sont fournies par des pays qui ne se conforment pas à toutes les normes applicables. Le travail des enfants, le travail forcé, et les conditions de travail cruelles sont donc possibles dans le secteur mondial de l’anacarde mais pas dans celui de l’Afrique qui est plutôt jeune. À Tolaro Global, nous sommes fiers de la manière dont nous traitons nos travailleurs et nos agriculteurs, développons notre entreprise et aidons l’ensemble des communautés au sein desquelles nous travaillons. Nous estimons qu’il est préférable de mettre l’accent sur les produits à valeur ajoutée au lieu de faire la concurrence aux autres origines qui ne partagent pas les mêmes idéaux et la même vision que nous. De ce fait, nous avons lancé récemment des lignes qui produiront du beurre/pâte de noix de cajou, de la farine de noix de cajou, des noix de cajou brutes pasteurisées, des noix de cajou torréfiées et assaisonnées, etc. qui sont tous bio et conventionnels. Cette opération est abritée dans une usine certifiée BRC Grade A, la première du genre en Afrique de l’ouest.  

5. Comment avez-vous ajusté vos plans et vos stratégies pour faire face à la nouvelle situation ?

Comme mentionné plus haut, la CoVID-19 a confirmé et validé notre perspective et stratégie pour l’avenir du secteur du cajou et de Tolaro Global. Nous mettrons désormais l’accent sur les produits du cajou à valeur ajoutée et les noix de cajou de haute qualité certifiées biologiques et équitables. Alors que la demande globale pour les noix de cajou augmente, les marges bénéficiaires pour un transformateur traditionnel continuent de décroitre. Pour survivre dans ce secteur, il est nécessaire d’adopter un modèle d’entreprise centré sur l’adaptation et le changement constant de trajectoire. 

6. Quelles leçons avez-vous tirées de cette période ?

Je travaille en Afrique depuis 17 ans. Faire les affaires, c’est difficile. Faire les affaires en Afrique, c’est encore plus difficile ! Les opportunités sont infinies, mais les défis le sont également. Les plus grandes leçons que j’ai apprises dans les affaires en général, et les affaires en Afrique en particulier, sont les suivantes :

  1. Si les choses peuvent mal tourner, elles tourneront mal.
  2. Si faire les affaires était facile, tout le monde ferait des affaires.
  3. Créer des entreprises et l’entreprenariat impliquent tout simplement résoudre de grands problèmes et surmonter des défis insurmontables et trouver les moyens de mieux faire, de faire plus rapidement et plus efficacement que tout le monde. Une fois que vous avez accepté ce fait, vous perdez en quelque sorte votre droit de vous plaindre.

Et donc les leçons que j’ai apprises ne sont pas nouvelles mais plutôt renforcées par les incertitudes qui nous entourent à chaque instant. La CoVID-19 n’est qu’un obstacle et un défi auxquels l’humanité doit faire face et qu’elle doit surmonter. Comme le dit un adage persan « Cela aussi passera ». La CoVID-19 passera et fera place au prochain défi.

7. Quel avenir envisagez-vous pour votre entreprise ?

Je suis très optimiste. Je pense que Tolaro s’est positionnée d’une manière très unique et forte et est complètement différente de tous les autres transformateurs non seulement en Afrique de l’ouest mais à travers le monde.  Nous avons créé une équipe formidable et j’ai foi en ce que nous pouvons accomplir d’ici cinq ou dix ans.

8. Avez-vous autre chose à ajouter ?

En tant que Président de Tolaro Global, je suis naturellement considéré comme le représentant de l’organisation. Malheureusement, cela signifie souvent recevoir un mérite excessif et franchement, je reçois constamment plus de félicitations que je n’en mérite. Les gens croient souvent fermement que l’Afrique ne peut pas se développer sans l’intervention étrangère et que le peuple africain est « moins compétent » que les peuples européens et américains. Ils sont convaincus que les africains ont besoin d’être « sauvés » et qui d’autre est mieux placé que les étrangers pour venir à la rescousse et « régler leurs problèmes ». Je suis sûr que nombreux sont ceux qui réfuteraient cette affirmation et nombreux sont ceux qui me diraient que je me trompe complètement, que je manque de vision etc. mais le fait est que cette mentalité systémique sabote le continent dans son ensemble. Le secteur du cajou en Afrique ne fait pas exception. Cette mentalité se voit dans les structures des usines, dans les équipes de gestion établies et les stratégies utilisées.

Bien vrai que je continue de recevoir une reconnaissance et des éloges non mérités pour les accomplissements et les succès de Tolaro Global, je continuera toutefois à mettre mon équipe en avant. Ils sont les vrais champions de Tolaro Global. Sans eux, nous ne parlerions pas de Tolaro Global. Ce sont :

  1. Mon Directeur général, partenaire et frère Serge Kponou. Sous son leadership, nous avons pu nous extirper des situations les plus difficiles et sortir de tempêtes terribles. Je puis vous dire en toute honnêteté que sans lui, Tolaro n’existerait pas aujourd’hui.
  2. Nafissatou Gbingui Sacaregui qui ne cesse de m’épater avec son éthique professionnelle, son dynamisme et sa capacité inouïe à guider et inspirer notre équipe.
  3. Dorcas Kaho qui dirige notre usine de torréfaction certifiée BRC.  Ne vous laissez pas trahir par son apparence douce et modeste. Elle poursuit la perfection dans tout ce qu’elle fait.
  4. Aboudou Adjarath, Chef de la section Classification. Il a une personnalité extraordinaire et aspire à l’excellence.

Ce ne sont là que quelques exemples et je pourrais en citer davantage. Et donc quand vous pensez à Tolaro Global, ne pensez pas à moi en tant qu’individu, pensez plutôt à l’équipe. J’ai juste eu la chance de porter le titre qui me permet de diriger, de développer, d’aider et de persévérer avec un groupe de personnes formidables. 



Établir une base solide pour la noix de cajou avec des matériaux de plantation améliorés
01.09.2020

Établir une base solide pour la noix de cajou avec des matériaux de plantation améliorés

La Fédération Nationale des Producteurs d'Anacarde du Bénin (FENAPAB), en collaboration avec l'Institut National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB) au Bénin par le biais du Fonds de contrepartie pour l'anacarde, à organiser les opérateurs de pépinières depuis la base, jusqu'au niveau national. Les pépiniéristes et les greffeurs peuvent ainsi accéder aux ressources nécessaires pour améliorer leurs activités. Les agriculteurs sont également assurés de disposer de plants greffés de qualité. De plus, 69 pépiniéristes formés et suivis ont produit plus de 1 000 000 de portegreffes dont plus de 400 000 ont été greffés et 30 000 plants polyclonaux produits. 79 greffeuses ont également été formées dans 16 communautés de la zone d'intervention du projet afin de créer des emplois pour les femmes et d'augmenter la quantité de production.

M. AKAKPO Goudégnon, membre de la coopérative des exploitants de pépinières et bénéficiaire du projet de Fonds de contrepartie, nous fait part de l'impact du projet : "Nous pouvons maintenant dire si quelqu'un est vraiment un exploitant de crèche. Grâce à la coopérative que nous avons créée, nous, les pépiniéristes et les greffeurs, avons maintenant le soutien juridique nécessaire pour interdire à quiconque d'intervenir de quelque manière que ce soit en tant que pépiniériste s'il n'est pas qualifié pour le faire. Avec notre Conseil d'Administration, nous mettrons à la disposition des membres des listes d'arbres et/ou de banques de greffons d’arbres élite afin de pouvoir produire du matériel Végétale de qualité à mettre à la disposition des producteurs d’anacarde."

En lire plus: Établir une base solide pour la noix de cajou avec des matériaux de plantation améliorés



Covid 19 au Bénin : Effets de la crise sur la filière Anacarde
31.08.2020

Covid 19 au Bénin : Effets de la crise sur la filière Anacarde

Au regard de l’évolution de la pandémie du corona virus, plusieurs secteurs stratégiques des chaînes de valeurs agricoles et des filières structurées ont été impactés. La filière anacarde constitue la deuxième culture d’exportation du Bénin ; elle vient après le coton. C’est une filière hautement lucrative pour les producteurs et divers acteurs avec une pluralité d’intervenants intermédiaires dans les chaînes de valeurs. Chaque année, plusieurs acteurs intermédiaires de la chaîne de valeur se font également une marge non négligeable en période de commercialisation. La filière procure des revenus annuels à plusieurs familles et contribue largement à la sécurité alimentaire en ce sens que les revenus acquis grâce à la vente des noix et autres produits dérivés de l’anacarde facilitent l’achat de vivres permettant donc de faire face aux besoins alimentaires. Il faut noter que, selon Tandjiekpon (2010), la filière anacarde représente 7% du PIB agricole béninois et 3% du PIB national. Depuis plusieurs années, et malgré les crises successives, les dynamiques observées au sein de cette filière ont permis de tirer des revenus qui contribuent à l’équilibre de la balance commerciale. Sa part contributive représente 24,87% des exportations agricoles et 8% du revenu d’exportation national (APIEX, 2017).

Étant donné que la transformation locale de l’anacarde ne couvre que 5% de la production nationale, cette filière a subi de plein fouet les effets de la crise de la CoVID-19 en raison des limitations d’exportations, de la réduction du déplacement des acheteurs vers les zones de production. Il faut néanmoins noter qu’en raison des incertitudes autour de la campagne de commercialisation expliquées par la crise du corona virus, les producteurs ont préféré conserver leurs noix en espérant l’amélioration progressive de la situation. L’évolution de la campagne de commercialisation de l’anacarde est symptomatique d’une réalité connue : en fonction des grandes fluctuations liées aux prix dans les pays d’origine de la noix et de la disponibilité dans les pays importateurs, la situation peut changer radicalement en mieux ou en pire ; ce qui vient conforter l’instabilité historique des prix de noix d’anacarde proposés aux producteurs.

En tenant compte de la particularité de l’anacarde (culture pérenne), au moment où la campagne de commercialisation est terminée, il est impérieux de faire une analyse comparée du déroulement de la campagne 2019 et celle 2020 dans un contexte particulier de crise sanitaire et économique. En réalité, les préoccupations actuelles des acteurs de la filière concernent l’avenir de la filière et les spéculations pour les prochaines campagnes dans la mesure où la CoVID-19 a exacerbé les incertitudes ; c’est une crise sans précédent et nul ne saurait affirmer avec exactitude à quand sa maîtrise certaine. Il est donc nécessaire de se préparer à faire face à de prochaines incertitudes qui pourraient grever ou non les analyses économiques de la filière cajou.

En effet, en cette année 2020, la campagne de commercialisation de la noix brute de cajou du Bénin a été lancée le 19 mars 2020 avec un prix plancher de 325 F CFA le kilogramme. Démarrée dans un contexte marqué par la pandémie du corona virus, la campagne a été très timide au cours des premières semaines. Les gros acheteurs étaient très peu présents sur le terrain et le marché était surtout animé par les collecteurs locaux.

Si on se réfère à la campagne de cette année, les prix étaient, dans un premier temps, relativement faibles (entre 200 et 250 FCFA, en début de campagne) avant de tomber très bas (entre 100 et 200 FCFA, vers fin mars - début avril 2020). Comme résultante, beaucoup de producteurs ne vendaient plus leurs noix. Cette situation a duré environ quatre semaines et une grande incertitude régnait chez tous les acteurs. Mais contre toute attente, les gros acheteurs ont commencé par envahir le marché à partir de la cinquième semaine (au mois d’avril). La demande a immédiatement connu une hausse considérable, la concurrence s’est installée et les prix sont entrés dans une phase de flambée constante pour atteindre 400 FCFA dans certaines communes. Après un mois de cette soudaine embellie, la quasi-totalité des stocks de noix ont été achetés et acheminés vers les entrepôts à Cotonou. Entre le 19 mars 2020, date officielle d’ouverture du marché, et le 15 mai 2020, soit huit semaines après, les stocks de noix des producteurs étaient littéralement épuisés. Ce sont les entrepôts des commerçants et exportateurs qui détenaient les stocks jusqu’actuellement étant donné le contexte de fermeture des frontières et les difficultés d’acheminement des noix en raison de la crise sanitaire.

A la lumière de ce qui précède, on peut retenir que les activités commerciales entre producteurs et acheteurs ont duré huit semaines et ont connu deux principales phases d’égale durée. Une première phase de quatre semaines caractérisée par une mévente et une chute drastique des prix, et une deuxième phase de quatre semaines aussi où la demande a été très forte avec des prix en hausse constante. Cependant, il a fallu attendre la dernière semaine (en mai 2020) pour voir les prix atteindre et dépasser le prix plancher de 325 FCFA. Enfin de campagne, il faut noter que le prix moyen national est de 265 FCFA.

À titre comparatif en 2019, les transactions entre producteurs et acheteurs se sont effectuées sur une période de onze à treize semaines, selon la région, alors que cette année, elles se sont achevées après huit semaines... Effectivement en 2020, une année ponctuée par la situation particulière liée à la crise de la CoVID-19, on a enregistré des prix inférieurs au prix plancher dès la semaine d’ouverture officielle du marché jusqu’à la quatrième semaine. À partir de la semaine 5, la tendance a changé avec un mouvement de hausse continue de ces prix jusqu’à la semaine 8. Et contrairement à 2019, ils ont atteint et dépassé le prix plancher de 325 FCFA à la fin des activités commerciales. L’analyse comparative des prix et des évolutions connues par les campagnes de commercialisation 2019 et 2020 élucide bien les différences notoires entre les deux campagnes.

A l’heure des bilans, les acteurs sont unanimes sur le fait que cette année a été particulière pour la filière anacarde tant au niveau de l’approvisionnement des usines, des achats de noix pour l’export et du comportement des producteurs et acheteurs. Malgré les efforts consentis par les différents partenaires techniques et financiers dans l’amélioration de l’environnement des affaires et celui de l’accès au financement au profit de la filière, force est de constater qu’une plus grande disponibilité financière aurait permis aux usines de transformation de s’approvisionner davantage. Le constat est qu’elles ont stocké les noix en fonction de leur capacité et disponibilité financière. Surtout si le prix des amandes chute sur le marché, les transformateurs ne sont pas enclins à suivre les évolutions de prix (payer plus cher) des noix de cajou brute pour des questions de rentabilité. Cette situation ressort les faibles résiliences des acteurs de la filière face aux chocs exogènes (comme la crise du corona virus et le fonctionnement du marché mondial) et parfois endogènes (comportement des acteurs). Espérons que les leçons apprises permettront à tous les acteurs de mieux se préparer pour faire face aux défis futurs de la filière anacarde malgré les incertitudes.

 

José Herbert Ahodode, Agronome socio-économiste, Maitre formateur, Prestataire de services privés auprès des usines de transformation.



Programme USIBRAS de liaison avec les agriculteurs biologiques
28.08.2020

Programme USIBRAS de liaison avec les agriculteurs biologiques

Depuis le début de ses opérations au Ghana, USIBRAS a observé que le niveau de collaboration entre les agriculteurs et les transformateurs locaux était plutôt faible. De plus, les agriculteurs ne rentabilisaient pas au maximum leur production. En 2019, USIBRAS a mis en place son programme de liaison avec les agriculteurs biologiques, dont le but est d'assurer un lien d'approvisionnement durable avec les producteurs de cajou, une valeur ajoutée accrue et un prix équitable, en particulier pour les agriculteurs bénéficiaires. Les agriculteurs seront également soumis à un processus de certification pour les noix de cajou brutes (RCN) biologiques, garantissant ainsi que ceux-ci obtiennent un prix plus élevé pour leurs produits.

Implications de la COVID-19 sur le programme

Bien que la discussion au sujet de ce programme ait été engagée en 2019, les premières sessions de formation n’ont eu lieu qu’en février cette année et semblaient aller dans le sens souhaité. Cependant, la COVID-19 a eu un impact sur le programme. L'interdiction de circuler a rendu difficile les rencontres et les échanges avec ces agriculteurs. De plus, en raison de la nécessité d'adhérer aux protocoles de distanciation sociale, le programme a dû être suspendu pour assurer la sécurité de toutes les parties concernées.

Malgré les difficultés suscitées par la COVID-19, le premier semestre de l'année a été l'occasion pour les parties prenantes de constituer une base de données des agriculteurs bénéficiaires et de se préparer à la mise en œuvre complète de la stratégie post-pandémie. Il convient donc de considérer l'année comme une année préparatoire pour le programme. Il est également raisonnable de préciser que la pandémie a souligné l'importance de ce type de programme pour combler le fossé entre les agriculteurs et les transformateurs. Au début de la pandémie, des pénuries de noix de cajou brutes (RCN) avaient été signalées dans le secteur. Toutefois grâce à ce programme, USIBRAS a pu travailler avec le Ministère de l'Alimentation et de l'agriculture (MoFA), afin de s'approvisionner en RCN directement auprès des agriculteurs.

USIBRAS est très optimiste quant à ce programme et pense qu'il faut faire beaucoup plus pour assurer des liens durables entre agriculteurs et transformateurs.

Le programme USIBRAS de liaison avec les agriculteurs est soutenu par le GIZ, qui gère le fonds de contrepartie pour le compte de ComCashew grâce à un financement du Secrétariat d'État suisse à l'économie (SECO) et du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ) et qui fournit des conseils techniques ; le Ministère de l'Alimentation et de l'agriculture (MoFA) est chargé des formations et de la cartographie des exploitations, et FairMatch Support est responsable de la certification, des bases de données et du processus d'enregistrement des agriculteurs.

À propos d’USIBRAS

USIBRAS est une entreprise de transformation de noix de cajou en activité depuis plus de 40 ans et possédant deux unités actuellement opérationnelles au Brésil. En 2015, l'entreprise a créé une unité et a démarré ses activités au Ghana. Depuis lors, elle n'a cessé de se développer. USIBRAS a surmonté de nombreux défis pour devenir l'une des entreprises de transformation les plus importantes et les plus prospères du Ghana. Depuis cinq ans, USIBRAS a réalisé des investissements importants dans le secteur ghanéen de la noix de cajou, en renforçant les capacités de ses travailleurs et en important des équipements de pointe pour améliorer ses opérations, tout en travaillant de concert avec d'autres parties prenantes au développement du secteur. Aujourd'hui, l'entreprise constate des améliorations et est optimiste quant à l'avenir du secteur de la noix de cajou au Ghana.

 

Auteur : Patricio Assis, PDG, Usibras Ghana Ltd.



SheTrades Afrique de l’ouest fait équipe avec ComCashew pour renforcer les capacités des producteurs d'anacarde en Sierra Léone
27.08.2020

SheTrades Afrique de l’ouest fait équipe avec ComCashew pour renforcer les capacités des producteurs d'anacarde en Sierra Léone

L'initiative du Cajou Compétitif (ComCashew), en collaboration avec le projet ouest africain SheTrades, a organisé une formation des formateurs (TOT) d’une durée de quatre jours pour les grands planteurs (dont 65% sont des femmes), du 13 au 16 juillet 2020. La formation, qui portait généralement sur les bonnes pratiques agricoles (BPA) et plus particulièrement sur la culture intercalaire du manioc dans les nouvelles plantations d'anacarde, a ciblé huit communautés productrices dans le district de Bombali, au nord de la Sierra Léone. Les objectifs de la formation étaient de répondre aux besoins techniques des agricultrices en matière de BPA et de culture intercalaire du manioc dans les nouvelles plantations d'anacarde, de soutenir la promotion des moyens de subsistance et la sécurité alimentaire grâce à la fourniture de matériel végétal (boutures de manioc) et de renforcer les capacités des principaux producteurs d’anacarde grâce à un programme de transfert et de rétention des connaissances communautaires. 30 animateurs communautaires et 800 agriculteurs, pour la plupart des femmes, ont été sélectionnés comme bénéficiaires dans différentes communautés du district de Bombali.

