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Se réinventer pour répondre aux besoins de formation afin de créer la différence !
15.05.2020

Se réinventer pour répondre aux besoins de formation afin de créer la différence !

Le renforcement de capacités se définit comme étant un processus d’ajouter de la valeur aux apprenants en termes de savoir, savoir-faire et de savoir être. En vue de leur assurer que les connaissances, compétences et attitudes acquises soient utilisées dans les activités quotidienne des apprenants dans l’optique de créer de la différence. Ce processus peut prendre différentes formes car les connaissances peuvent être acquises par le biais de programmes de formation structurés, mais aussi par des programmes de stages et d'exposition et par des événements de coaching et de mise en réseau, pour n'en citer que quelques-uns.

Dans la filière anacarde comme dans d'autres secteurs, les besoins de formations sont croissants.

Par exemple, les producteurs souhaiteraient avoir de haut rendement, les transformateurs souhaiteraient être à la pointe de la technologie afin d’avoir des retombés importants provenant du marché, et les acteurs de la recherche quant eux voudrais dans leur quête trouver des variétés qui répondraient aux défis du moment.

 Pour répondre à toutes ces demandes il s’avère nécessaire de complémenter les efforts de formation des partenaires et autres acteurs et de mettre à la disposition des acteurs une série de formation.

C’est ce que l’initiative du Cajou Compétitif (ComCashew) s’attelle à faire en mettant en œuvre une série de formation parmi lesquelles nous pouvons citer : Le Programme des Maitres Formateurs (MTP) ; le Farmers Business School  (FBS),  Agricultrural Technical Vocation and Education Training (ATVET)...

Nous continuons également à soutenir les efforts de renforcement des capacités de nos partenaires par la préparation et la participation à des événements de mise en réseau et d'information sur la noix de cajou.

Pourquoi 580 personnes veulent participer à une formation pour 240 participants pour 3 éditions ?

L’initiative du Cajou Compétitif (ComCashew) a entrepris depuis quelques années d’offrir une plateforme d’apprentissage à tous les acteurs de la chaine de valeur. Pour ce faire elle a mis en œuvre une stratégie de renforcement de capacité qui vise à réunir sur une même plateforme tous les acteurs. Cette stratégie renferme une série d’activité qui relie transfert de connaissance, développement des compétences mais aussi centré sur l’individu.

A travers cette stratégie de renforcement de capacité, ComCashew s’est engagé à former pour rendre le secteur du cajou plus compétitif.

Le COVID-19 nous rappelle que chaque situation est une opportunité !  

Depuis l’annonce de la pandémie du Covid-19, plusieurs activités de formation se sont vues annulées. Des centres de formation sont actuellement fermés coupant ainsi les liens directs établies avec les apprenants.

Face à cette situation les besoins de renforcer ou de se réinventer, de développer des nouvelles idées, c’est fait sentir.

Il s’agit de saisir l’opportunité de mettre en exergue les nouvelles technologies de la formation qui ont été longtemps prônée.

Certaines de ces technologies semblaient irréalistes ou faisait objet de sans objet. Mais force est de reconnaitre qu’avec la situation de COVID-19, elles ont eu la chance d’être testé, compris et même appréciés. Qui l’aurai cru ou même imaginé ?

Le E-learning est à l’échos de toutes les discussions. Il est prononcé aisément, il n’est plus une option mais un fait et une action incontournable.

De nombreuses organisation s’y adonne à cœur joie et même vante ces mérites. Et nous entendons ça et là le webinaire, la téléconférence, le visioconférence…

Qu’aurait été la situation si cette option n’existait pas ? Serions-nous bloqués dans notre apprentissage ? Qu’allait être notre quête de savoir et du transfert de connaissance ?

Que deviendrait le E-learning après la pandémie ?

Au MTP comme nous rappelle très souvent le facilitateur principale Mr Atta Agyepong il n’y a pas de problème mais des défis à relever et que chaque situation est une opportunité. Le MTP saura s’adapter à la situation du Covid 19 dont nous faisons face.