Pendant les cours, les agriculteurs étaient très enthousiastes à l'idée de découvrir les diverses utilisations du cajou, en particulier à des fins médicinales, et les différents types de cultures pouvant être pratiquées en association avec la noix de cajou et les méthodes de culture intercalaire. Ils ont reconnu les avantages et les défis de la culture intercalaire du point de vue de la formation ainsi que de leurs expériences individuelles.

En ce qui concerne la mauvaise gestion des exploitations agricoles, la plupart des femmes ont exprimé leur inquiétude quant à l'ampleur des dégâts causés par les incendies dans les champs d'anacarde, suite à la pratique du brûlis dans les rizières des hautes terres, à la culture des arachides et aux fumeurs qui traversent les champs d'anacarde. Selon le rapport du personnel de terrain de COOPI, en 2019, environ 15 hectares ont été brûlés. Les agriculteurs ont admis qu'étant donné l’absence de ressources et la forte demande en main-d'œuvre pour la construction des ceintures coupe-feu, ils n'ont pas été enclins à mettre en place cette mesure préventive. Afin de prévenir toute nouvelle destruction des champs, ils ont été encouragés à construire des ceintures coupe-feu à une distance raisonnable d'environ 7 à 10 mètres de l’exploitation et à construire des monticules ou des billons pour la culture du manioc ou d'autres cultures sélectionnées identifiées pendant les sessions de formation.

La formation a également permis aux bénéficiaires de se familiariser avec les effets dangereux des produits agrochimiques sur l'homme, le coût élevé des produits chimiques, leur disponibilité sur le marché et leurs effets sur la certification du produit final du cajou.  À cet égard, les méthodes traditionnelles et biologiques de lutte contre les parasites et les maladies, telles que la collecte manuelle des parasites, l'utilisation du margousier, l'introduction de fourmis rouges, le nettoyage et l'entretien adéquats des exploitations, ont été encouragées comme option la plus appropriée.

Au début, les femmes étaient plus intéressées par le fait d'être employées dans le secteur de la transformation de la filière anacarde, mais elles sont maintenant tout aussi motivées pour produire le cajou dans leurs plantations. L'intervention de SheTrades Afrique de l'Ouest et son appui aux producteurs de cajou semblent tout à fait opportuns compte tenu de la pandémie mondiale actuelle et de son impact sur les revenus et les moyens de subsistance.

 Participants Participants

Figure 1. Vue d’ensemble des participants dans la salle de formation 

Participants Participants Participants

Figure 2. Formation pratique sur la préparation du sol, la construction de billons et de monticules par des femmes en vue de la plantation de boutures de manioc.  



Entretien avec la SNI : Wim Schipper et Simone Hertzberger
26.08.2020

Entretien avec la SNI : Wim Schipper et Simone Hertzberger

Entretien avec Wim Schipper, Président sortant de la SNI

Décrivez-nous le temps que vous avez passé à la présidence de la SNI. Quels en ont été les hauts et les bas ?

Pour moi, en tant que Président, l'un des points forts a été de constater concrètement, année après année, l'engagement des participants à travailler dans le domaine de la durabilité. Les participants viennent d'horizons divers et ont un ADN d'entreprise et des intérêts différents. Travailler de concert n'est donc pas acquis. Avec une vision commune, l'équipe a travaillé ensemble de façon remarquable. C'était toujours très important, mais surtout de faire face de manière positive et constructive à l'un des points faibles, à savoir la charge financière élevée que nous avons connue il y a quelques années. Un autre point fort a été de constater l'intérêt accru pour la SNI que nous observons actuellement et le nombre d'organisations qui souhaitent collaborer.

ComCashew soutient la SNI par le biais du Fonds de contrepartie. Comment trouvez-vous cette collaboration ?

La coopération avec ComCashew a été essentielle pour avoir un accès direct aux zones de culture de l'anacarde. Nous disons toujours que la filière de l’anacarde est disjointe, car il y a de petits exploitants au début de la chaîne et de nombreuses catégories de collecteurs, d'agrégateurs et de négociants entre eux et les unités de transformation. Traditionnellement, ces intermédiaires ne divulguent pas leurs sources et cela peut entraver l'amélioration des moyens de subsistance des agriculteurs. Basée sur le terrain, ComCashew assure la visibilité du flux de marchandises et a mis en place des programmes qui propulseront la chaîne de valeur de la noix de cajou au niveau supérieur.   

En tant que Président sortant, comment décririez-vous la croissance de la SNI au cours des cinq dernières années ?

L'Initiative pour la noix durable a changé de bien des manières au cours des cinq dernières années. La SNI a été fondée pour appliquer le système de traçabilité 3S, qui a été commandé par le groupe IDH Cashew Value Stream, au sein duquel les partenaires fondateurs de la SNI ont collaboré. Le système 3S est un système sophistiqué et coûteux. Pour parvenir à l'équilibre budgétaire, nous avons donc dû apporter les modifications nécessaires à son financement. Ces deux dernières années, nous avons donc pu nous concentrer sur l'élaboration de stratégies, des plans annuels, des réglementations organisationnelles, les discussions avec des participants potentiels, les plans de communication, etc. Nous avons donc bâti la maison au lieu de lutter contre l’incendie financier.

Quelle vision étiez-vous le plus enthousiaste à concrétiser ?

J'étais très enthousiaste à l'idée de travailler selon la vision dont l'ensemble du groupe bénéficiera si la situation des différentes parties prenantes de la chaîne s'améliore. Ainsi, dans la pratique, si les noix de cajou rapportent aux producteurs, grâce à une tarification équitable et à une augmentation des rendements d'année en année, nous créerons une industrie saine et porteuse d'avenir. Il en va de même pour les conditions de travail dans l'industrie de transformation : le travail doit être suffisamment attrayant pour éviter que les travailleurs ne changent d'emploi.

 

Entretien avec Simone Hertzberger, Présidente de la SNI

Toutes nos félicitations pour votre nouveau rôle de présidente de la SNI. Quelle est votre vision pour les années à venir ?

Merci !

Je suis enthousiaste à l'idée de travailler avec les participants du SNI durant les prochaines années pour porter le secteur des noix à un niveau supérieur en termes de durabilité.

Actuellement, nous définissons les domaines de la durabilité sur lesquels nous allons nous concentrer et nous déterminons où concentrer nos efforts. Cela ne signifie pas que nous ne prenons pas de mesures dans d'autres domaines. Toutefois, je pense qu'il est important de se concentrer sur la prise de mesures concrètes et mesurables et de communiquer à ce sujet.

Quel a été l’impact du CoVID-19 sur les partenaires, clients et membres de la SNI ?

En ce qui concerne le commerce de détail, l'impact de COVID-19 n'est pas vraiment un problème. Les gens ne pouvaient pas aller au restaurant pendant quelques mois, mais cela a eu pour effet d'augmenter les dépenses dans le secteur de la distribution alimentaire. Les gens sont obligés de manger.

L'effet du COVID-19 dans les pays producteurs est beaucoup plus important. La récolte et la transformation ont été difficiles et certaines frontières ont été fermées.

Dans votre dernier bulletin d'information, il était question d'un rapport annuel sur le marché. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le rapport annuel de suivi de l'anacarde a été créé pour communiquer sur le secteur de la noix de cajou et informer les parties prenantes sur les mesures prises par les pionniers de l'industrie afin d'améliorer la durabilité du marché de la noix de cajou. Des rapports annuels similaires existent pour le café, le cacao et le soja. Nous devons communiquer les mesures que nous avons prises et les résultats obtenus en tant que participants à la SNI, afin de montrer que nous travaillons à la mise en place de chaînes d'approvisionnement plus durables.  Grâce à la communication des résultats, nous essayons de motiver les participants actuels et les participants potentiels à s'améliorer durablement dans le secteur des noix en prenant des mesures avec d'autres partenaires de la SNI.

Comment la SNI entend-elle mettre en place une chaîne de valeur de la noix de cajou plus inclusive et plus transparente au cours des prochaines années ?

L'Initiative pour une noix durable a été mise en place pour tous les acteurs de la chaîne d'approvisionnement en noix. Nous voulons leur faciliter la tâche en leur fournissant des outils pour contribuer à un secteur des noix plus durable. Nous considérons la transparence et la traçabilité comme un premier pas crucial vers une plus grande durabilité dans le secteur des noix.

Pour garantir la transparence et la traçabilité, il est important de nouer des relations entre les producteurs, les transformateurs et les autres partenaires de la chaîne d'approvisionnement. De cette façon, vous saurez plus précisément d'où vient le produit et vous pourrez alors travailler sur des améliorations en termes de durabilité. Cela n'est possible que si les distributeurs de produits alimentaires font eux aussi des choix de fournisseurs en fonction des mesures prises ou à venir. La distribution de denrées alimentaires joue un rôle important en rendant la chaîne d'approvisionnement plus traçable et plus transparente. Si elle continue de se faire en vrac et de manière anonyme, il ne sera pas possible de prendre des mesures.

 

Interviews par : Nana Yaa Agyepong (GIZ/ComCashew) & Karin Egberink (SNI)



Points de vue: Matthew Porter
25.08.2020

Points de vue: Matthew Porter

1. Veuillez nous donner un aperçu de votre organisation

La société Mim Cashew & Agricultural Products Limited est située dans la région d’Ahafo au Ghana et a été établie en 2008. L’entreprise transforme les noix de cajou bio récoltées dans sa plantation bio à Mim. Présentement, l’usine transforme jusqu’à 750 tonnes de noix de cajou brutes par an et compte environ 220 employés. Les amandes de cajou transformées par l’entreprise sont exportées vers l’Europe et les États-Unis.

2. Comment se déroulaient les opérations avant la pandémie de la CoVID-19 et quel a été son impact ?

Il n’existait pas de système de rotation avant la CoVID-19 mais afin de respecter les consignes relatives au distancement physique, nous avons établi deux systèmes de rotation pour pouvoir maintenir la capacité de transformation. Toutefois, cela a occasionné des coûts supplémentaires. Avant la CoVID-19, l’entreprise assurait le transport par car de soixante-douze (72) employés vers l’usine. Ce nombre a été réduit à vingt-cinq (25), augmentant ainsi le nombre de déplacements effectués par le car dans la journée.

3. Comment la collaboration avec les partenaires, fournisseurs et employés évolue-t-elle par les temps qui courent ?

Partenaires : En dehors de la baisse des ventes enregistrées, aucune difficulté n’a été observée pour ce qui de la collaboration avec les partenaires.

Fournisseurs : Nous avons rencontré des difficultés au niveau de la chaine d’approvisionnement en termes de retards. En outre, les prix des stocks ont augmenté en raison de la pandémie.

Employés : Nous avons dû effectuer des changements concernant les dispositions de travail des employés.

4. Quelles difficultés avez-vous rencontrées au début de la pandémie ?

Le premier défi était de former les employés sur les protocoles de la CoVID-19 et d’assurer qu’ils les respectent.

5. Comment avez-vous ajusté vos plans et vos stratégies pour faire face à la nouvelle situation ?

Il a fallu mettre en place des systèmes pour s’adapter à la nouvelle donne. Au nombre de ces systèmes, la rotation des groupes de travail pour respecter la distanciation physique, le travail et les réunions à distance avec les employés stratégiques tels que le personnel de l’administration. En outre, une infirmière a été employée à plein temps pour s’assurer que les travailleurs qui ne se portent pas bien sont traités en conséquence, et pour répondre aux préoccupations concernant les erreurs de diagnostic d’autres maladies telles que le paludisme.

6. Quelles leçons avez-vous tirées de cette période ?

Cette saison a aidé l’entreprise à évaluer son état de préparation. Par exemple, l’entreprise a initié des travaux sur la mise en œuvre des protocoles de la CoVID-19 et a même acquis des masques de protection N95 avant l’annonce des deux premiers cas au Ghana.

7. Quel avenir envisagez-vous pour votre entreprise ?

Les effets négatifs de la pandémie vont certainement perdurer et cela pourrait occasionner des difficultés pour l’entreprise. Par exemple, les prix mondiaux des amandes ont chuté, affectant nos recettes en plus des dépenses accrues. Malgré cela, nous sommes déterminés à faire de notre mieux. 



L’impact du CoVID-19 et les opportunités qu’il offre en faveur d’une transformation locale accrue
12.08.2020

L’impact du CoVID-19 et les opportunités qu’il offre en faveur d’une transformation locale accrue

J'ai récemment demandé à une acheteuse de noix de cajou : « Pendant la pandémie, quelle est pour vous la situation idéale pour la chaîne d'approvisionnement ? » Elle m'a répondu que la chaîne d'approvisionnement doit être courte, rapide (transit), sans danger pour les aliments, traçable, réactive, flexible et fiable. Elle a dit ne pas reconnaitre beaucoup de ces facteurs dans la chaîne de la noix de cajou avec son parcours complexe long de 30 000 km, depuis les petits agriculteurs d'Afrique jusqu'au Vietnam, pour finalement arriver sur la côte Est des États-Unis où cette acheteuse est basée. Moi non plus, mais cela ne doit pas forcément être ainsi.

Beaucoup de gens pensaient que la pandémie détruirait la demande de noix de cajou. L'argument était que les gens n'auraient pas d'argent pour acheter les noix de cajou. Que les consommateurs se focaliseraient sur les aliments de base. Cet argument convenait probablement à certains acteurs du marché qui étaient peut-être en quête de prix plus bas pour les noix de cajou brutes (RCN) ou les amandes afin de couvrir des positions spéculatives. Ils ont eu les prix bas qu’ils souhaitaient, mais ils n'auraient pas pu se tromper davantage sur la demande. La demande d'amandes de cajou en 2020 est à des niveaux record. Et non, il ne s’agissait pas seulement d’une accumulation abusive ou d’achats de panique. Les livraisons sont restées très fortes jusqu'à présent et poursuivent les tendances du second semestre de 2019, s’appuyant sur une croissance qui a vu la consommation quadrupler au cours des 20 dernières années. La demande de noix comestibles connaît une période de forte croissance et les noix de cajou ont été entrainées dans son sillage. Cette croissance est motivée par l'intérêt des consommateurs pour des aliments sains, moins de viande, plus de protéines végétales, plus de plantes, la commodité et la durabilité. Cela ne changera pas de sitôt et cela n’a pas besoin de changer. Si la demande croît au cours des dix prochaines années au même rythme que les dix dernières années, les noix de cajou ne suffiront pas à satisfaire les demandes des consommateurs à travers le monde.

Si elle n’a pas affecté la demande, comment la pandémie a-t-elle donc impacté le marché de la noix de cajou ? Elle a occasionné d'importantes perturbations de l'approvisionnement. En Inde, un pays gravement touché par la pandémie, de nombreux agriculteurs n'ont pas été en mesure de vendre leurs noix de cajou puisque les commerçants et les transformateurs n’ont pu les atteindre pendant les confinements. Cela signifie que la récolte indienne est toujours disponible pour les acheteurs dans certaines régions. Cela signifie également qu'elle sera probablement moins importante que prévu. En Afrique de l'Ouest, première région productrice du monde, l'approvisionnement a été perturbé car les restrictions de circulation, les interdictions de voyager, les interruptions de la navigation et les mécanismes financiers interrompus ont retardé les déplacements des personnes désirant acheter ou inspecter les noix et ont ralenti le transport des produits vers les transformateurs ou les ports. Fin mai, les importations de RCN de la Côte d’Ivoire vers le Vietnam ont baissé de 60% par rapport à 2019, le Nigéria de 46% et le Ghana de 51%. Cela a provoqué une accumulation de produits aux origines, une baisse des prix et un déclin de la qualité. La perturbation a mis en évidence la faiblesse d’une chaîne d'approvisionnement longue, lente, non-traçable et peu fiable qui apporte les RCN aux transformateurs en Asie.

L’acheminement des produits hors de la ferme aurait toujours été difficile en raison de la pandémie. Mais lorsqu’on y ajoute la lenteur du flux de trésorerie nécessaire pour financer l'achat et des tactiques commerciales opportunistes, les problèmes s’amplifient. En 2020, l'offre de noix de cajou dans certains pays pourrait être en baisse de 20% en raison de la pandémie. Cela signifie des revenus réduits pour les agriculteurs, les collecteurs et les prestataires de services tout au long de la chaîne. Parfois, au cours de la saison perturbée par la pandémie de 2020, les seuls acheteurs sur le marché étaient les transformateurs locaux qui traitaient souvent avec les acheteurs locaux et les collecteurs ainsi qu'avec les agriculteurs. Cela a démontré que les transformateurs pouvaient avoir un impact positif par leur présence sur le marché toute l'année, en temps de crise ou non. Une analyse récente a montré que les transformateurs ont tendance à payer de meilleurs prix aux agriculteurs, à récompenser la qualité et à s'impliquer dans le développement de l'agriculteur. À bien des égards, les agriculteurs et les transformateurs ont un intérêt commun à faire réussir le secteur que n’ont pas les acheteurs internationaux mobiles de RCN.    

La pandémie et surtout la nécessité de la distanciation physique ont également rendu la vie difficile pour les transformateurs. Dans les pays africains, les transformateurs qui ont relevé le défi ont été récompensés avec un nombre accru de commandes et de meilleurs prix. Cela n'a pas été facile mais certains transformateurs ont montré que les usines africaines d'anacarde peuvent fonctionner dans des circonstances difficiles tout aussi bien que leurs concurrents ailleurs. Les caractéristiques des usines qui réussissent sont les suivantes : une gestion engagée et professionnelle, une bonne planification des activités, en particulier en ce qui concerne l'obtention du financement nécessaire pour acheter les RCN, des relations positives et transparentes avec le personnel (car de bonnes relations renforcent la confiance dans les systèmes mis en œuvre pour faire face à la pandémie), des liens forts avec les fournisseurs et une approche relationnelle du marketing. Il y a eu des exemples décevants où, par exemple, des usines entières ont été fermées en raison de la crainte d'un propriétaire de contracter la CoVID-19, ou d'usines qui ont choisi de revendre leur approvisionnement en RCN plutôt que de réorganiser leurs installations. Les entreprises qui considèrent les noix de cajou comme un ingrédient alimentaire à valeur ajoutée sont plus susceptibles de fonctionner avec succès en cas de crise que les entreprises qui opèrent comme des négociants traditionnels en matières premières où la transformation est simplement une « façade » pour le commerce de RCN. Cela n'a jamais été mieux démontré que pendant la pandémie. Il a été encourageant de voir certains transformateurs ouest-africains obtenir des prix plus élevés que leurs concurrents en Asie et de voir certains acheteurs reconnaître la valeur d'un transit de 14 jours vers l'Europe occidentale. Bien que pour la plupart des gens, la pandémie ait de nouveau mis en évidence les faiblesses de la chaîne d'approvisionnement, pour certains, elle a souligné qu'ils avaient des avantages concurrentiels.

Il est facile de dire que chaque crise offre une opportunité ou qu’à quelque chose malheur est bon, car ce n'est généralement pas le cas. Mais cette pandémie a donné à certains transformateurs la chance de faire leurs preuves et d’envisager l’avenir avec optimisme. Les autres peuvent apprendre et suivre.

Revenons à l'acheteuse américaine qui souhaite une chaîne d'approvisionnement « courte, au transit rapide, sans danger pour les aliments, traçable, réactive, flexible et fiable ». La transformation des noix de cajou dans les pays africains offre une chaîne d'approvisionnement plus courte, plus rapide (18 jours pour New York, X jours pour Rotterdam) et traçable. La sécurité sanitaire des aliments, la flexibilité et la fiabilité sont l’affaire du transformateur individuel, mais aucun de ces aspects ne requiert des investissements supplémentaires importants maintenant que la transformation semi-mécanisée fait partie de la norme. Ils ont besoin d'une gestion intelligente, d'une formation appropriée du personnel, d'une bonne communication (interne et externe) et d’informations appropriées sur le marché. Si cela peut être fait par quelques-uns en période de crise, pourquoi ne serait-il pas faisable par beaucoup une fois la crise passée ?

Du point de vue de l'acheteur d’amandes, la pandémie pourrait entraîner certains changements de comportement et conduirait probablement à accentuer certaines tendances existantes. Il y aura probablement moins d'acteurs et moins de points de vente. Si les acheteurs veulent éviter de conserver de gros stocks, ils auront besoin de chaînes d'approvisionnement plus courtes. Les acheteurs d’amandes sont probablement conscients du fait que si le Vietnam avait été gravement affecté par le virus, leur dépendance à 80% envers ce pays pour l'approvisionnement aurait été exposée comme étant un risque inacceptable. Les décideurs politiques en Afrique peuvent également réfléchir à la façon dont les producteurs de cajou s’en seraient tirés si les usines de transformation vietnamiennes avaient fermé en 2020.

L'incertitude est susceptible de conduire à une stratégie à moindre risque qui rendra les achats directs, les liens avec la chaîne d'approvisionnement et la certification plus importants. Il y aura moins de déplacements pour visiter les fournisseurs, ce qui signifie qu'une bonne communication et une bonne certification gagneront en importance. Le respect des lois alimentaires relatives à la sécurité sanitaire des aliments deviendra encore plus important qu'il ne l'est déjà. La traçabilité au quotidien deviendra normale. Les exigences sociales et environnementales s’accentueront probablement en raison des tendances de la consommation. Les acheteurs se préoccuperont davantage de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement plutôt que de simples relations transactionnelles. La demande augmentera. Elle deviendra plus complexe, plus ciblée, plus responsable. Les aliments biologiques pourraient connaitre un boom. L'histoire de l'entreprise ou de la marque deviendra le moteur de succès.

Pour que le secteur réponde et profite de ces tendances, la transformation dans le pays producteur est essentielle. Même si les transformateurs efficaces en Asie étaient en mesure de suivre les tendances, les coûts réduiraient considérablement les prix versés aux agriculteurs en Afrique, affectant ainsi les revenus, la production et annulant les avantages pour l'environnement des cultures arboricoles. La transformation en Afrique est rapidement en passe de devenir une nécessité et non plus seulement une option.

 

Auteur: James Fitzpatrick – The Cashew Club          



Vision 2030 : Aller de l’avant en tirant les leçons de 2020
10.08.2020

Vision 2030 : Aller de l’avant en tirant les leçons de 2020

Il n’est guère aisé d’avoir une vision lorsque nous vivons dans une brume d’incertitude causée par une pandémie. Il est tentant de tout interpréter à la lumière des évènements en cours et d’ignorer que cette épreuve finira par passer tôt ou tard. Quinze ans plus tôt, le secteur de l’anacarde en Afrique était en crise. La production s’était accrue rapidement en réponse à la demande au cours des années 90, mais la production de 2005 avait dépassé cette demande. Les prix ont chuté de 2002 à 2005. Le Vietnam n’était pas un importateur de Noix de cajou brutes (RCN), ce qui est difficile à imaginer de nos jours. Les prix à la ferme ont baissé occasionnellement jusqu’à 100 USD/tonne et ont rarement dépassé 200 USD/tonne. Il n’existait pratiquement pas d’usine de transformation en Afrique de l’ouest. La récolte n’était presque jamais épuisée durant la saison. Les noix de cajou étaient toujours contrôlées à partir de Kerala et de Singapour. Beaucoup a changé depuis lors, mais en même temps pas grand-chose.

À cette époque, les gouvernements ont reconnu qu’il était souhaitable de réglementer le secteur afin de protéger les agriculteurs et ont pris des mesures en Tanzanie et au Mozambique. Plus tard, les gouvernements en Afrique de l’ouest ont réagi avec une gamme de mesures dont certaines ont été efficaces et d’autres non. Les agences de développement ont mis l’accent sur les noix de cajou. L’Initiative du cajou africain (ACi), plus tard connue sous le nom d’Initiative du cajou compétitif (ComCashew) a ainsi vu le jour. L’Alliance pour le cajou africain (ACA) et d’autres programmes financés par les programmes d’aide internationale ont également émergés durant la même période. Dix ans après, le rendement à la ferme pour les agriculteurs bénéficiant de l’aide a doublé.  En même temps, la demande a commencé à croître rapidement en Inde et en Europe. La consommation mondiale a quadruplé. Les cajous n’étaient plus un casse-croute de luxe mais désormais la noix favorite pour de nouvelles recettes créatives. En 2016, les prix à la ferme dans les pays africains avaient triplé. Les développements en matière de technologie de traitement ont facilité l’accès à des machines de dépelliculage et de décorticage efficaces. Les usines de cajou se sont agrandies. Le Vietnam a commencé à importer les RCN, relançant leur vente. L’Inde s’est repliée sur elle-même, cédant son marché d’exportation au Vietnam et se focalise désormais sur ses 1,4 milliards de consommateurs locaux.

Comment la vision d'un secteur de la noix de cajou où la plupart des noix sont transformées à l'origine, où les parties prenantes sont organisées et équitablement récompensées, où les sous-produits sont transformés contre rémunération et où les risques environnementaux sont atténués, peut-elle se concrétiser dans l'ombre d'une pandémie ? Il aurait été difficile d’imaginer la plupart des changements auxquels dont nous avons été témoins au cours des vingt dernières années. Il est déjà difficile de prédire ce que nous réserve l’année prochaine. Il serait utile de plutôt mettre l’accent sur ce que la crise actuelle signifie pour l’avenir. Les crises tendent à exacerber les faiblesses des économies, des systèmes de santé ou des entreprises. Elles peuvent également révéler le meilleur chez les gens. Que pouvons-nous apprendre de cette crise quant à l’avenir du secteur du cajou ?

D’abord, les experts nous disent que nous n’en sommes qu’au début de la crise. Pour y faire face, nous devons comprendre qu’elle peut changer tant l’avenir que le présent. Que nous découvrions un vaccin ou pas, les implications se feront sentir pendant de longues années. En conséquence, il apparait important de bien apprendre les leçons de la crise, en particulier concernant l’évacuation plus lente des matières premières vers les usines de transformation et les ports. Moissonner durant une crise rend encore plus nécessaires de bonnes pratiques après-récolte, le séchage local, les installations d’entreposage et les mécanismes financiers requis pour assurer leur coût. Elle souligne également l’importance d’informations et d’analyses commerciales adéquates. Comme nous l’avons constaté, les pays qui étaient bien informés et qui ont prêté attention à l’expertise scientifique ont mieux survécu que les autres. Ce n'est pas un hasard que certains pays africains aient relativement bien résisté à la crise. Comprenant la fragilité de la vie et forts de leur expérience des menaces de maladies dangereuses telles qu’Ébola, ils ont agi plus vite et plus rapidement que certains pays plus riches.

La crise a une fois encore démontré la robustesse de la demande pour les amandes de cajou. Les premières prévisions d’un effondrement de la demande étaient on ne peut plus erronées. Les justifications qui ont suivi et qui expliquaient qu’il s’agissait juste d’achats de panique se sont également avérées erronées. La demande pour les noix de cajou est demeurée forte au cours de deux crises majeures durant les vingt dernières années. Notre vision pour l’avenir doit être centrée sur comment satisfaire la demande et comment éviter la volatilité des prix créée par l’opportunisme en période d’équilibre rigoureux des marchés.

Certains d’entre nous ont souligné la fragilité de la chaine d’approvisionnement de l’anacarde pendant des années. L’expédition de jusqu’à 2 millions de tonnes de RCN chaque année n’est pas efficiente et n’est pas en harmonie avec les tendances du marché. D’ici 2030, ce chiffre pourrait doubler si la transformation ne se développe pas en Afrique de l’ouest. Comment cela s'inscrirait-il dans une vision d'une chaîne d'approvisionnement courte et efficace ? En mai 2020, les États-Unis ont importé 93% de leurs amandes de cajou d’une seule origine, le Vietnam. En 2019, le Vietnam a importé environ 84% de ses noix de cajou brutes pour la transformation. Ce trajet de 28 000 km, de l’Afrique via le Vietnam, vers les consommateurs en Amérique du nord et en Europe, est trop long, trop risqué, nuisible à l’environnement et non durable. Le commerce d’amandes « borma » est une opportunité perdue de forger une marque. La pandémie de 2020 a démontré un autre aspect. L’arrivée tardive des acheteurs signifiait que les prix avaient chuté, que la qualité avait baissé et que les revenus s’étaient effondrés dans les pays producteurs de cajou en Afrique de l’ouest. Cette chaine de forte interdépendance est un anachronisme qui crée des risques inutiles et favorise les spéculations. Bâtir une vision du secteur sur ce type de fondation ne ferait que favoriser la perspective d’une crise perpétuelle et d’une volatilité persistante.

On n'a qu'à imaginer la débâcle du secteur si les usines vietnamiennes de noix de cajou avaient fermé à cause de la pandémie. Le Vietnam a enregistré moins de 200 cas et pas de décès, un exploit remarquable. Et si le Vietnam avait été aussi gravement touché que les États-Unis par exemple ? Et si les usines avaient fermé ? À travers le monde, il y aurait eu 80% en moins d’amandes de cajou à exporter et la demande pour les RCN aurait été d’environ 70% inférieure à la normale. Quelle aurait été alors la valeur des noix de cajou à Korhogo ou Wenchi ou Bissau ? Heureusement, ça n’a pas été le cas. Pourrions-nous, à l’avenir, l’inclure dans notre vision pour 2030 ?

Les transformateurs, sans exception, ont connu des moments difficiles cette année. En Inde, les confinements à répétition, les règlementations sur la réduction du travail et une baisse de la demande pour les amandes brisées ont réduit les capacités et affecté les marges bénéficiaires et les flux de trésorerie. Au Vietnam, les grandes usines bien gérées ont pu continuer à transformer des quantités records, démontrant l’efficacité et la résilience des transformateurs vietnamiens. Dans les pays africains, certains transformateurs déterminés ont poursuivi leurs opérations dans des circonstances extrêmement difficiles. Dans l’ensemble, ils ont été récompensés par une demande et des prix accrus. Nous rendons hommage à ces transformateurs. Ils constituent la vision de l’avenir de la transformation en Afrique. Qu’est-ce qui les rend différents ? Une bonne gestion, une vision à long terme et un focus sur la transformation, au lieu d’alterner entre la transformation et l’exportation des RCN. Une grande partie de la négativité qui entoure la transformation dans les pays africains est fondée sur l'idée préconçue que les transformateurs africains ne peuvent pas fonctionner avec succès. Durant cette pandémie, les usines fonctionnelles nous démontrent qu’elles le peuvent et qu’elles le pourront.

Cette période est difficile pour les législateurs et les régulateurs. Certains gouvernements ont décidé d’adopter une approche « légère ». D’autres ont pris des mesures fermes pour tenter d’assurer que le secteur fonctionne durant la crise. Les gouvernements décident d’eux-mêmes. Cependant, les évènements récents ont montré que la règlementation basée sur les réalités du marché est plus efficace qu’une politique peu éclairée. Ils nous ont montré l’importance d’obtenir des informations exactes et opportunes. Notre vision pour 2030 pourrait être que les gouvernements n’auront probablement pas à intervenir. Que le secteur récompensera les acteurs, récupèrera les plus-values et promouvra la durabilité. La crise offre des exemples mais ne nous fait pas changer d'avis sur ce point.

Les médias aiment utiliser l'expression "la nouvelle réalité" lorsqu'ils parlent de la pandémie. Apparemment, nous sommes censés nous y adapter, vivre avec, l’accepter, et peut être l’inviter dans nos maisons lui servir des casse-croûtes (évidemment des noix de cajou). Je ne souscris pas à cette « nouvelle réalité ». Je crois simplement à la réalité. La réalité pour le secteur du cajou est que la pandémie a exposé nos faiblesses, démontré la force de la demande, révélé la résilience de certains et l’opportunisme des autres. La vision n’a pas changé. L’urgence et la nécessité de la réaliser ont changé.



Collaboration dans un contexte de pandémie : l’appui du MoFA aux acteurs sierra léonais et vietnamiens
30.07.2020

Collaboration dans un contexte de pandémie : l’appui du MoFA aux acteurs sierra léonais et vietnamiens

L’anacarde est hétérozygote de nature et rend donc cette culture très complexe et instable du point de vue génétique, en particulier lorsque ses semences sont utilisées pour établir des plantations. Le Ghana a initié des recherches sur l’anacarde en 2002 avec comme objectif, entre autres, de développer des clones à haut rendement, stables et cultivables dans toutes les zones de production.  

Grâce à ces recherches, le Ghana a découvert 40 accessions d’anacardier qui se sont avérées avoir de bons traits. Des banques de greffons et des plantations polyclonales ont établies à partir des dix (10) accessions les plus performantes sur les quarante (40). De 2012 à ce jour, des recherches supplémentaires sont en cours pour identifier les accessions au plus haut rendement (15-30 kg/arbre/an). En outre, les hybrides de cajou sont en cours de mise au point par le Cocoa Research Institute of Ghana (CRIG). Le Ghana occupe donc la première place en termes de recherches sur le cajou en Afrique de l’ouest. La Direction des Services des cultures (DCS) du Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture collabore avec le CRIG depuis des années sur l’établissement de jardins de greffons et de plantations polyclonales.

En réponse à une demande de l’Initiative pour le cajou compétitif (ComCashew), la Direction a, au cours des cinq (5) dernières années, apporté son appui à d’autres pays africains dont la Sierra Léone, en matière de fourniture de matériel végétal. Cet appui est motivé par le fait que le Ministère est convaincu qu’il est profitable pour toute l’Afrique de développer le sous-secteur du cajou ensemble.

La Sierra Léone, un producteur relativement récent du cajou, entend accroître les quantités de noix de cajou produites dans le pays jusqu’à 30 000 tonnes d’ici à l’an 2030. En 2020, la Sierra Léone a demandé 7000 kg de semences polyclonales au Ghana par l’entremise de GIZ/ComCashew et de Solidaridad Afrique de l’ouest. Afin d’aider la Sierra Léone à réaliser son objectif et de répondre à la requête du Ministère sierra léonais de l’Agriculture et des forêts (MAF), les semences polyclonales ont été livrées durant la pandémie de la CoVID-19.

Face à cette pandémie, la Direction des cultures au Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture (MoFA) a engagé une entreprise de camionnage basée à Accra pour transporter les semences d’Accra à Freetown. Le MoFA a collaboré avec le Ministère ghanéen des Affaires étrangères et de l’intégration régionale pour transporter les semences d’Accra au Ghana, à Freetown en Sierra Léone sans accrocs.

En outre, durant la période de confinement au Ghana occasionnée par la pandémie de la CoVID-19, six (6) vietnamiens Analystes de la qualité du cajou qui ont été bloqués au Ghana en raison de la fermeture des frontières, ont obtenu une assistance pour se rendre à Abidjan. Ces analystes qui avaient signé un accord avec les acteurs de la filière anacarde en Côte d’Ivoire, étaient dans l’incapacité de sortir du Ghana à cause de la directive du Président du Ghana ordonnant la fermeture des frontières. En étroite collaboration avec le Conseil Ivoirien du Coton et de l’anacarde (CCA), le Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture du Ghana a contacté le Ministère des Affaires étrangères et de l’intégration régionale pour faciliter la délivrance d’autorisation de voyage pour ces analystes. Cela leur a permis de passer la frontière pour poursuivre leur travail.

Le MoFA est convaincu que la coopération avec d’autres acteurs dans la sous-région permettra de bâtir, ensemble, un secteur africain du cajou durable et compétitif.

Auteur : Jerry J. Anim, Fonctionnaire agricole principal   

Direction Services aux cultures, Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture



AfriCashewSplits (Week 29: July 13 – 19, 2020 -N°14) - La source des dernières informations sur les récoltes et les prix
26.07.2020

AfriCashewSplits (Week 29: July 13 – 19, 2020 -N°14) - La source des dernières informations sur les récoltes et les prix

Le marché des amandes de noix de cajou semble développer un sentiment positif. Des acheteurs européens et américains ont acheté des amandes sur les marchés asiatiques. En Inde, le marché intérieur est plus actif que les mois précédents, à l'approche de la saison des festivals qui déterminera la consommation indienne et peut-être le sort du marché pour 2020. Les prix de la WW320 ont donc augmenté. Il s'agit peut-être des premières pousses de reprise des prix des amandes. Les prix des noix de cajou représentent toujours une bonne valeur et une opportunité de profit pour les torréfacteurs et les détaillants. La baisse des prix n'a pas été répercutée sur les consommateurs des économies développées. Lorsqu'ils le seront, la demande pourrait connaître une nouvelle flambée, même à partir des niveaux élevés actuels. La force de la demande a ses racines bien avant la pandémie. La demande évolue positivement depuis de nombreuses années, mais la seconde moitié de 2020 a vu une poussée de la demande dans l'UE, aux États-Unis et en Chine. Cette hausse est due en grande partie à une alimentation saine, à la réduction de la consommation de viande, à la commodité et aux grignotages. Surveillez-les de nouveau en 2021.

Le commerce du cajou est dans une impasse. Les acheteurs vietnamiens ont besoin de matériel car leurs stocks sont utilisés alors que les exportations d'amandes atteignent des niveaux records. Les principales origines sont désormais la Côte d'Ivoire et la Guinée-Bissau. Ces deux pays ont des expéditions plus lentes que d'habitude et des stocks importants de la noix brute dans le pays et même dans les champs. Les stocks portuaires sont en de bonnes mains et font l'objet de négociations avec les acheteurs. Dans les deux pays, les exportateurs recherchent de meilleurs prix pour réaliser leurs ventes. Certains accords ont été conclus en Côte d'Ivoire. Le gouvernement ivoirien a mis en place d'autres mécanismes de soutien du marché. Pendant que les acheteurs et les transformateurs négocient, les producteurs attendent de nouvelles ventes ou le paiement des ventes existantes et le cajou perd de sa qualité. Les problèmes fondamentaux de la chaîne d'approvisionnement du cajou sont devenus très clairs dans la pandémie.