Peut-être que nous aurons un MTP en ligne.  Le voyage d’apprentissage continue…



Le marché international de l’anacarde
13.05.2020

Le marché international de l’anacarde

Le marché mondial des amandes de cajou a continué de renforcer la catégorie des noix entières à mesure que les acheteurs viennent remplacer les achats déjà expédiés plus tôt et vendus à la faveur de l’expansion de la demande en Europe et en Amérique du nord pendant le confinement.Ces marchés devraient revenir à des niveaux de consommation plus normaux à mesure que les restrictions de confinement sont levées. Les prix des noix de cajou du grade WW320 pour les transformateurs fiables et certifiés, se situent désormais dans la fourchette de 3,05 à 3,10 $EU par livre FOB. Des surcharges sont prévues pour l’expédition immédiate ou pour les marchandises disponibles sur place dans la mesure où des lacunes émergent dans la couverture des acheteurs. Les ventes des petits transformateurs non qualifiés et utilisant des matériaux locaux au Vietnam ne sont pas aussi positives puisque les acheteurs requièrent des produits certifiés. Nous devons nous préparer à voir des prix non conformes à la tendance. En Inde, les prix des noix entières ont grimpé en raison de la demande persistante et des quantités réduites de la transformation. La situation des noix brisées est beaucoup moins optimiste puisque les acheteurs sont moins enclins à les acheter actuellement.

L’achat tardif des Noix de cajou brutes (RCN) africaines par les transformateurs pourrait bien nuire à la qualité et accroître le rendement des noix brisées, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les transformateurs. Cette situation, ainsi que la hausse des prix des RCN signifient que bien que les prix des amandes soient presque revenus à leur niveau d’avant la crise causée par le Coronavirus, les marges bénéficiaires des transformateurs ne sont pas suffisamment bonnes pour faire grimper les prix des RCN. Le marché des RCN s’est stabilisé sur une demande plus faible, l’appui du gouvernement et les semaines à venir alors que l’opportunité pour les acheteurs vietnamiens et indiens d’acheter s’amenuise. L’exportation des amandes de cajou du Vietnam a connu des niveaux records et des rapports prédisant une récolte exceptionnellement bonne se sont avérés exagérés. En conséquence, les acheteurs resteront probablement sur le marché mais seront attentifs aux prix. La position indienne est beaucoup moins évidente. Les quantités transformées sont réduites par les exigences de distancement social dans les usines et la chaine d’approvisionnement est restreinte par les réglementations relatives au confinement. Jusque-là, ces actions semblent avoir épargné à l’Inde le pire de l’impact du coronavirus. Tout le monde espère que l’Inde pourra bientôt revenir à la normale.

Bien que les RCN aient été expédiées et que certaines restrictions de confinement aient été levées, le coronavirus est loin d’être vaincu. Un scientifique a estimé que le Monde est à peu près un quart du chemin dans sa lutte contre la pandémie. La position demeure incertaine. Par exemple, la récession en Europe et en Amérique du nord pourrait avoir un impact sur la demande et l’impact des restrictions de la pandémie sur les récoltes en Inde, au Nigéria, en Guinée Bissau et dans d’autres pays de l’Afrique de l’ouest, est loin d’être clair. Il est temps de prêter attention aux conseils des experts qui vous recommandent de rester en bonne santé et de s’assurer que vos décisions relatives à l’anacarde sont également basées sur de bonnes informations du marché.

Le marché du cajou en Afrique 

La Côte d’Ivoire a annoncé un prix minimum à la ferme de 400 FCFA par kg (690 $EU par tonne).

 

Bénin

Les prix des RCN se sont stabilisés dans une grande fourchette de 280-380 FCFA/kg en fonction du lieu et de la qualité. Des préoccupations subsistent quant à la récolte restante.