Le début du mois d'août est généralement une période de calme commercial. Il en sera peut-être ainsi pour les amandes cette année encore, mais nous ne serions pas du tout surpris de voir une certaine dynamique se développer pour les amandes de cajou, qui seront plus actives après le 17 août. Les échanges cajous continueront très probablement à être lents. Les stocks débarqués dans les destinations de transformation ont un prix élevé par rapport aux amandes, ce qui décourage les transformateurs d'acheter et les négociants de débarquer davantage de stocks. À Hollywood, on dirait "Il faut bien que quelque chose se passe". Pour l'instant, il semble que les prix des amandes pourraient être plus élevés...

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Staff Profile- Vanessa Langer
23.07.2020

Staff Profile- Vanessa Langer

Je m’appelle Vanessa Langer et je fais partie de l’équipe de ComCashew depuis près de cinq ans. Après mes études en Commerce international, j’ai rejoint le projet en tant que Directrice financière en octobre 2015. Les années qui ont suivi ont été captivantes et instructives puisque c’était mon premier emploi et la première foisVanessa Langer que je travaillais comme membre d’une équipe internationale répartie sur plusieurs sites. Cela a rendu mon travail, d'une part, assez difficile mais, d'autre part, très varié et enrichissant.

Pour moi, la particularité de ComCashew est que j'ai eu le sentiment d'en faire partie dès le premier jour et que même dans les situations difficiles, je pouvais compter sur le soutien de l'équipe. À part cela, qu'est-ce qui va me manquer ? L'esprit d'équipe, la bonne coopération et les développements dynamiques ainsi que la bonne part de joie et d'humour qui caractérisent mon travail quotidien. ComCashew m'a permis de me développer du point de vue professionnel et, en même temps, d'apprendre beaucoup de choses sur moi-même et sur ce que je veux faire à l'avenir.

L'un des moments que j'ai le plus apprécié a été la participation à une session du programme de Formation des maîtres formateurs (MTP) et surtout la visite de la pépinière de noix de cajou et les exposés sur la production d’anacarde. Mon intérêt pour ces sujets a intensifié ma décision de faire une maîtrise et, en 2018, j'ai finalement commencé mes études extra-professionnelles en sciences de l'environnement.

Ma prochaine étape m’a menée au département de Conseil financier de GIZ en Afrique, et je suis déjà très enthousiaste à l'idée de ce changement de perspective.

C'était un réel plaisir de faire partie de ComCashew. Je vous souhaite tout le succès possible et j'espère que le secteur de la noix de cajou continuera à se développer de manière positive.  



Collaboration dans un contexte de pandémie : l’appui du MoFA aux acteurs sierra léonais et vietnamiens
21.07.2020

Collaboration dans un contexte de pandémie : l’appui du MoFA aux acteurs sierra léonais et vietnamiens

L’anacarde est hétérozygote de nature et rend donc cette culture très complexe et instable du point de vue génétique, en particulier lorsque ses semences sont utilisées pour établir des plantations. Le Ghana a initié des recherches sur l’anacarde en 2002 avec comme objectif, entre autres, de développer des clones à haut rendement, stables et cultivables dans toutes les zones de production.  

Grâce à ces recherches, le Ghana a découvert 40 accessions d’anacardier qui se sont avérées avoir de bons traits. Des banques de greffons et des plantations polyclonales ont établies à partir des dix (10) accessions les plus performantes sur les quarante (40). De 2012 à ce jour, des recherches supplémentaires sont en cours pour identifier les accessions au plus haut rendement (15-30 kg/arbre/an). En outre, les hybrides de cajou sont en cours de mise au point par le Cocoa Research Institute of Ghana (CRIG). Le Ghana occupe donc la première place en termes de recherches sur le cajou en Afrique de l’ouest. La Direction des Services des cultures (DCS) du Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture collabore avec le CRIG depuis des années sur l’établissement de jardins de greffons et de plantations polyclonales.

En réponse à une demande de l’Initiative pour le cajou compétitif (ComCashew), la Direction a, au cours des cinq (5) dernières années, apporté son appui à d’autres pays africains dont la Sierra Léone, en matière de fourniture de matériel végétal. Cet appui est motivé par le fait que le Ministère est convaincu qu’il est profitable pour toute l’Afrique de développer le sous-secteur du cajou ensemble.

La Sierra Léone, un producteur relativement récent du cajou, entend accroître les quantités de noix de cajou produites dans le pays jusqu’à 30 000 tonnes d’ici à l’an 2030. En 2020, la Sierra Léone a demandé 7000 kg de semences polyclonales au Ghana par l’entremise de GIZ/ComCashew et de Solidaridad Afrique de l’ouest. Afin d’aider la Sierra Léone à réaliser son objectif et de répondre à la requête du Ministère sierra léonais de l’Agriculture et des forêts (MAF), les semences polyclonales ont été livrées durant la pandémie du CoVID-19.

Face à cette pandémie, la Direction des cultures au Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture (MoFA) a engagé une entreprise de camionnage basée à Accra pour transporter les semences d’Accra à Freetown. Le MoFA a collaboré avec le Ministère ghanéen des Affaires étrangères et de l’intégration régionale pour transporter les semences d’Accra au Ghana, à Freetown en Sierra Léone sans accrocs.

En outre, durant la période de confinement au Ghana occasionnée par la pandémie du CoVID-19, six (6) vietnamiens Analystes de la qualité du cajou qui ont été bloqués au Ghana en raison de la fermeture des frontières, ont obtenu une assistance pour se rendre à Abidjan. Ces analystes qui avaient signé un accord avec les acteurs de la filière anacarde en Côte d’Ivoire, étaient dans l’incapacité de sortir du Ghana à cause de la directive du Président du Ghana ordonnant la fermeture des frontières. En étroite collaboration avec le Conseil Ivoirien du Coton et de l’anacarde (CCA), le Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture du Ghana a contacté le Ministère des Affaires étrangères et de l’intégration régionale pour faciliter la délivrance d’autorisation de voyage pour ces analystes. Cela leur a permis de passer la frontière pour poursuivre leur travail.

Le MoFA est convaincu que la coopération avec d’autres acteurs dans la sous-région permettra de bâtir, ensemble, un secteur africain du cajou durable et compétitif.



Simone Hertzberger est la nouvelle Présidente de la Sustainable Nut Initiative
20.06.2020

Simone Hertzberger est la nouvelle Présidente de la Sustainable Nut Initiative

À compter du 1er juin, Simone Hertzberger est la nouvelle présidente de la Sustainable Nut Initiative - SNI (Initiative pour des noix durables). À ce titre, elle sera chargée d’étendre le rôle catalyseur la SNI pour ce qui est rendre les chaines d’approvisionnement des noix plus durables. Hertzberger remplace à ce poste Wim Schipper (Intersnack Procurement) qui a dirigé le Conseil d’administration au cours des trois dernières années.

Simone Hertzberger possède une longue expérience du secteur alimentaire. Après des études en médecine vétérinaire à l’Université d’Utrecht, elle a entamé sa carrière à Keuringsdienst van Waren à Haarlem où elle a mené ses recherches de doctorat. Après son Doctorat, Hertzberger a occupé divers postes à Ahold, notamment ceux de Directrice de la Qualité & Environnement et de Vice-présidente de l’Assurance qualité et de l’intégrité des produits. En outre, elle a également participé à la création de l’Initiative mondiale pour la sécurité sanitaire des aliments (GFSI). Elle est également membre des Conseils d’administration de SKAL Biocontrole et de Fraitrade Original

Wim Schipper : « Je suis très heureux de l’accession de Simone Hertzberger au poste de présidente.  La SNI a réuni un groupe d’entreprises engagées et motivées qui travaillent ensemble en vue de rendre le secteur des noix plus durable. La SNI est prête pour la prochaine phase qui est l’établissement des priorités dans le cadre d’objectifs communs, la mise au point et la mise en œuvre d’instruments et l’expansion du nombre de participants. Je suis convaincu qu’avec la connaissance et l’expérience qu’apporte Simone, la SNI pourra passer à la vitesse supérieure. »

À propos de la SNI

La Sustainable Nut Initiative (SNI) est une plateforme précompétitive et coopérative pour le secteur des noix. La SNI rassemble tous les acteurs de la chaine d’approvisionnement internationale des noix. Le secteur des noix est caractérisé par des chaines d’approvisionnement complexes aux dynamiques commerciales sans cesse changeantes et à la transparence limitée. Les participants de la SNI collaborent pour favoriser un changement positif en faveur de la production durable et de la transparence et résilience sur l'ensemble de la chaîne. Un programme commun a été élaboré pour prendre en compte les questions actuelles et futures en matière de durabilité au niveau sectoriel, et pour intégrer les spécificités et difficultés des différentes catégories de noix pour ce qui est de la durabilité. La SNI développe des stratégies et des outils pour remédier aux goulets d'étranglement de l'industrie, partager les enseignements tirés et les appliquer, regrouper les ressources et amplifier l'impact. 

Auteure :

Karin Egberink, Chargée des Communications
Secrétariat SNI
info@sustainablenutinitiative.com



Points de vue- Mr. Kofi Atta-Agyepong
01.06.2020

Points de vue- Mr. Kofi Atta-Agyepong

M. Kofi Atta-Agyepong, est Économiste agricole, Responsable de la planification du développement, Professionnel du développement des institutions, des organisations et des systèmes, Intervenant Gestaltiste, Accompagnateur en compétences essentielles et Conseiller. 

M. Atta-Agyepong est le cerveau du Programme de Formation des Maîtres formateurs (MTP) sur l’anacarde et est animateur principal pour le programme depuis sa première édition. Il explique le concept de la MTP et ce qui en fait un programme de renforcement des capacités hors du commun.

1.       Vous avez joué un rôle essentiel dans le lancement et la mise en œuvre du Programme de Formation des maîtres formateurs sur l’anacarde depuis sa première édition en 2013. Pouvez-vous nous donner un aperçu du concept dudit Programme ?

Le concept général consiste à mettre à l’échelle les innovations dans les écosystèmes de l’anacarde et dans les structures partenaires de ComCashew, de les ancrer et de satisfaire une demande importante/croissante émanant de plusieurs pays. 

2.       Qu’est-ce qui fait la différence entre le Programme de Formation des maîtres formateurs et les programmes de renforcement/développement des capacités ?

Le MTP est conçu comme un programme des professionnels qui favorise et encourage une mentalité de résolution des problèmes du secteur. La formation basée sur les compétences combine la théorie et la pratique et l’exposition à l’industrie et à la recherche. Elle est mise en œuvre sous forme de programme flexible comprenant trois modules. Les activités de terrain sont réparties sur une période de sept mois dans deux langues (anglais et français). La formation met l’accent sur l’approche systémique ‘Gestalt’ et des cadres d’intervention mixtes.

La formation est dispensée par des experts hautement qualifiés et internationalement reconnus avec des antécédents dans la formation, le développement et le secteur privé, et qui ont à cœur de contribuer positivement au transfert de connaissances, au développement des compétences et du professionnalisme appropriés dans le secteur. Le processus de formation utilise une stratégie importante qui consiste à maintenir un environnement accueillant et non menaçant et des limites qui permettent aux participants de développer leur assurance, leur amour-propre, des réseaux socio-professionnels ainsi que des rapports positifs.

3.       Après 10 éditions réussies, à votre avis quel a été le plus gros impact de la MTP ?

La MTP a produit un groupe de plus de 700 experts parfaitement qualifiés et motivés qui contribuent de manière stratégique à la chaine de valeur de l’anacarde dans leurs marchés et domaines de politiques respectifs. Les experts ont acquis des compétences industrielles axées sur la demande et améliorées par des attitudes positives qui leur permettent d’intervenir de manière productive et efficace.

Les plus de 700 experts formés reconnaissent et apprécient le fait que les attributs personnels positifs tels que la motivation personnelle, l’autodiscipline et la soif d’excellence sont des piliers essentiels de leurs engagements professionnels et privés. Le regain de professionnalisme, d’éthique du travail et de performance démontré par un bon nombre de ces 700 experts est dument reconnu et attesté par leurs collègues, supérieurs, familles et amis. Cet impact positif sur la performance professionnelle sert de catalyseur principal pour le nombre constant et accru de nouvelles candidatures.

4.       Selon vous, quel est/sont le(s) plus gros défi(s) que le programme doit surmonter et quelles difficultés anticipez-vous pour l’avenir ?

  • La participation égale des hommes et des femmes peut être réalisée grâce à un engagement direct sur les sites web ciblant les femmes ainsi que par des invitations ciblées et agressives adressées aux femmes comme nous le faisons actuellement.
  • Une forte demande pour la MTP (actuellement plus de 300 demandes non encore satisfaites puisqu’un appel à candidatures attire plus de 500 réponses). Des ressources supplémentaires et le partenariat avec d’autres agences/projets pourraient contribuer à satisfaire la forte demande émanant du secteur et des gouvernements.
  • Il y a une demande et des investissements croissants dans le développement de la culture de l’anacarde par les gouvernements dans la sous-région de l’Afrique de l’ouest pour des revenus ruraux durables, la sécurité nutritionnelle et des mesures d’atténuation du climat. Dans la plupart des cas, ces investissements ne sont pas accompagnés du développement de compétences complémentaires. La MTP offre l’opportunité de soutenir ces investissements respectifs grâce au développement des compétences et des capacités humaines.
  • Un bon nombre de participants viennent à la formation avec des problèmes psycho-sociaux (par exemple le traumatisme vécu durant la guerre, et des conflits professionnels et personnels non résolus) qui ont tendance à faire surface durant les sessions sur le développement personnel. Certains de ces problèmes nécessitent des renvois en dehors du cadre de l’assistance fournie par l’équipe d’animateurs. L’accompagnement et le mentorat par les animateurs constituent notre contribution personnelle au succès de la MTP et au bien-être personnel des participants.

5.       Vous avez conçu et animé la Formation des maîtres formateurs depuis sa première édition. Selon vous, qu’est ce qui explique le succès de la MTP ?

La MTP est un produit, une marque avec un concept de formation clair et des objectifs définis par l’industrie. Le programme de formation met l’accent sur le développement de la chaine de valeur de l’anacarde, l’amélioration de la productivité et les mesures de résilience face au climat, la transformation, la consommation, l’économie du cajou ainsi que le développement personnel. La MTP fait la promotion de la pensée critique et de la mentalité de résolution des problèmes qui considère chaque situation comme une opportunité. La MTP est bien promue et se distingue comme un programme de formation innovant et réussi pour les acteurs de la filière anacarde dans la sous-région de l’Afrique de l’ouest.

Les facteurs clés de succès incluent :

  • Un transfert du savoir et de l’innovation cohérent et bien structuré sous divers formats qui offrent l’opportunité pour l’apprentissage multilingue/interculturel et les contacts entre les pays de la sous-région.
  • Un programme de formation par instructeur dispensé par des animateurs de processus expérimentés, des chercheurs internationaux (de la Cocoa Research Institute of Ghana (CRIG) et de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire), des experts du Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture (MoFA) du Ghana, du Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), de l’INADES-Formation et du Programme d’appui au secteur agricole (PSAC) en Côte d’Ivoire, des experts industriels de l’Alliance pour le cajou africain (ACA) et de ComCashew, et des diplômés des éditions précédentes de la MTP.
  • D’autres facilitateurs incluent des professionnels du secteur privé de l’AFAO/WAWA (Sénégal), des Chefs d’entreprise/Directeurs généraux d’usines de transformation du cajou prometteuses au Burkina Faso (Anatrans, Gebana), en Côte d’Ivoire (Ivoirienne de cajou (INC) et OLAM) et au Ghana (USIBRAS et Red River Foods).
  • Une gestion et un pilotage professionnels et engagés du programme par l’Alliance pour le cajou africain (ACA) et l’Initiative du cajou compétitif (ComCashew) soutenue par des équipes d’administration, des finances et de la logistique hautement motivées qui assurent le respect des procédures institutionnelles.
  • Un programme innovant de partage des coûts où le coût de deux périodes de travail sur le terrain dans les pays d’origine respectifs est entièrement absorbé par les participants et leurs organisations. Dans certains cas, les coûts de formation sont entièrement pris en charge par l’institution participante.
  • La promotion et la sélection ciblées des participants avec une forte présence des femmes et des jeunes (50% de représentation de chaque groupe depuis 2019) qui sont autorisés par leurs organisations/associations respectives à s’engager dans le programme (celles-ci détachent le personnel et règlent une partie des frais de transport et du travail de terrain/intersession).
  • La représentation intentionnelle des femmes avec un dispositif de soutien pour les femmes allaitantes afin d’assurer leur présence et participation actives.
  • L’inclusion du personnel de l’Alliance pour le cajou africain (ACA) et de ComCashew dans la formation générale. Cette démarche a permis de diversifier les compétences, d’accroître les points d’apprentissage et l’ancrage du savoir et des perspectives au sein des deux entités sœurs.
  • La reconnaissance des rôles et contributions des gouvernements et partenaires respectifs et l’incorporation du ‘logo’ de l’agence dans toutes les présentations et déclarations officielles.
  • Des investissements proactifs dans la santé et les mesures de sécurité à travers la mise en œuvre d’un briefing professionnel spécifique au pays par les experts de sécurité et de santé au début du programme de formation, la présence d’un agent de sécurité et de santé (une femme docteure et une infirmière et des corps habillés) sur le site, y compris durant les visites de   terrain tout au long du programme de formation. Les recommandations faites par ces experts sont systématiquement intégrées dans des protocoles de santé et de sécurité adaptés et robustes pour le programme.
  • Une perspective régionale avec trois sites de formation situés dans au moins 2 pays et complétée par un travail de terrain pratique/visite de la Station de recherche agricole de Wenchi, et une exposition aux banques génétiques du cajou et aux jardins clonaux, entre autres. Ensuite, des visites aux plantations d’anacarde et des interactions avec les producteurs qui ont adopté la recherche et les innovations et protocoles intelligents face au climat pour renforcer les mécanismes de liens entre la recherche, la vulgarisation et les producteurs. 

6.       Qu’envisagez-vous pour l’avenir de la MTP ? 

La MTP est un programme de formation sur le lieu de travail et est basé sur l’interaction personnelle avec le facilitateur/instructeur. Le choc et l’impact de CoVID-19 et sa portée vont certainement influencer le format éventuel de la MTP en fonction des technologies émergentes. La technologie a le pouvoir et la capacité de développer et de transférer une gamme variée de compétences intellectuelles complexes. « Ce que nous ne savons pas, c’est comment le faire de manière abordable » (Saxberg Bror, 2019). Cela nécessite un réexamen du format le mieux adapté qui assure la qualité (compétences affectives et comportementales) et préserve l’intégrité de la MTP. Cobert Berth (2019) attire notre attention sur le maintien d’un bon équilibre entre la technologie et la touche personnelle car il a été témoin de la différence qu’un seul accompagnateur peut faire pour « insuffler aux personnes la confiance nécessaire pour progresser de leur situation actuelle vers un bon emploi avec un salaire viable ».

7.       Un dernier mot ?

Poursuivons le bon travail. La MTP contribue positivement à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). 

Références

1                    https://www.mckinsey.com/business-functions/organization/our-insights/boosting-the-accessibility-of-workplace-reskilling

2                    https://www.purelybranded.com/insights/the-four-ps-of-marketing/

3                    https://sustainabledevelopment.un.org/sdgs



Se réinventer pour répondre aux besoins de formation afin de créer la différence !
15.05.2020

Se réinventer pour répondre aux besoins de formation afin de créer la différence !