 Burkina Faso

La première récolte de la saison a pris fin. La deuxième floraison est faible, ce qui ne laisse pas présager une bonne récolte. En outre, les pluies qui ont débuté dans les zones de production font tomber les fruits et détériorent la qualité des RCN dans les plantations. Les échanges commerciaux continuent de s’intensifier avec un regain d’intérêt de la part des acheteurs. La concurrence pour les RCN à la ferme a fait grimper les prix. Dans certains villages dans la région des Cascades, une boite de noix de cajou (1,4 kg) se vendait à 500 FCFA, soit 350 FCFA par kg à la ferme, un prix supérieur au prix à la ferme officiel de 330 FCFA par kg. En conséquence, cela poussé un grand nombre de producteurs à vendre leurs stocks. La plupart des transformateurs sont à même d’obtenir une bonne quantité de noix. Ceux qui n’ont pas encore obtenu la quantité voulue, continuent de s’approvisionner. Les divers acteurs de la chaine de valeur conviennent que les quantités disponibles ne sont plus importantes, bien que dans certains villages, les producteurs continuent de récolter les dernières noix et d’autres refusent encore de vendre leur stock, espérant de meilleurs prix. La qualité des RCN a baissé et le Rendement en amande (KOR) se situe entre 44 et 45 par livre avec un compte de noix de 190 à 200 par kg en raison du stockage prolongé des stocks par les producteurs, essentiellement dans des sacs en polypropylène.

Côte d’Ivoire

La prévision des récoltes a été réduite par l’organe de régulation CCA à 730 000 tonnes, une baisse d’environ 9% des estimations initiales. La qualité a baissé pour les produits restant à la ferme puisque les pluies endommagent les noix. Les estimations des quantités engagées varient de 331 000 tonnes (CCA) à 400 000 tonnes selon certaines sources commerciales. Certains acheteurs sont actifs avec les prix dans une grande fourchette de 400 FCFA à 250 FCFA/kg à la ferme en fonction de la qualité et du lieu.

Ghana

Cette semaine, le prix à la ferme varie de 3 à 3,30 GHC avec un rendement de 46-47 livres. Le prix FOB des RCN varie entre 1000 et 1100 $EU par tonne et les noix WW320 sont vendues à 3,00 – 3,25 $EU /livre.

Guinée Bissau

La saison de l’anacarde est proche et débutera probablement lorsque le confinement est reconduit avec des restrictions moins strictes le 11 mai. Les exportateurs s’apprêtent pour la saison avec des avances bancaires et des rumeurs d’appui de la part du gouvernement et des institutions internationales pour la saison.

Mali

Le Mali continue de vivre une période difficile dans la mesure où le transport et les achats sont interrompus par la crise du coronavirus. La quantité de noix a baissé cette semaine alors que les producteurs commencent à être découragés par un prix à la ferme très bas. Actuellement, il n’y a pas de cas de coronavirus dans les zones de production du cajou au Mali et les exportations se déroulent progressivement. Les prix d’achat sont déterminés par les acheteurs locaux qui ont jusque-là acheté 50 tonnes à des prix variant entre 100 et 150 FCFA/kg. Les acheteurs étrangers qui sont déjà présents sont prudents parce qu’ils n’ont pas une capacité de stockage similaire au Mali.

Nigéria

À l’instar de plusieurs pays, la circulation des matières premières est entravée par les restrictions imposées en raison du coronavirus, mais il a été signalé que des états lèveront certaines restrictions du confinement à partir du lundi 4 avril. Il a été rapporté que le Nigéria souhaite accroître la transformation des RCN et que jusque-là, 50 000 tonnes de RCN ont été achetées par les acheteurs locaux à des fins de transformation ou de revente. Les arbres ne produisent plus et portent très peu de fruits ce qui a entrainé une disponibilité limitée des RCN à la ferme. Les prix ont rebondi cette semaine avec des prix à la ferme de 180-200 Nairas par kg pour les RCN humides. Les WW320 se vendent toujours à un prix concurrentiel de 2,80 $EU par livre. La qualité des RCN a baissé avec un KOR entre 45 et 46 livres. Dans certaines régions, la qualité est encore plus mauvaise, jusqu'à 40 livres, en raison d'une mauvaise manipulation après la récolte. Le prix FOB des RCN est de 1050 $EU par tonne.