Le renforcement de capacités se définit comme étant un processus d’ajouter de la valeur aux apprenants en termes de savoir, savoir-faire et de savoir être. En vue de leur assurer que les connaissances, compétences et attitudes acquises soient utilisées dans les activités quotidienne des apprenants dans l’optique de créer de la différence. Ce processus peut prendre différentes formes car les connaissances peuvent être acquises par le biais de programmes de formation structurés, mais aussi par des programmes de stages et d'exposition et par des événements de coaching et de mise en réseau, pour n'en citer que quelques-uns.

Dans la filière anacarde comme dans d'autres secteurs, les besoins de formations sont croissants.

Par exemple, les producteurs souhaiteraient avoir de haut rendement, les transformateurs souhaiteraient être à la pointe de la technologie afin d’avoir des retombés importants provenant du marché, et les acteurs de la recherche quant eux voudrais dans leur quête trouver des variétés qui répondraient aux défis du moment.

 Pour répondre à toutes ces demandes il s’avère nécessaire de complémenter les efforts de formation des partenaires et autres acteurs et de mettre à la disposition des acteurs une série de formation.

C’est ce que l’initiative du Cajou Compétitif (ComCashew) s’attelle à faire en mettant en œuvre une série de formation parmi lesquelles nous pouvons citer : Le Programme des Maitres Formateurs (MTP) ; le Farmers Business School  (FBS),  Agricultrural Technical Vocation and Education Training (ATVET)...

Nous continuons également à soutenir les efforts de renforcement des capacités de nos partenaires par la préparation et la participation à des événements de mise en réseau et d'information sur la noix de cajou.

Pourquoi 580 personnes veulent participer à une formation pour 240 participants pour 3 éditions ?

L’initiative du Cajou Compétitif (ComCashew) a entrepris depuis quelques années d’offrir une plateforme d’apprentissage à tous les acteurs de la chaine de valeur. Pour ce faire elle a mis en œuvre une stratégie de renforcement de capacité qui vise à réunir sur une même plateforme tous les acteurs. Cette stratégie renferme une série d’activité qui relie transfert de connaissance, développement des compétences mais aussi centré sur l’individu.

A travers cette stratégie de renforcement de capacité, ComCashew s’est engagé à former pour rendre le secteur du cajou plus compétitif.

Le COVID-19 nous rappelle que chaque situation est une opportunité !  

Depuis l’annonce de la pandémie du Covid-19, plusieurs activités de formation se sont vues annulées. Des centres de formation sont actuellement fermés coupant ainsi les liens directs établies avec les apprenants.

Face à cette situation les besoins de renforcer ou de se réinventer, de développer des nouvelles idées, c’est fait sentir.

Il s’agit de saisir l’opportunité de mettre en exergue les nouvelles technologies de la formation qui ont été longtemps prônée.

Certaines de ces technologies semblaient irréalistes ou faisait objet de sans objet. Mais force est de reconnaitre qu’avec la situation de COVID-19, elles ont eu la chance d’être testé, compris et même appréciés. Qui l’aurai cru ou même imaginé ?

Le E-learning est à l’échos de toutes les discussions. Il est prononcé aisément, il n’est plus une option mais un fait et une action incontournable.

De nombreuses organisation s’y adonne à cœur joie et même vante ces mérites. Et nous entendons ça et là le webinaire, la téléconférence, le visioconférence…

Qu’aurait été la situation si cette option n’existait pas ? Serions-nous bloqués dans notre apprentissage ? Qu’allait être notre quête de savoir et du transfert de connaissance ?

Que deviendrait le E-learning après la pandémie ?

Au MTP comme nous rappelle très souvent le facilitateur principale Mr Atta Agyepong il n’y a pas de problème mais des défis à relever et que chaque situation est une opportunité. Le MTP saura s’adapter à la situation du Covid 19 dont nous faisons face.

Peut-être que nous aurons un MTP en ligne.  Le voyage d’apprentissage continue…



Le marché international de l’anacarde
13.05.2020

Le marché international de l’anacarde

Le marché mondial des amandes de cajou a continué de renforcer la catégorie des noix entières à mesure que les acheteurs viennent remplacer les achats déjà expédiés plus tôt et vendus à la faveur de l’expansion de la demande en Europe et en Amérique du nord pendant le confinement.Ces marchés devraient revenir à des niveaux de consommation plus normaux à mesure que les restrictions de confinement sont levées. Les prix des noix de cajou du grade WW320 pour les transformateurs fiables et certifiés, se situent désormais dans la fourchette de 3,05 à 3,10 $EU par livre FOB. Des surcharges sont prévues pour l’expédition immédiate ou pour les marchandises disponibles sur place dans la mesure où des lacunes émergent dans la couverture des acheteurs. Les ventes des petits transformateurs non qualifiés et utilisant des matériaux locaux au Vietnam ne sont pas aussi positives puisque les acheteurs requièrent des produits certifiés. Nous devons nous préparer à voir des prix non conformes à la tendance. En Inde, les prix des noix entières ont grimpé en raison de la demande persistante et des quantités réduites de la transformation. La situation des noix brisées est beaucoup moins optimiste puisque les acheteurs sont moins enclins à les acheter actuellement.

L’achat tardif des Noix de cajou brutes (RCN) africaines par les transformateurs pourrait bien nuire à la qualité et accroître le rendement des noix brisées, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les transformateurs. Cette situation, ainsi que la hausse des prix des RCN signifient que bien que les prix des amandes soient presque revenus à leur niveau d’avant la crise causée par le Coronavirus, les marges bénéficiaires des transformateurs ne sont pas suffisamment bonnes pour faire grimper les prix des RCN. Le marché des RCN s’est stabilisé sur une demande plus faible, l’appui du gouvernement et les semaines à venir alors que l’opportunité pour les acheteurs vietnamiens et indiens d’acheter s’amenuise. L’exportation des amandes de cajou du Vietnam a connu des niveaux records et des rapports prédisant une récolte exceptionnellement bonne se sont avérés exagérés. En conséquence, les acheteurs resteront probablement sur le marché mais seront attentifs aux prix. La position indienne est beaucoup moins évidente. Les quantités transformées sont réduites par les exigences de distancement social dans les usines et la chaine d’approvisionnement est restreinte par les réglementations relatives au confinement. Jusque-là, ces actions semblent avoir épargné à l’Inde le pire de l’impact du coronavirus. Tout le monde espère que l’Inde pourra bientôt revenir à la normale.

Bien que les RCN aient été expédiées et que certaines restrictions de confinement aient été levées, le coronavirus est loin d’être vaincu. Un scientifique a estimé que le Monde est à peu près un quart du chemin dans sa lutte contre la pandémie. La position demeure incertaine. Par exemple, la récession en Europe et en Amérique du nord pourrait avoir un impact sur la demande et l’impact des restrictions de la pandémie sur les récoltes en Inde, au Nigéria, en Guinée Bissau et dans d’autres pays de l’Afrique de l’ouest, est loin d’être clair. Il est temps de prêter attention aux conseils des experts qui vous recommandent de rester en bonne santé et de s’assurer que vos décisions relatives à l’anacarde sont également basées sur de bonnes informations du marché.

Le marché du cajou en Afrique 

La Côte d’Ivoire a annoncé un prix minimum à la ferme de 400 FCFA par kg (690 $EU par tonne).

 

Bénin

Les prix des RCN se sont stabilisés dans une grande fourchette de 280-380 FCFA/kg en fonction du lieu et de la qualité. Des préoccupations subsistent quant à la récolte restante.

 Burkina Faso

La première récolte de la saison a pris fin. La deuxième floraison est faible, ce qui ne laisse pas présager une bonne récolte. En outre, les pluies qui ont débuté dans les zones de production font tomber les fruits et détériorent la qualité des RCN dans les plantations. Les échanges commerciaux continuent de s’intensifier avec un regain d’intérêt de la part des acheteurs. La concurrence pour les RCN à la ferme a fait grimper les prix. Dans certains villages dans la région des Cascades, une boite de noix de cajou (1,4 kg) se vendait à 500 FCFA, soit 350 FCFA par kg à la ferme, un prix supérieur au prix à la ferme officiel de 330 FCFA par kg. En conséquence, cela poussé un grand nombre de producteurs à vendre leurs stocks. La plupart des transformateurs sont à même d’obtenir une bonne quantité de noix. Ceux qui n’ont pas encore obtenu la quantité voulue, continuent de s’approvisionner. Les divers acteurs de la chaine de valeur conviennent que les quantités disponibles ne sont plus importantes, bien que dans certains villages, les producteurs continuent de récolter les dernières noix et d’autres refusent encore de vendre leur stock, espérant de meilleurs prix. La qualité des RCN a baissé et le Rendement en amande (KOR) se situe entre 44 et 45 par livre avec un compte de noix de 190 à 200 par kg en raison du stockage prolongé des stocks par les producteurs, essentiellement dans des sacs en polypropylène.

Côte d’Ivoire

La prévision des récoltes a été réduite par l’organe de régulation CCA à 730 000 tonnes, une baisse d’environ 9% des estimations initiales. La qualité a baissé pour les produits restant à la ferme puisque les pluies endommagent les noix. Les estimations des quantités engagées varient de 331 000 tonnes (CCA) à 400 000 tonnes selon certaines sources commerciales. Certains acheteurs sont actifs avec les prix dans une grande fourchette de 400 FCFA à 250 FCFA/kg à la ferme en fonction de la qualité et du lieu.

Ghana

Cette semaine, le prix à la ferme varie de 3 à 3,30 GHC avec un rendement de 46-47 livres. Le prix FOB des RCN varie entre 1000 et 1100 $EU par tonne et les noix WW320 sont vendues à 3,00 – 3,25 $EU /livre.

Guinée Bissau

La saison de l’anacarde est proche et débutera probablement lorsque le confinement est reconduit avec des restrictions moins strictes le 11 mai. Les exportateurs s’apprêtent pour la saison avec des avances bancaires et des rumeurs d’appui de la part du gouvernement et des institutions internationales pour la saison.

Mali

Le Mali continue de vivre une période difficile dans la mesure où le transport et les achats sont interrompus par la crise du coronavirus. La quantité de noix a baissé cette semaine alors que les producteurs commencent à être découragés par un prix à la ferme très bas. Actuellement, il n’y a pas de cas de coronavirus dans les zones de production du cajou au Mali et les exportations se déroulent progressivement. Les prix d’achat sont déterminés par les acheteurs locaux qui ont jusque-là acheté 50 tonnes à des prix variant entre 100 et 150 FCFA/kg. Les acheteurs étrangers qui sont déjà présents sont prudents parce qu’ils n’ont pas une capacité de stockage similaire au Mali.

Nigéria

À l’instar de plusieurs pays, la circulation des matières premières est entravée par les restrictions imposées en raison du coronavirus, mais il a été signalé que des états lèveront certaines restrictions du confinement à partir du lundi 4 avril. Il a été rapporté que le Nigéria souhaite accroître la transformation des RCN et que jusque-là, 50 000 tonnes de RCN ont été achetées par les acheteurs locaux à des fins de transformation ou de revente. Les arbres ne produisent plus et portent très peu de fruits ce qui a entrainé une disponibilité limitée des RCN à la ferme. Les prix ont rebondi cette semaine avec des prix à la ferme de 180-200 Nairas par kg pour les RCN humides. Les WW320 se vendent toujours à un prix concurrentiel de 2,80 $EU par livre. La qualité des RCN a baissé avec un KOR entre 45 et 46 livres. Dans certaines régions, la qualité est encore plus mauvaise, jusqu'à 40 livres, en raison d'une mauvaise manipulation après la récolte. Le prix FOB des RCN est de 1050 $EU par tonne.

Sénégal

Actuellement, l’estimation de la récolte 2019-2020 est apparemment de 50 000 tonnes bien que la saison n’ait pas encore réellement commencé en raison de l’interruption des activités causée par la pandémie du coronavirus. Cette semaine, la qualité des RCN varie de 50 à 52 livres et les prix à la ferme entre 200 et 250 FCFA/kg. Afin d’atténuer l’impact de la pandémie du coronavirus sur l’économie nationale, la ‘Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes’ a signé un accord avec les banques sénégalaises dont la Banque nationale pour le développement économique (BNDE), le Crédit du mutuel du Sénégal (CMS) et le Programme d’appui aux mutuelles d’épargne et de crédit au Sénégal (PAMECAS) le 28 avril. Ce financement d’un montant de 6,7 milliards FCFA qui est prévu atteindre 10 milliards FCFA, relancera les activités dans les semaines à venir. Les prix FOB des RCN varient entre 300 et 310 FCFA par kg.

Nos remerciements à l’ensemble de notre réseau de rapporteurs et d’analystes pour leurs contributions au présent rapport.

Ce rapport est une publication de l’Alliance pour le cajou africain



Points de vue – RAMDE Martin
11.05.2020

Points de vue – RAMDE Martin

RAMDE Martin, Responsable Projet à FairMatch Support West Africa (FMS WA). 

FMS WA soutenu les entreprises pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement durables et les producteurs de pays émergents dans la recherche de nouveaux marchés et la professionnalisation de leurs activités.

1. Que pensez-vous du renforcement des capacités dans le secteur de la noix de cajou?

Le renforcement des capacités des producteurs ou groupes de producteurs est un élément capital dans le développement d’une filière durable. Ces renforcements de capacités permettent aux acteurs concernés d’être le plus professionnel possible et de mener leurs activités avec efficacité.

2. De quelle manière pensez-vous que le Programme de Formation de Maitres Formateurs (MTP) a contribué au renforcement des capacités dans son programme?

A l’inverse des habituelles programmes de formation, le MTP se veut plus, un cadre d’échanges d’expériences entre des formateurs des différents pays. Cela favorise un apprentissage rapide et permet aux moins avancés dans la filière de profiter de l’expérience des autres.  

3. Comment mettez-vous en œuvre les compétences acquises dans le cadre du MTP dans votre environnement de travail ?

Les thématiques développées dans le cadre du MTP sont très diverses et couvrent tous les niveaux de la chaine : de la production à la consommation. Les compétences acquises au cours de cette session nous ont permis d’améliorer notre intervention dans les maillons suivants :

  • La production : pour l’amélioration des pratiques de création de vergers, d’entretien des vergers et d’amélioration de la qualité des récoltes.
  • La commercialisation : les contrôles qualités et l’optimisation du processus de commercialisation.

En plus de ces deux aspects ci-dessus cités, le MTP a également permis de nous améliorer dans l’organisation globale des groupes de producteurs pour être en mesure de signer et de gérer un contrat commercial et d’être en mesure de manager des certifications notamment biologique et commerce équitable.

Enfin, le MTP nous a également été bénéfique dans l’élaboration de nouveaux projets ou programmes dans le secteur du cajou.

4. Selon vous, quels sont les domaines/secteurs prioritaires (dans la chaîne de valeur du cajou), en ce qui concerne le besoin de renforcement des capacités, qui émergent dans l'industrie de la noix de cajou ? Veuillez expliquer votre champ d’intérêt.

Comme toutes les filières, la qualité des produits demeure un élément essentiel sur le comportement du marché dans son ensemble. Ainsi, nous pensons en termes de priorité d’investir dans le renforcement des capacités pour une production en quantité et en qualité selon les normes internationales.

En plus du marché mondial conventionnel, des marchés de niches sont en vogues ces dernières années et concernent principalement les amandes sous certification (biologique et/ou équitable). Des renforcements de capacités sont donc nécessaires pour permettre aux acteurs de répondre à ces types de marchés généralement plus rémunérateurs.

Enfin, la complexité du marché du cajou impose des renforcements de capacités des acteurs (producteurs) sur la compréhension globale du marché, l’analyse des coûts de production et la décision de vente.

5. Selon vous, sur quoi repose le succès du MTP en tant que programme de renforcement des capacités ?

  • Le MTP regroupe des experts de différents pays et constitue un cadre de partage d’expériences et de savoir-faire et non un cadre de formation classique ;
  • Les intersessions avec les groupes de travail sur les thématiques spécifiques sont très enrichissantes pour les participants ;
  • Les innovations apportées sur les thématiques dispensées selon le contexte actuel et l’évolution de la filière dans son ensemble.   

6. Quelles recommandations pouvez-vous faire pour améliorer ou renforcer le succès du MTP ?

L’organisation de certaines sessions dans les pays les moins avancés dans la filière pour créer plus d’engouement ;

7. Quelles actions peuvent être entreprises à moyen et à court terme pour accroître l'efficacité et la pertinence du renforcement des capacités en vue du développement durable du secteur du cajou africain ?

Nous voyons cet aspect sous deux principaux axes :

  • La professionnalisation des interprofessions pour une appropriation des activités de la filière par les acteurs eux-mêmes ;
  • La mise en place de structures formelles permettant de cadrer et de capitaliser toutes les multiples interventions dans la filière pour plus d’efficacité. 

8. Depuis votre participation au MTP, avez-vous entrepris des activités de réseautage ? Si oui, veuillez les décrire et expliquer leur contribution au développement de vos activités et de celles du secteur cajou.

  • Accompagnement de deux coopératives du Burkina Faso (Société Coopérative Simplifiée des Producteurs de Légumes Et Fruits (SCOOPS/PRO-LEF) à Orodara et Société Coopérative Simplifiée des Coopératives des Producteurs des Noix et d’Oléagineux de Samogohiri (SCOOPS/CO.PRO.N.O.S) à Samogohiri)  à l’ajustement des procédures commerciaux pour le respect des engagements contractuels avec leurs clients ;
  • Accompagnement de deux coopératives du Burkina Faso (Société Coopérative Simplifiée des Producteurs de Légumes Et Fruits (SCOOPS/PRO-LEF) à Orodara et Société Coopérative Simplifiée des Coopératives des Producteurs des Noix et d’Oléagineux de Samogohiri (SCOOPS/CO.PRO.N.O.S) à Samogohiri) à l’ajustement des procédures de production et des manuels du système de contrôle interne et de management de la qualité en vue de l’acquisition des certifications biologique et commerce équitable ;
  • Formation de formateurs (les agents du ministère de l’agriculture notamment la
  • Direction Générale de la Promotion de l'Economie Rurale (DGPER) via le partenariat avec le PADA/ REDD+ (Projet d’Appui au Développement de l’Anacarde dans le bassin de la Comoé pour la Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts) sur les exigences de l’agriculture biologique et le commerce équitable.

9. Pourriez-vous partager avec nous des modèles de réussite de renforcement de capacité existants que vous appréciez et qui peuvent être reproduits ou élargis ? Ou encore un modèle de conception (approche) non encore mis en œuvre ou un aspect spécifique que vous souhaitez voir reflété dans le renforcement de capacité dans le secteur du cajou ?

Avec les crises sanitaires et sécuritaires que connaissent nos pays ces dernières années, de nouveaux programmes de renforcement de capacités sont expérimentés et sont principalement basés sur les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC). Cela permet à chaque acteur de respecter les normes de production sans forcément être passé par les sessions de formations classiques. Nous pensons que cette approche sera l’avenir des programmes de renforcement des capacités et mérite donc qu’on s’y investisse.

10.    Avez-vous un dernier mot à l’endroit des lecteurs ?

Les sessions de renforcements des capacités des acteurs dans une filière restent des éléments incontournables pour la professionnalisation de la filière dans son ensemble. Dans le cas spécifique du monde rural, former, suivre et évaluer les acteurs doivent être des activités continues pour plus d’efficacité.

Les nouveaux intervenants (projets et/ou programmes) pour conclure, doivent cependant s’appuyer sur les acquis des précédents afin d’apporter un appui conseil spécifique selon le contexte mondial du marché de la noix de cajou « les pays africains sont plus des producteurs que des consommateurs »



Points de vue – Prof. Dan Inkoom
06.05.2020

Points de vue – Prof. Dan Inkoom

Prof. Dan Inkoom est Professeur associé au Département de la Planification à l’Université Kwame Nkrumah des Sciences et technologies (KNUST) à Kumasi au Ghana, et Professeur visiteur à la School of Architecture and Planning, à l’Université de Witwatersrand à Johannesburg en Afrique du sud. Prof. Inkoom a plus de 25 d’expérience en tant que Maître de conférence à l’université et Consultant en Planification du développement, Suivi et Évaluation, Besoins en formation et Évaluation institutionnelle dans plus de 20 pays sur quatre continents. Il partage ses vues sur le développement/renforcement des capacités.

Veuillez nous dire en quoi consiste le renforcement des capacités et pourquoi il est important 

Le renforcement des capacités et le développement des capacités sont souvent utilisés de manière interchangeable pour désigner le processus délibéré par lequel les capacités ou les compétences d’une personne, d’un groupe ou d’une organisation, sont améliorées et retenues à des fins précises. L’amélioration peut se produire dans plusieurs domaines, notamment le savoir, les compétences et les comportements afin de réaliser les objectifs déclarés. Le résultat du renforcement des capacités est l’expansion de la gamme d’aptitudes du bénéficiaire de manières qui assurent l’ajout de valeur. Le renforcement des capacités peut également cibler les systèmes, structures et procédures qui améliorent les résultats et les produits.

1.      Quel est le rôle du développement des capacités dans le secteur de l’agriculture/anacarde ?

Dans le secteur de l’agriculture/anacarde, le développement des capacités assure que tous les acteurs le long de la chaine de valeur comprennent, sont disposés à exécuter leurs fonctions et en sont capables dans le but de garantir la sécurité alimentaire et des revenus durables.

2.      Que pensez-vous des programmes de formation actuels ciblant le secteur du cajou? Où entrevoyez-vous des améliorations possibles ?

Plusieurs programmes de formation sont animés de bonnes intentions, mais il faut des compétences et de l'expérience pour concevoir un programme susceptible d'apporter un changement durable. Tout programme de formation qui tente d’avoir un impact doit s’adresser non seulement à la tête et aux mains, mais aussi au cœur. À mon avis, le cœur est le plus vital pour matérialiser les changements, et toute volonté de changement doit se concentrer sur cette ‘compétence non-technique’.

3.      Les systèmes d’éducation actuels sont-ils favorables au développement des capacités dans le secteur agricole ?

Le système d’éducation actuel doit se recentrer et se focaliser sur l’agriculture comme élément essentiel à la survie de l’humanité. L’agriculture ne devrait pas être une matière de ‘dernier recours’ surtout au niveau secondaire et tertiaire.

4.       Vous faites partie de l’équipe d’animation de la Formation des maîtres formateurs sur le cajou. Quelle est selon vous la clé du succès de la MTP ?

Le travail d’équipe, le dévouement et la planification consciente nécessaires pour la sélection des participants, la sélection des sites de formation, des animateurs, des personnes ressources, et l’utilisation judicieuse des ressources, notamment le temps.

5.      Quelle est la différence entre la MTP et les autres programmes de développement/renforcement des capacités ?

Au nombre d’éléments qui distinguent la MTP, je peux citer :

  • Le grand dévouement de la Direction de ComCashew et de l'ACA
  • Son caractère multi-pays, multisectoriel et multipartite pour ce qui est de la chaine de valeur de l’anacarde
  • Une orientation pratique de l'approche et l’exposition à l'industrie
  • L’utilisation de l’anglais et du français comme langues officielles de la formation
  • L’utilisation du développement organisationnel (Approche Gestalt) en combinaison avec d’autres approches de développement des capacités et des « méthodologies d’apprentissage adulte » pour dispenser la formation.
  • L’exécution de la formation par des experts hautement formés et compétents, et le focus sur le soi et le changement d’attitude au lieu d’un apprentissage par cœur.    

6.      Un dernier mot ? 

Si une approche marche, il faut l’appliquer de manière plus régulière et plus efficace.



Points de vue- Dr. Gniré Mariam Ouattara
30.04.2020

Points de vue- Dr. Gniré Mariam Ouattara

Docteur OUATTARA Gniré Mariam, Economiste du Développement, spécialiste en développement local et experte en management et gestion de Projets. Précédemment Directeur Technique Anacarde, chargée de la production agricole, de la formation et de l’encadrement des producteurs, de la Recherche, de l'Organisation des acteurs et de la Gestion de certains projets de développement pour le compte de la filière anacarde au Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA). Actuellement, Directeur de la production au CCA, Docteur OUATTARA partage son point de vue sur le thème du renforcement des capacités.

1. La GIZ/ComCashew en collaboration avec ses partenaires a organisé à Abidjan le 12 février 2020 une formation sur « les points forts en leadership et comment les développer » à laquelle vous avez pris part. Quelle est votre perception du rôle du renforcement des capacités dans l’autonomisation des femmes ?

Le leadership est un talent impressionnant qui donne à qui le détient, l’art d’influencer, de regrouper, de dominer et de diriger les autres. Ce talent, aussi impressionnant qu’il puisse paraître, n’est pas inné, mais se cultive ; chacun de nous est appelé à devenir un leader, aussi bien dans la vie personnelle, que sociale et professionnelle.

Le développement du leadership des femmes en Afrique est un élément important pour permettre aux femmes Africaines de participer activement et massivement au développement des pays africains. Partant de ce fait, le renforcement des capacités joue un rôle très capital dans l’autonomisation de la femme. Des femmes bien formées dans leurs domaines d’activités, au niveau du leadership et dans bien d’autres thématiques, seront plus confiantes, plus performantes et cela améliorera considérablement leur rendement au travail, dans leurs familles et dans leurs pays. 

2. Qu’est-ce que la formation a suscité en vous en termes de prise de conscience et d’apprentissage ?

La formation m’a permis de prendre conscience de mes forces et de mes faiblesses. Elle m’a permis de faire cette analyse non seulement introspective mais aussi rétrospective de mon parcours professionnel. Par le biais de cette double analyse, j’ai pu identifier les points que je dois impérativement et immédiatement améliorer.

3. Y a-t-il des résolutions de changement que vous avez prises à l’issue de la formation ? Si oui, lesquelles ?

La seule résolution de changement que j’ai prise à l’issue de cette formation est que je dois obligatoirement améliorer les points de faiblesses pour devenir plus performante. Si nous voulons jouer le rôle de femme-leader dans notre environnement, nous devrions être en mesure de nous remettre en cause. Cela permet d’identifier, non seulement nos forces et faiblesses potentielles, mais aussi, pourquoi elles se manifestent et comment elles peuvent être optimisées pour notre intérêt et celui de notre pays.

4. A votre avis, quel rôle le réseau CasheWomen joue dans le renforcement des capacités dans le secteur du cajou ?

Le réseau CasheWomen joue un rôle très important. En plus de la séance de renforcement des capacités organisée cette année, la plateforme des femmes permet les échanges mutuels et par conséquent un renforcement permanent. Nous sommes rassurées du fait que nous faisons partie d’un groupe de soutien mutuel, de synergie au niveau des échanges d’idées.

5. Comment cela affecte-t-il l'intégration du genre et l'autonomisation ? Quels sont les défis qui existent et ceux que vous entrevoyez ?

Avec les actions de ComCashew, notamment le Programme de Formation des Maitres Formateurs (MTP), la plateforme des femmes, le réseau CasheWomen, nous avons ensemble mis en place un réseau important de femmes dynamiques et compétentes dans le domaine du cajou. Les femmes sont de plus en plus présentes dans les activités au niveau des différents maillons de la Chaine de Valeur de l’Anacarde.

Malgré ces résultats, des efforts restent à faire en termes de renforcement des capacités et d’intégration des femmes dans les sphères de décision de la filière. Nous devrions continuer et mutualiser les efforts pour augmenter le taux de représentativité des femmes dans les organes de décision de la filière. C’est un défi pour nous les femmes qui portons cette filière dans notre cœur depuis plus d’une décennie.

6. On note de façon globale une faible représentativité des femmes aux niveaux décisionnels des différents maillons de la chaine de valeur du cajou. Quels facteurs sous-tendent cette situation et quelles en sont les conséquences ?

A mon avis, la nature et le niveau de formation comptent. Si les femmes veulent parvenir à de hauts postes de responsabilité dans les différents maillons de la chaine de valeur du cajou afin de prendre part aux prises de décision, elles doivent accepter de recevoir une formation de qualité pour être très performantes et incontournables dans les prises de décision.

 7. De par votre expérience avérée dans le secteur, quels sont les domaines prioritaires de renforcement de capacité requis pour les femmes Africaines intervenant dans la filière anacarde ? Veuillez expliquer votre champ d’intérêt.

  • Le développement du leadership,
  • La prise de parole en public,
  • Le renforcement des capacités dans les domaines techniques (Management, finance, comptabilité, marketing, mécanisation, agronomie, phytopathologie, entomologie…)

 8. Selon vous quelles solutions pragmatiques/innovantes peuvent améliorer le leadership féminin dans la chaine de valeur du cajou à court et moyen termes ?

Le renforcement des capacités, la mise en situation réelle, la pratique sur le terrain des formations acquises.

9. Pourriez-vous partager avec nous des modèles de réussite de renforcement de capacité existants que vous appréciez et qui peuvent être reproduits ou élargis ? Ou encore un modèle de conception (approche) non encore mis en œuvre ou un aspect spécifique que vous souhaitez voir reflété dans le renforcement de capacité dans le secteur du cajou ?

La gestion des projets axé sur les résultats. C’est une approche que j’ai beaucoup appréciée au cours d’une formation. Si cette approche est appliquée dans les projets, cela pourrait rendre le secteur encore plus compétitif.

10. Avez-vous un dernier mot à l’endroit des lecteurs ?

Mes remerciements vont d’abord à l’endroit de Monsieur le Directeur Général du CCA, Dr Adama COULIBALY, pour la politique du genre mise en œuvre au sein de l’entreprise, qu’il a l’honneur de diriger. Grâce à son leadership, les femmes sont présentes dans toutes les instances du CCA.

Sincères remerciements à l’équipe de ComCashew et surtout à Rita Weidinger pour tous les efforts consentis en vue du développement de la filière cajou en général mais surtout le renforcement des capacités et l’intégration des femmes dans les différents maillons de la Chaine de Valeur de l’Anacarde.

Je remercie également tous les lecteurs pour le temps consenti et les encourage à soutenir toutes les initiatives en faveur du genre.

Brèves à propos du CCA : La réforme du 13 septembre 2013 à travers la loi N° 2013-656 a permis la création en Côte d’Ivoire du Conseil de Régulation, de Suivi et du Développement des filières Coton et Anacarde, en abrégé le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA). Le CCA a pour missions de :

  • suivre la mise en œuvre et de veiller au respect des principes et règles régissant les activités des deux filières ;
  • arbitrer les conflits entre les opérateurs ou entre ceux-ci et les prestataires de services ;
  • agréer les opérateurs et prestataires des deux filières ;
  • gérer les informations économiques dans les deux filières ;
  • instruire les demandes d’agrément des industriels des filières coton et anacarde ;
  • assurer le contrôle de la qualité du poids des produits coton et anacarde ;
  • faire procéder à l’audit et au suivi des services concédés au sein des filières coton et anacarde.


Développer les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVETDévelopper les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVET
29.04.2020

Développer les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVETDévelopper les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVET

Les jeunes représentent environ 14 % (1,2 milliard) de la population mondiale et devraient atteindre environ 16 % (1,4 milliard) en 2050. La croissance démographique diminue rapidement dans les pays à économie avancée, mais en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, on observe une hausse de la croissance démographique. Cela signifie qu'il y aura davantage de bouches à nourrir dans les 20 à 30 prochaines années. Une plus grande partie de la nourriture produite en Afrique et au Ghana en particulier, est produite par un groupe vieillissant de petits exploitants agricoles qui utilisent des technologies et des pratiques agricoles dépassées. Le niveau de connaissance de ces petits exploitants agricoles en ce qui concerne les nouvelles technologies telles que l'utilisation de semences améliorées, l'irrigation, l'application d'engrais et les techniques de rotation des cultures ainsi que les nouvelles technologies numériques est insuffisant et le taux d'adoption est généralement faible. Il en résulte une faible productivité et, par conséquent, de faibles revenus pour la plupart des agriculteurs. Cela a dissuadé de nombreux jeunes de se lancer dans l'agrobusiness à plein temps. Pour accroître la productivité, il est essentiel d'attirer intentionnellement les jeunes, qui constituent la plus grande partie de la population de notre continent, et de les impliquer dans le développement des capacités agricoles. Au fil des ans, l'agriculture n'a pas reçu l'aide nécessaire en termes de financement, de développement des capacités, de bon régime foncier et de politiques favorables, ce qui la rend peu attrayante pour les jeunes des zones rurales et urbaines. Les jeunes doivent être réengagés dans l'agriculture et être exposés au grand potentiel et aux perspectives que le secteur présente pour eux et pour leur avenir. En outre, les effets du changement climatique ont fait de l'agriculture intelligente le choix le plus prudent et doivent donc être inclus dans tout programme de développement des capacités, en particulier ceux qui s'adressent aux agroentrepreneurs potentiels et aux jeunes qui se trouvent dans la chaîne de valeur agricole.

Comment procéder au développement des capacités des jeunes ?

La manière la plus pratique de développer le secteur agricole est la promotion de programmes de formation/éducation sur mesure (formations de perfectionnement technique, journées sur le terrain, agrotourisme et camps d'entraînement agricole pour les jeunes) afin de fournir une base de connaissances aux jeunes agriculteurs potentiels. Cette base deviendra une plate-forme permettant aux jeunes des zones rurales et urbaines d'acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour s'engager dans l'agriculture et adopter des méthodes agricoles respectueuses du climat pour une productivité élevée. En outre, les programmes de formation agricole et les instituts agricoles doivent se concentrer sur des cours de courte durée et à temps partiel dans des professions spécifiques tout au long de la chaîne de valeur agricole afin de permettre aux jeunes agriculteurs potentiels de s'inscrire et d'obtenir des connaissances dans le domaine de leur choix. Les entreprises et l'industrie doivent être engagées et encouragées à accorder l'accès aux étudiants des instituts agricoles/centres de formation qui seront rattachés à leurs organisations pour une formation pratique. Cela permettrait aux étudiants d'acquérir une expérience pratique et donc de s'assurer que les diplômés de ces instituts sont aptes au monde du travail et possèdent les connaissances et l'expérience requises pour les rendre employables et réussir, dans le cas des entrepreneurs. En outre, la formation industrielle devrait constituer 80 % de la formation dispensée dans nos établissements de formation agricole afin de permettre aux jeunes agroentrepreneurs de mettre en pratique leurs nouvelles idées sur les méthodes de production pour les tester et les amener à la perfection et à l'adoption dans la chaîne de valeur.

En conclusion, la création ou le renforcement des groupes d'agriculteurs, les programmes de crédit pour les jeunes agriculteurs, les formations et le soutien à la gestion des exploitations et des projets, ainsi que le soutien et les incitations à l'établissement de liens entre les entreprises et l'offre, contribueront largement à attirer et à retenir les jeunes dans le secteur agricole. Ces interventions renforceront également les capacités des jeunes dans l'agriculture et réduiront le taux d'échec des jeunes agroentrepreneurs.

L'assurance de pouvoir vivre de l'agriculture est précieuse pour prévenir l'exode rural, assurer la sécurité alimentaire, réduire le taux de chômage élevé et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté.

Auteur : Timothy Gyan, conseiller à la mise en œuvre (Initiative de développement des compétences au Ghana, GSDI)



Points de vue- Mrs. Assita Chérie Traoré Coulibaly
28.04.2020

Points de vue- Mrs. Assita Chérie Traoré Coulibaly

Le coin des orateurs

Mme COULIBALY épouse TRAORE Assita Chérie,

Directrice du Département Cultures d’Exportation et Productions Forestières au Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA) partage son point de vue sur le thème du renforcement des capacités.

1. La GIZ/ComCashew en collaboration avec ses partenaires a organisé à Abidjan le 12 février 2020 une formation
Mme Traoresur « les points forts en leadership et comment les développer » à laquelle vous avez pris part. Quelle est votre perception du rôle du renforcement des capacités dans l’autonomisation des femmes ? 

Le rôle du renforcement des capacités dans l’autonomisation des femmes est de mettre à la disposition des apprenantes les outils pertinents qui leur permettront de développer leurs activités/savoir-faire ou d’assister d’autres femmes en vue de favoriser leur autonomisation

2. Qu’est-ce que la formation asuscité en vous en termes de prise de conscience et d’apprentissage ?

Cette formation m’a permis non seulement d’apprendre des autres femmes qui y étaient mais de relever, à travers les exercices, mes forces et mes faiblesses.

3. Y a-t-il des résolutions de changement que vous avez prises à l’issue de la formation ? Si oui, lesquelles ? 

Il ne faut pas s’autocensurer et ne pas avoir peur de partager ces points de vue, aussi minimes soient-ils.

4. A votre avis, quel rôle le réseau CasheWomen joue dans le renforcement des capacités dans le secteur du cajou ?

Il booste les femmes du secteur et les invite à prendre leur destin en main.

5. Comment cela affecte-t-il l'intégration du genre et l'autonomisation ? Quels sont les défis qui existent et ceux que vous entrevoyez ?

Les femmes prennent conscience qu’elles ont un véritable rôle à jouer dans le secteur tout comme les hommes et non être reléguées à des emplois d’ouvrières. Elles ont la capacité et l’intelligence qui leur permettent d’occuper des postes importants à tous les niveaux de la chaîne des valeurs. 

Comme défis, sortir des stéréotypes qui dans beaucoup de sociétés, relèguent la femme au second rang, juste comme mère de famille ou épouse, incapable de gérer des usines ou des équipes uniquement constituées d’hommes.

6. On note de façon globale une faible représentativité des femmes aux niveaux décisionnels des différents maillons de la chaine de valeur du cajou. Quels facteurs sous-tendent cette situation et quellles en sont conséquences ?

Quelques facteurs ont été cités dans le point 7. La conséquence est que la femme étant dénigrée, elle manque d’assurance et de confiance, qualités importantes pour occuper des postes de responsabilité

 7. De par votre expérience avérée dans le secteur, quels sont les domaines prioritaires de renforcement de capacité requis pour les femmes Africaines intervenant dans la filière anacarde ? Veuillez expliquer votre champ d’intérêt.

Le besoin de renforcement de capacité des femmes se situe essentiellement à trois niveaux majeurs :  

-            Le management directorial : Renforcer sa posture managériale pour gagner en influence,

-            Construire et développer son leadership,

-            La formation en leadership et management.

8. Selon vous quelles solutions pragmatiques/innovantes peuvent améliorer le leadership féminin dans la chaine de valeur du cajou à court et moyen termes ?

A court terme, j’entrevois le renforcement des capacités des femmes sur des thèmes pertinents. Comme solution à long terme, la mise en place d’un fonds d’appui à l’autonomisation de la femme pour le financement de projets innovants serait un bon catalyseur.

9. Pourriez-vous partager avec nous des modèles de réussite de renforcement de capacité existants que vous appréciez et qui peuvent être reproduits ou élargis ? Ou encore un modèle de conception (approche) non encore mis en œuvre ou un aspect spécifique que vous souhaitez voir reflété dans le renforcement de capacité dans le secteur du cajou ?

Je n’ai pas encore véritablement vu des modèles de réussite qui ont retenu mon attention, car le plus souvent les véritables cibles ne sont pas touchées. En effet, les femmes dans leur grande majorité n’ont pas d’information sur l’existence de projets en leur faveur. Par conséquent, seules quelques-unes sont informées et en profitent, au détriment de la grande majorité. En mon humble avis, il faut mettre un accent sur l’information et la sensibilisation, avant de passer au renforcement des capacités sur des thèmes d’intérêt.

10. Avez-vous un dernier mot à l’endroit des lecteurs ?

J’encourage les femmes à non seulement prendre une part active aux séances de renforcement, mais également à ne pas se laisser dévaloriser. Surtout avoir le goût de l’effort et aimer le travail bien fait qui sont les gages de reconnaissance et de considération des autres. 



L’ACA organise avec succès un autre forum Accès au financement (A2F) pour la transformation de la noix de cajou
23.04.2020

L’ACA organise avec succès un autre forum Accès au financement (A2F) pour la transformation de la noix de cajou

Alors que le secteur africain de la transformation de la noix de cajou évolue constamment vers un environnement commercial de plus en plus stable et durable, l’industrie est en butte à des difficultés d’accès au financement. Les besoins en matière de fonds de roulement, de financement du commerce et du capital d’expansion ne sont souvent pas comblés en raison du fait que la plupart des institutions financières ne maitrisent toujours pas l’industrie de la transformation de l’anacarde, et que plusieurs transformateurs ne sont pas à même de formuler des demandes de prêts bancables. Les institutions financières locales et régionales continuent de coopérer essentiellement avec le commerce à court terme de la noix de cajou et le financement des exportations, tandis que le financement à moyen et long termes pour la transformation du cajou demeure un domaine non exploré pour la plupart d’entre elles. À cette fin, l’Alliance du cajou africain (ACA) soutient les transformateurs d’anacarde en leur apportant une assistance technique, et en organisant des programmes et ateliers de développement des capacités pour soutenir les transformateurs locaux.

Le 24 septembre 2019, l’Alliance du cajou africain (ACA) a organisé une autre édition du forum Accès au financement (A2F) pour les transformateurs du cajou à Cotonou au Bénin, en collaboration avec BeninCajù (exécuté par TechnoServe Bénin et CSR) et avec l’appui de l’Interprofession de la filière anacarde (IFA). Le forum a accueilli 60 participants originaires de pays tels que le Togo, le Nigéria, le Ghana et l’Inde. Le forum a été organisé avec la participation du Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et des pêches, du Directeur exécutif de l’ACA, du Directeur national de TechnoServe Bénin, du Chef de Mission pour le projet BeninCajù, des banques et des institutions financières ainsi que des transformateurs d’anacarde du Bénin et de la sous-région.

L’objectif de l’atelier était de déterminer des voies et moyens de réduire les différences de compréhension entre l’offre et la demande de financement chez les transformateurs de la noix de cajou en Afrique de l’ouest d’un côté, et de l’autre, d’améliorer le savoir sur l’accès aux opportunités d’investissement financier. Dans le but d’aider à comprendre pourquoi cet écart existe du point de vue des acteurs impliqués, une brève enquête pré-atelier a été menée auprès des institutions financières et ses transformateurs de cajou opérant au Bénin.

Après l’ouverture officielle par le Ministre, le programme s’est poursuivie comme suit :

  • Présentation par l’ACA : Gestion d’une société de transformation des noix de cajou
  • Présentation par BeninCajù : Les résultats de l’enquête des institutions financières et des transformateurs
  • Une discussion en table ronde sur les expériences des investisseurs et transformateurs et les visions respectives pour l’accès futur aux solutions financières.

La seconde partie de la journée a été consacrée à des sessions parallèles en petits groupes avec les institutions financières d’un côté (cadres chargés du financement des PME) et les transformateurs de noix de cajou de l’autre (gestion des usines de transformation). Les deux groupes d’acteurs se sont réunis dans deux pièces séparées dans le but de créer un cadre intime favorable à des discussions franches. L’idée est que nous avons besoin de connaitre les principaux défis qui compliquent l’accès au financement pour la transformation du cajou. C’est seulement par ce moyen que l’on pourra développer des stratégies viables pour résoudre les goulets d’étranglement rencontrés. Le format de la session de groupe s’est avéré être une opportunité pour les acteurs de souligner leurs difficultés principales et d’identifier les solutions à y apporter.

La clôture du forum a été marquée par une présentation en plénière des conclusions de la session de groupe pour partager les messages clés reçus de chaque groupe d’acteurs.

Les recommandations adressées par les institutions financières aux transformateurs des noix de cajou sont les suivantes :

  1. Comprendre que les banques sont des entreprises à but lucratif et qu’elles ont une expérience négative de leur coopération avec le secteur.
  2. Avoir un plan commercial robuste que vous pouvez défendre ; respecter les modalités du contrat de financement
  3. Créer une organisation durable grâce à une bonne gouvernance.

En retour, les recommandations des transformateurs de noix de cajou aux institutions financières étaient les suivantes :

  1. Mieux comprendre le secteur et son cycle financier.
  2. Le coût de crédit (y compris les frais applicables) ne devrait pas dépasser 10% (contexte du Bénin)
  3. Appliquer diligemment les règlementations de la BCEAO concernant la réception des fonds étrangers pour encourager la concurrence loyale en matière d’achat des noix de cajou brutes.

Link: conclusions de l’atelier]

Finalement, sur la base des discussions de la journée, nous avons perçu deux messages récurrents :

  1. Les transformateurs de cajou sont en quête de partenaires financiers disposés à partager le risque, ce qui veut dire qu’ils doivent mettre l’accent sur l’abandon stratégique des instruments traditionnels de crédit, en faveur de la coopération avec les institutions disposées à fournir des investissements en capital
  2. Les institutions financières sont en quête d’un appui plus conséquent en termes d’aide technique si elles décident de faire prêt aux transformateurs de noix de cajou. Les structures telles que l’ACA et BeninCajù peuvent fournir cette assistance technique [ex.   BeninCajù infosheetACA services]

Continuant sur cette lancée, l’ACA et BeninCajù sont en pourparlers pour faciliter l’accès au financement à travers des réunions personnelles entre les deux parties.

À la suite du succès du forum, l’ACA et ses partenaires souhaiteraient remercier tous les participants ! Nous anticipons avec plaisir de vous accueillir à notre prochain atelier sur l’accès au financement pour la transformation du cajou. Restez à l’écoute de notre site web pour les mises à jour ou abonnez-vous à notre liste de distribution en envoyant un courriel à aca@africancashewalliance.com

Link: Présentations

Link: Photos  

Auteur: Ernest Mintah



De petits producteurs prêts pour l’investissement et les affaires : L’École d’entreprenariat agricole
22.04.2020

De petits producteurs prêts pour l’investissement et les affaires : L’École d’entreprenariat agricole

Deux tiers des Africains dépendent de l'agriculture pour leur subsistance. Un tiers du PIB africain est généré par l'agriculture. Les zones rurales abritent 70 % des pauvres d'Afrique. L'exode rural, en particulier des jeunes, s'accélère. Les importations de denrées alimentaires en Afrique coûtent 35 milliards USD par an et devraient tripler d'ici 2025 si la production n'augmente pas de manière significative.

Les entreprises inclusives, c'est-à-dire l'intégration dans les chaînes de valeur nationales, régionales et internationales, fournissent des revenus, des emplois et nourrissent la population urbaine croissante. L'entrepreneuriat, malgré son importance pour donner aux agriculteurs les moyens d'entreprendre et de participer équitablement à une croissance économique durable, reste un domaine marginalisé.

L’approche ‘École d’entreprenariat agricole’ (FBS[1]) a été développée par le Programme Sustainable Smallholder Agri-Business (SSAB) en 2010, en coopération avec des partenaires publics et privés et avec l’appui du Ministère fédéral allemand pour la coopération économique et le développement, et la Fondation mondiale du cacao. Cette méthode de formation vise à renforcer les compétences commerciales et entrepreneuriales des petits exploitants agricoles en vue d’accroître leurs revenus grâce à une production diversifiée. L’objectif principal de la formation est de stimuler la production des petits producteurs commerciaux de telle sorte qu’ils puissent obtenir des produits de qualité, des bénéfices appréciables et être compétitifs sur le marché. Les sessions de formation comprennent les thèmes suivants :

  • Les principes de l’agriculture comme entreprise et la planification ;
  • Les unités et mesures pour une gestion rationnelle des vergers et des investissements ;
  • Les éléments de base de la nutrition humaine et de la gestion agricole pour une alimentation adéquate et un régime alimentaire équilibré ;
  • Économie des techniques de production actuelles et améliorées (produit principal et 2 produits alimentaires) ;
  • Des décisions pour des revenus de plus en plus diversifiés et une évaluation des risques ;
  • Stratégies de diversification du revenu ;
  • Gestion financière ;
  • Épargne et accès au crédit ;
  • Avantages d’une production de qualité ;
  • Avantages de l'adhésion aux organisations de producteurs agricoles ;
  • Flux de trésorerie et rentabilité des investissements à long terme dans la production ou l'équipement ou, selon les besoins et les possibilités, conseils sur la certification et les normes ;
  • Devenir un entrepreneur dans la pratique. 

Au cours des cinq matinées suivantes, les producteurs et productrices découvrent que l'agriculture n'est pas un mauvais sort et apprennent à la développer en tant qu'entreprise. Ces outils les aident et les motivent à investir et à s'organiser en groupes et en coopératives pour obtenir de meilleurs rendements et profits tout en amortissant les risques du marché et de la production. La didactique du FBS cible les connaissances, les compétences et les attitudes. L'autonomisation des petits exploitants agricoles en tant qu'acteurs économiques et partenaires commerciaux est donc au cœur du projet.

Selon une étude d'évaluation d'impact réalisée par le SSAB, 74 % des diplômés du FBS interrogés utilisent les outils du FBS pour la planification, l'enregistrement et le calcul des pertes de bénéfices. 50 % ont des économies dans une banque ou auprès de leur coopérative, 41 % ont droit à des prêts agricoles. 40 % des 16 600 groupes formés ont enregistré ou réactivé des organisations de producteurs. Plus de 50 % des groupes FBS organisent des ventes en gros et l'achat d'intrants. 45% des groupes sont enregistrés en tant que coopérative ou association. En partant d'une base de référence comprise entre 70 et 205 USD, les petits exploitants formés ont augmenté leur revenu réel provenant de la production alimentaire de 668 USD (Togo) à 3 581 USD (Nigeria), ce qui a permis d'atténuer la volatilité des revenus provenant du cacao. Les agriculteurs réinvestissent les revenus supplémentaires dans la production, la replantation du cacao et l'amélioration du logement. 71 % des diplômés du FBS paient les frais de scolarité de leurs enfants et 85 % utilisent leurs revenus supplémentaires pour améliorer la nutrition de leur famille.

Plus de 20 programmes de la Coopération allemande pour le développement et leurs partenaires publics et privés ont bénéficié d’un appui de la SSAB pour introduire, adapter et gérer l’approche FBS et d’autres formations agro-alimentaire pour une vulgarisation à grande échelle. Plus de 70 programmes ont été élaborés pour 34 systèmes de production agricole et chaînes de valeur différents. Ils couvrent toujours un produit principal (par exemple le cacao, le poulet) et deux autres produits alimentaires ayant des marchés prometteurs et des technologies durables solides. Jusque-là, l’approche FBS a été adoptée par d’autres programmes et acteurs de la chaine de valeur, touchant plus de 1,4 millions d’agriculteurs (dont 33 % de femmes), alors que plus de 480 000 sont des producteurs de cacao. Les partenaires et institutions nationaux tels que le Cocoa Board au Ghana, l'ANADER en Côte d'Ivoire, ont entièrement adopté l'approche FBS dans leurs programmes nationaux de vulgarisation, garantissant la durabilité de l'approche FBS au-delà de la durée des projets et partenariats de la GIZ.

Sur la base des expériences pratiques et leçons apprises au fil des ans, le SSAB  a publié un manuel pour fournir des directives, outils et recommandations à l’attention des nouveaux venus en 2017. Le manuel soutient l'introduction réussie , la mise en œuvre, la gestion de la qualité et l’adoption durable de l’approche FBS par les projets, les partenaires et pour diverses chaines de valeur.

Grâce à la structuration réussie des thèmes, le programme de formation FBS a également été adapté aux systèmes de production du cajou au Bénin (ProAgri), au Togo (ProDRA) et en Côte d'Ivoire (ComCashew et CCA). Jusqu’à présent, 27 600 producteurs d’anacarde (dont 8 446 femmes) ont été formés dans ces trois pays. Un suivi post-formation en Côte d'Ivoire a montré que les agriculteurs formés ont adopté le principe de la planification des activités agricoles ainsi que les Bonnes Pratiques Agricoles. Ils se sont organisés en coopératives de noix de cajou et ont commencé à vendre leurs noix de cajou en gros.

Un groupe de producteurs d’anacarde formés sur l’approche FBS en Côte d’Ivoire © : Mohamed Salifou pour GIZ/ComCashew

Avec le soutien du nouveau programme Agribusiness Facility for Africa (ABF), la GIZ/ComCashew est en train d’adapter le 12 modules du FBS pour le Ghana. L’anacarde est abordée comme un produit principal. L'arachide et le maïs sont des produits complémentaires qui fournissent de la nourriture et des revenus. En outre, l'arachide contribue à améliorer la fertilité des sols et permet d'atteindre plus rapidement le seuil de rentabilité des investissements dans la réhabilitation des anciennes plantations de cajou grâce au surgreffage.

La GIZ/ComCashew fournit une expertise technique dans le domaine du cajou sur demande à des programmes bilatéraux ProEcon/Promove au Mozambique et PADA à Madagascar. ABF les soutient dans la clarification stratégique, l'analyse économique et l'adaptation de la formation FBS afin d'encourager les compétences et les attitudes commerciales, la gestion financière et les investissements dans les Bonnes Pratiques Agricoles de dix mille petits exploitants du cajou dans ces pays.

Conclusion et perspectives. Le FBS comble un vide dans les programmes traditionnels de développement rural et complète la formation technique, la vulgarisation agricole, les intrants et les services financiers. Après la formation FBS, les producteurs appliquent les Bonnes Pratiques Agricoles parce qu’ils en comprennent la raison d’être, et sollicitent des formations et ressources spécifiques supplémentaires. Ils s’organisent également en coopératives pour la commercialisation de leurs récoltes et utiliser les services financiers. Les producteurs accroissent leur revenu, créent des emplois dans les zones rurales et contribuent à la sécurité alimentaire grâce à l'augmentation des revenus et à la diversification.

Pour répondre aux nouveaux besoins en matière de développement des capacités en services agro-alimentaires qui ont émergé à la suite la mise en œuvre réussie du FBS, le SSAB a développé l'approche de formation modulaire "Cooperative Business School" (CBS). CBS renforce la prestation de services des organisations de producteurs agricoles (APO) à leurs membres : l'accent est mis sur la commercialisation de groupe, l’achat d’intrants en gros et la production d'intrants, les liens avec les services de formation, les acheteurs et les institutions financières. Conçu à l'origine pour le cacao, le CBS a été adapté au riz par le CARI et le Green Innovation Centre au Nigeria. Ce dernier a également piloté le CBS pour la chaîne de valeur de la pomme de terre et du maïs. Plus de 3 700 responsables et membres de plus de 600 organisations de producteurs au Nigeria, au Ghana, au Cameroun, en Côte d'Ivoire et au Togo ont suivi une formation au CBS. Selon la première évaluation, les APO ont accès aux prêts bancaires, ont plus que doublé les ventes groupées de cacao grâce à une meilleure qualité et à des prix négociés, les membres reçoivent de meilleurs intrants à des prix plus bas grâce à l'achat en gros. En outre, le nombre de membres des APO ayant reçu une formation a augmenté. Dans certains cas, de petites coopératives ont fusionné pour réaliser des économies d'échelle et pour conquérir de nouveaux acheteurs et des accords d'enlèvement. 

Auteurs: Mohamed salifou, Dr. Bernard Agbo, Dr. Annemarie Matthess



Points de vue- Srivatsava Ganapathy
17.04.2020

Points de vue- Srivatsava Ganapathy

Srivatsava Ganapathy, Président, Foretell Business Solution Private Limited, Propriétaire de cashewinfo.com 

1. Que pensez-vous du développement des capacités au sein du secteur de l’anacarde ?

Le développement des capacités est vital dans les trois principaux domaines que sont la production de noix de cajou brutes, la transformation des noix de cajou brutes et la valorisation des amandes et des sous-produits de l’anacarde. 

2. Avez-vous connaissance de programmes de développement des capacités que vous souhaitez partager avec nous ?

Oui, ils sont légion. En premier, l’initiative de formation de ComCashew, le Master Training Programme (MTP), est un programme de développement des capacités dont l’impact est considérable.

Je suis également impressionné par le concept des parcelles démonstration au niveau des blocs dont le but est de démontrer l’impact des pratiques scientifiques sur les rendements des noix de cajou brutes au Vietnam. Cette structure a contribué à accroître de manière substantielle les rendements au Vietnam. La méthode consiste à faciliter les interactions directes avec les exploitants et à combiner subtilement la théorie et la pratique. 

En outre, les initiatives prises par l’Université agricole de Kerala en vue de développer plus de 20 produits à base de pomme de cajou et de les produire chaque année avec l’aide des groupes d’entraide, est un bon moyen de démontrer les opportunités offertes aux groupements de femmes locaux pour la valorisation de la pomme d’acajou.

Récemment, j’ai également eu l’opportunité de visiter le Centre d’innovation et de technologie de l’anacarde (CITA) à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, qui est une institution de classe mondiale. Je suis convaincu que ce centre pourrait servir de modèle excellent pour la région pour ce qui est d’assurer une formation en salle de classe sur les nuances de la transformation de l’anacarde et la sécurité sanitaire des aliments, mais également pour fournir une expérience pratique quant à l’utilisation des machines et des technologies dernier cri.

3. Que faut-il faire pour améliorer l’efficacité du développement des capacités dans le secteur de l’anacarde à court et moyen termes ?

La technologie peut grandement améliorer la qualité de l’enseignement des concepts clés et de leur application. En conséquence, il faudra développer et dispenser des programmes d’enseignement ciblés en ligne ou par téléphonie mobile dans la langue de choix des formés. Il est nécessaire d’établir une université mondiale virtuelle ou un système de gestion de l’apprentissage qui pourrait mettre à disposition les meilleures pratiques dans l’ensemble de la chaine de valeur de l’anacarde. À titre individuel, les organisations pourraient tirer parti de cette base de savoirs pour former régulièrement leur personnel sur les concepts.

L’apprentissage par la pratique est un autre élément important pour la filière. Surtout dans le contexte actuel de transition du secteur de la transformation manuelle, à la transformation mécanique et finalement automatique. Les stages sont une bonne opportunité. Les entreprises progressistes, notamment les sociétés de fabrication de machines/technologies, doivent accepter et offrir des programmes de stage. Il est également nécessaire de former un plus grand nombre de personnes au niveau débutant afin de les motiver et de faciliter l’apprentissage mutuel.

Un autre domaine à prendre en compte est l’harmonisation des incitations afin que la filière puisse adopter la formation et le développement comme partie intégrante de son activité. Actuellement, certains chefs d’entreprises craignent qu’après avoir formé leurs ressources humaines, celles-ci ne quittent l’entreprise, et préfèrent donc ne pas prendre l’initiative de les former.

4. Vous avez récemment organisé la Convention et exposition mondiales du cajou (WCCE) en février à Abidjan. Depuis quand participez-vous à l’organisation du WCCE ?

La Convention et exposition mondiales du cajou existe depuis 2015. L’édition de 2020 à Abidjan a été organisée conjointement par cashewinfo.com et par l’Association des exportateurs d’anacarde en Côte d’Ivoire avec l’appui du Conseil Coton anacarde (CCA) de Côte d’Ivoire.

5. A votre avis, quelle a été la contribution de la WCCE au renforcement des capacités dans la filière anacarde ?

La WCCE a réussi à mettre en lumière les besoins exprimés et latents de l’industrie. Ainsi, elle fournit aux délégués, parmi lesquels plusieurs décideurs, une compréhension claire des aspects qui nécessitent un accent particulier. Par exemple, durant WCCE 2016, des délibérations ont eu lieu sur les répercussions regrettables des cargaisons de noix de cajou brutes à forte humidité sur les transformateurs et les consommateurs finaux. En conséquence, divers gouvernements et associations en Afrique ont mis des systèmes en place pour assurer que les cargaisons sont bien séchées.

De même, plusieurs discussions se sont tenues sur les exigences des acheteurs d’amandes européens et américains en matière de qualité et de sécurité sanitaire des aliments. Ces exigences contribuent à reconcevoir le processus, la présentation ainsi que la formation des employés au niveau de la transformation.     

Au fil des six dernières années, la WCCE a constitué un excellent répertoire d’informations et de savoirs qui peut servir de référence pour les participants et les opérateurs du secteur de l’anacarde.

Et enfin, alors que nous participons à tous les évènements majeurs du secteur de l’anacarde, Cashewinfo produit une publication spéciale axée sur la région et les intérêts du groupe d’utilisateurs ciblé. Par exemple, lors de WCCE 2020, Cashewinfo a publié une note détaillée sur le secteur de la transformation de l’anacarde en Afrique afin de permettre aux acheteurs européens et américains de les contacter et de les aider dans le cadre de leurs activités d’exportation.

6. Quel rôle des évènements tels que la WCCE jouent-ils dans le développement des capacités ?

Les évènements tels que la WCCE contribuent à partager le savoir et les pratiques optimales grâce à des sessions formelles ainsi qu’à des conversations plus informelles. Elles favorisent la collaboration et la fusion des idées, des plans et des politiques. Elles sont une opportunité d’explorer de nouvelles façons de faire les choses.

7. Comment peut-on encourager davantage le partage de savoirs lors d’évènements tels que la WCCE ?

On peut faire beaucoup plus. Ces évènements doivent cibler des marchés plus récents, solliciter des experts des universités et des institutions de recherche. En outre, il serait souhaitable d’apporter également une perspective externe sur les aspects transformationnels clés. Par exemple, un expert du secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC) pourrait intervenir sur la création d’un répertoire mondial en ligne des savoirs sur l’anacarde.

8. Quels sont certains des défis que vous avez rencontrés jusqu’à présent dans le cadre de l’organisation de la Conférence ? Et quelles difficultés anticipez-vous pour l’avenir ?

Le premier défi est de pouvoir combler et dépasser les attentes des délégués qui n’ont fait que s’accroître avec le temps. Et cela n’est possible qu’au moyen d’une communication constante avec les délégués, et de l’innovation.

9.  À votre avis, que faut-il faire pour encourager la participation accrue des femmes (en tant que panelistes, animatrices et participantes) aux évènements d’apprentissage et de prises de contacts ?

Dans les secteurs traditionnels tels que ceux de l’anacarde, très peu de femmes occupent les postes de direction. Toutefois la situation est en train de changer. L’initiative CasheWomen a pour but de développer leurs capacités de leadership spécialement dans le secteur de l’anacarde.

La WCCE est convaincue que les femmes leaders jouent un rôle important et sont essentielles pour la prochaine phase de croissance du secteur. Dans le cadre d’une initiative en cours, nous devons étoffer notre base de données des femmes occupant divers postes de direction dans le secteur de l’anacarde dans les différentes régions. Cela nous aidera à identifier les personnes ressources appropriées. Deuxièmement, il faudra sponsoriser, au moins en partie, la participation des femmes aux conférences. Nous sommes à même de le faire dans certains cas.

10. Souhaitez-vous ajouter autre chose ?

ComCashew a fait montre de leadership en matière de formation, de développement des capacités, de facilitation de l’accès au financement, de prise en compte des disparités entre les sexes et de leadership des femmes, et récemment, de collaboration avec les gouvernements afin d’harmoniser les politiques et les programmes. L’impact de toutes ces initiatives est visible sur le terrain. Je félicite ComCashew pour ses initiatives pionnières et serais heureux de continuer à les soutenir au moyen de nos publications et de nos programmes.

Foretell Business Solutions Private Limited fournit des informations et des renseignements d’ordre commercial sur l’industrie et le commerce de l’anacarde à l’échelle mondiale. En collaboration avec plusieurs associations de taille, la société organise la Convention et exposition mondiales du cajou (www.cashewconvention.com) chaque année pour permettre aux acteurs de se réunir pour orienter l’avenir de l’industrie. En outre, elle aide également les membres de l’industrie, les gouvernements et les agences non-gouvernementales dans le cadre de services consultatifs sur la sélection de technologies, les pratiques optimales de l’industrie et le développement des ressources humaines. CasheWomen (www.cashewomen.com) est une initiative sociale de cashewinfo.com en collaboration avec les principaux acteurs de la filière.



Cérémonie de remise de prix Burkimbila à Ouagadougou: La GIZ/ComCashew reçoit le prix de l’Agriculture
31.03.2020

Cérémonie de remise de prix Burkimbila à Ouagadougou: La GIZ/ComCashew reçoit le prix de l’Agriculture

Le 29 février 2020, s’est tenue à Ouagadougou dans la salle de banquet à Ouaga 2000, la quatrième édition de la nuit de reconnaissance sous le thème « Quelle contribution de la jeunesse pour un Burkina émergent ». Cette édition a été marquée par la remise de distinctions et de trophée à certaines structures.

L’activité se tient chaque année et est organisée par l’association Burkimbila. 

L’association Burkimbila est composée de jeunes qui ont entrepris depuis 4 années de distinguer et de marquer leur reconnaissance envers les associations, projets, programmes et structures qui œuvrent pour la promotion de la jeunesse, la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble au Burkina Faso.

Cette année, c’est sous le patronage de Monsieur Salifo TIEMTORE, Ministre de la Jeunesse, de la promotion de l’entreprenariat des jeunes, que la nuit de la reconnaissance a eu lieu.

Au vu de ses actions de promotion des jeunes et des femmes dans la filière anacarde, l’initiative du Cajou Compétitif (ComCashew) a été nominée dans la catégorie « Trophées Spéciaux de l’Agriculture » par son Ministère de tutelle, le Ministère de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles (MAAH) à travers la DGPER (Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale).

GIZ/ComCashew Burkibila Ceremonie

La GIZ/ComCashew dédie ce trophée à tous les acteurs intervenant dans la filière anacarde !



Lancement de la campagne 2020 de commercialisation de la noix du cajou au Burkina Faso
30.03.2020

Lancement de la campagne 2020 de commercialisation de la noix du cajou au Burkina Faso

"Développement durable de la filière anacarde au Burkina : défis et perspectives de la régulation", tel fut le thème du lancement de la campagne 2020 de commercialisationdu cajou au Burkina Faso. A l’instar des années précédentes, plusieurs acteurs et parties prenantes ont marqué leur présence effective à la cérémonie du samedi 29 février 2020. Cette année c’est la ville de Orodara, communément appelé « la cité du verger du Burkina Faso » qui a été choisie pour abriter ladite cérémonie. A cette occasion, après le mot de bienvenue du Maire de Orodara, différentes allocutions ont été entendues notamment :

  • le Parrain M. Kalifa Traoré, Secrétaire Général du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales. 
    M. Kabore
  • le Co-parrain Zignodo Dite Salimata KONATE / OUATTARA, Député à l’Assemblée Nationale, Présidente de la Commission Genre, Action sociale et Santé.
  • la Présidente du Comité Interprofessionnel de l’Anacarde du Burkina (CIA/B) Mme Minata Koné portant fixation du prix minimum du kg de noix brute de cajou à 330 F CFA. 
  • Le lancement de la campagne par le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, M. Harouna Kaboré avec le maintien de la taxe à l’exportation (25F CFA/kg) et le soutien du gouvernement pour accompagner la CIAB dans la mise en place de la CFO (Contribution Forfaitaire Obligatoire). En substance, M. Kaboré a réaffirmé la volonté de l’Etat à maintenir son accompagnement dans la gestion du montant des prélèvements des deux années écoulées -2018 et 2019. Le Ministre a entre autres mesures garantit l’opérationnalisation de la brigade mobile dans les zones de production du cajou pour le respect de la règlementation en matière économique.

M. Kaboré, Ministre du Commerce du Burkina | Source : GIZ/ComCashew   

La visite du site de transformation artisanale de Diéri a marqué la fin des activités du lancement.

La visite du site de transformation artisanale de Diéri a marqué la fin des activités du lancement.



Enseignement et formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) – Entretiens
26.03.2020

Enseignement et formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) – Entretiens

En collaboration avec l’Initiative ghanéenne de développement des compétences (GSDI[2]) et avec l’appui du Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture (MoFA), l’Initiative du cajou compétitif (GIZ/ComCashew) a organisé deux éditions d’un programme de perfectionnement sur le cajou pour environ 200 formateurs de 13 instituts agricoles, techniques et professionnels dans les diverses régions du Ghana. L’objectif premier du programme était d’assurer que les formateurs des Instituts de formation agricole sont équipés du savoir et des capacités requis dans la filière anacarde.

Vera Sarfo Danso et Francis Emmanuel Awortwi, deux participants de l’École supérieure d’agriculture et d’études environnementales[3] de Bunso, ont partagé leur vécu du programme de formation et leurs perspectives sur le développement des capacités dans le secteur de l’anacarde : 

1.       Que pensez-vous du développement des capacités dans le secteur de l’anacarde ?

Vera : L’anacarde est devenue une culture de rente très importante tant au niveau local qu’international et en tant que pays désireux de développer l’industrie de l’anacarde, pouvoir produire une génération dotée des compétences en matière de production et de transformation de l’anacarde contribuera largement à influencer positivement le système. Il est donc très pertinent d’organiser le développement des capacités dans ce secteur.

Francis : Je pense qu’il est très utile pour toutes les parties prenantes le long de la chaine de valeur d’améliorer la productivité et la rentabilité de l’industrie de l’anacarde.

2.       Connaissez-vous des programmes de développement des capacités ? Si oui, veuillez-nous en faire part. 

Vera : Je connais des programmes de développement des capacités, essentiellement dans l’enseignement et la formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) organisés par la Ghana Skills Development Initiative dans les filières mangue et huile de palme. J’ai personnellement participé à ces formations qualifiantes.

Francis : Je connais également les mêmes programmes de formation dans les secteurs de l’huile de palme et de la mange.

3.       Que faut-il faire pour améliorer l’efficacité du développement des capacités dans le secteur de l’anacarde à court et moyen termes ?

Vera :   Dans les deux cas, il faut accroître le nombre de programmes d’enseignement et de formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) organisés pour les formateurs et le nombre de sessions pratiques et de contacts avec l’industrie. Les planteurs d’anacarde peuvent également être organisés et/ou formés sur le terrain en matière de bonnes pratiques de gestion afin d’assurer leur participation active et l’adoption de ce qu’ils apprennent.

Francis : Je pense qu’il faut davantage de programmes de formation pour les formateurs le long de la chaine de valeur. Il faudra également fournir les outils et l’équipement adéquats pour former les institutions afin de garantir l’efficacité du développement des capacités dans le secteur.

4.       Selon vous, quelle a été la contribution du programme de formation qualifiante de l’Enseignement et formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) sur l’anacarde au renforcement des capacités dans le secteur de l’anacarde ?

Vera : Tous les formés qui se sont qualifiés durant cette session, sont titulaires d’un certificat prouvant qu’ils peuvent former d’autres personnes en matière de production et de transformation de l’anacarde. Les formés de cette session ont acquis des compétences qu’ils transmettront à d’autres et il s’agit là d’une avancée majeure.

Francis : Le programme a communiqué un savoir et une compréhension accrus de la filière anacarde et les moyens d’améliorer la productivité. En outre, en tant que formateurs, nous avons acquis des compétences techniques pratiques pour la formation le long de la chaine de valeur. Le savoir, la compréhension et les compétences acquis contribuent également à l’enseignement et à l’apprentissage sur d’autres produits arboricoles.   

5.       Quel rôle les formations telles que l’Enseignement et la formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) jouent dans le renforcement des capacités ?

Vera : Le rôle le plus important qu’elles jouent est de transmettre aux formés les compétences et techniques requises. Les programmes d’enseignement et de formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) sont axés sur les compétences et enseigner aux participants les compétences pratiques permet de développer leurs capacités dans une grande mesure.

Francis : Elles comblent une lacune importante dans le développement professionnel continu et le perfectionnement technique qui ne sont pas souvent offerts par le secteur de l’éducation.

6.       Votre dernier mot ?

Vera et Francis : Le programme de formation est également une bonne opportunité de création de réseaux aux niveaux individuel, professionnel et institutionnel.

Sources

[1] Agricultural Technical and Vocational Education Training

[2] Ghana Skills Development Initiative

[3] University College of Agriculture and Environmental Studies



Journée ivoirienne d’investissement du cajou – Salon international de l’agriculture Paris 2020
25.02.2020

Journée ivoirienne d’investissement du cajou – Salon international de l’agriculture Paris 2020

La Côte d'Ivoire, un pays de l’Afrique de l’ouest, projette une récolte de plus de 800 000 tonnes de cajou pour cette saison, renforçant encore une fois sa position en tant que premier producteur mondial de noix de cajou brutes. Ce chiffre représente plus qu’une statistique. Il reflète les nombreuses opportunités de développement offertes au pays : la création d’emplois dans la production et en particulier dans la transformation, l’ajout de valeur le long de la chaine de valeur, la résilience et l’adaptation face au climat et par-dessus tout une source d’investissement dans l’économie locale. 

En vue d’attirer ces investissements, le gouvernement ivoirien s’est servi de sa présence au Salon international de l’agriculture à Paris (SIA) pour organiser une « Journée Cajou » à son stand d’exposition le 24 février.

« Aucun autre secteur agricole ne bénéficie de l’attention publique que le gouvernement accorde au secteur du cajou en Côte d’Ivoire » a déclaré Dr. Adama Coulibaly, Directeur général du Conseil Coton Anacarde (CCA). Selon le DG, la volonté politique existe, et l’objectif national est d’accroître la valorisation dans le secteur du cajou. À cette fin, plusieurs mesures politiques, incitations et programmes d’appui ont été initiés.

Dr. Coulibaly a profité de l’occasion pour annoncer une série de mesures incitatives prévues pour l’établissement d’entreprises de transformation telles que la création de zones industrielles offrant des avantages fiscaux, la réduction des droits à l’importation sur les machines de transformation et les subventions pour la transformation locale.

« La Côte d’Ivoire a prouvé au monde qu’elle peut produire. Il faut maintenant montrer que nous pouvons aussi ajouter de la valeur ».

La subvention de l’amande introduite en 2016 (les transformateurs locaux reçoivent 400 FCFA/kg d’amandes transformées en Côte d’Ivoire) s’est jusque-là élevée à plus de 8 milliards de FCFA. Selon le CCA, d’ici à 2023, la Côte d’Ivoire sera très visible sur le marché de l’amande en raison des efforts actuellement consentis pour ajouter plus de 20 usines de transformation à celles qui existent déjà.

En compagnie d’un représentant du Mali et du Sénégal, ainsi que d’un chercheur international, Dr. Coulibaly a renforcé la nécessité d’une coopération entre les pays dans le secteur de l’anacarde. Le Conseil international consultatif du cajou (CICC) joue un rôle spécial à cet égard : fondé en 2016, le CICC compte actuellement 11 pays membres, un siège social à Abidjan et a récemment nommé son premier Secrétaire général. Cette organisation assurera la coordination de tous les pays producteurs et entend promouvoir les rapports et le dialogue sur les politiques entre les pays producteurs afin de relancer le secteur en Afrique et au-delà.

En tant que partenaire au développement, la GIZ/ComCashew a accompagné le CCA (et avant çà l’ARECA) au cours de la décennie écoulée et est engagée envers l’amélioration de la coopération, en particulier en ce qui concerne la promotion de la valeur ajoutée locale, l’accès aux marchés internationaux et le renforcement des réseaux et bourses du cajou. Le Directeur général a exprimé son appréciation pour cette coopération et pour l’appui de ComCashew et est confiant que nous pouvons, ensemble, réaliser notre objectif commun qui est de rendre le secteur du cajou compétitif.

Depuis son lancement en 1964, le SIA a été le rendez-vous du secteur agricole français et chaque année, des milliers de visiteurs et d’experts participent à ce salon qui dure une semaine. En plus des expositions sur l’agriculture française, Paris reçoit également le monde entier et chaque année, les pays africains ont l’honneur de présenter et de promouvoir leur secteur agricole.



L'année électorale semble profiter aux producteurs de noix de cajou en Côte d'Ivoire
07.02.2020

L'année électorale semble profiter aux producteurs de noix de cajou en Côte d'Ivoire

La campagne 2020 de commercialisation des noix de cajou en Côte d'Ivoire ouvre aujourd'hui, a-t-il été décidé hier en Conseil des ministres. Le prix minimum obligatoire d'achat bord champ est augmenté de 25 francs le kilo, le portant à FCFA 400 pour la campagne 2020.

Parallèlement, le gouvernement resserre le contrôle aux frontières afin d'éviter "la fuite des noix de cajou par les frontières terrestres". A cette fin, le Conseil du Coton et de l’Anacarde est autorisé "à prendre des mesures de lutte contre les exportations frauduleuses, allant jusqu’à la saisie et à la vente immédiate des produits saisis" et le ministère de la Justice doit mettre en œuvre "des procédures d’urgence" pour sanctionner "la commercialisation et l’exportation illicites".

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