Sénégal

Actuellement, l’estimation de la récolte 2019-2020 est apparemment de 50 000 tonnes bien que la saison n’ait pas encore réellement commencé en raison de l’interruption des activités causée par la pandémie du coronavirus. Cette semaine, la qualité des RCN varie de 50 à 52 livres et les prix à la ferme entre 200 et 250 FCFA/kg. Afin d’atténuer l’impact de la pandémie du coronavirus sur l’économie nationale, la ‘Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes’ a signé un accord avec les banques sénégalaises dont la Banque nationale pour le développement économique (BNDE), le Crédit du mutuel du Sénégal (CMS) et le Programme d’appui aux mutuelles d’épargne et de crédit au Sénégal (PAMECAS) le 28 avril. Ce financement d’un montant de 6,7 milliards FCFA qui est prévu atteindre 10 milliards FCFA, relancera les activités dans les semaines à venir. Les prix FOB des RCN varient entre 300 et 310 FCFA par kg.

Nos remerciements à l’ensemble de notre réseau de rapporteurs et d’analystes pour leurs contributions au présent rapport.

Ce rapport est une publication de l’Alliance pour le cajou africain



Points de vue – RAMDE Martin
11.05.2020

Points de vue – RAMDE Martin

RAMDE Martin, Responsable Projet à FairMatch Support West Africa (FMS WA). 

FMS WA soutenu les entreprises pour trouver de nouvelles sources d’approvisionnement durables et les producteurs de pays émergents dans la recherche de nouveaux marchés et la professionnalisation de leurs activités.

1. Que pensez-vous du renforcement des capacités dans le secteur de la noix de cajou?

Le renforcement des capacités des producteurs ou groupes de producteurs est un élément capital dans le développement d’une filière durable. Ces renforcements de capacités permettent aux acteurs concernés d’être le plus professionnel possible et de mener leurs activités avec efficacité.

2. De quelle manière pensez-vous que le Programme de Formation de Maitres Formateurs (MTP) a contribué au renforcement des capacités dans son programme?

A l’inverse des habituelles programmes de formation, le MTP se veut plus, un cadre d’échanges d’expériences entre des formateurs des différents pays. Cela favorise un apprentissage rapide et permet aux moins avancés dans la filière de profiter de l’expérience des autres.  

3. Comment mettez-vous en œuvre les compétences acquises dans le cadre du MTP dans votre environnement de travail ?

Les thématiques développées dans le cadre du MTP sont très diverses et couvrent tous les niveaux de la chaine : de la production à la consommation. Les compétences acquises au cours de cette session nous ont permis d’améliorer notre intervention dans les maillons suivants :

  • La production : pour l’amélioration des pratiques de création de vergers, d’entretien des vergers et d’amélioration de la qualité des récoltes.
  • La commercialisation : les contrôles qualités et l’optimisation du processus de commercialisation.

En plus de ces deux aspects ci-dessus cités, le MTP a également permis de nous améliorer dans l’organisation globale des groupes de producteurs pour être en mesure de signer et de gérer un contrat commercial et d’être en mesure de manager des certifications notamment biologique et commerce équitable.

Enfin, le MTP nous a également été bénéfique dans l’élaboration de nouveaux projets ou programmes dans le secteur du cajou.

4. Selon vous, quels sont les domaines/secteurs prioritaires (dans la chaîne de valeur du cajou), en ce qui concerne le besoin de renforcement des capacités, qui émergent dans l'industrie de la noix de cajou ? Veuillez expliquer votre champ d’intérêt.

Comme toutes les filières, la qualité des produits demeure un élément essentiel sur le comportement du marché dans son ensemble. Ainsi, nous pensons en termes de priorité d’investir dans le renforcement des capacités pour une production en quantité et en qualité selon les normes internationales.

En plus du marché mondial conventionnel, des marchés de niches sont en vogues ces dernières années et concernent principalement les amandes sous certification (biologique et/ou équitable). Des renforcements de capacités sont donc nécessaires pour permettre aux acteurs de répondre à ces types de marchés généralement plus rémunérateurs.

Enfin, la complexité du marché du cajou impose des renforcements de capacités des acteurs (producteurs) sur la compréhension globale du marché, l’analyse des coûts de production et la décision de vente.

5. Selon vous, sur quoi repose le succès du MTP en tant que programme de renforcement des capacités ?

  • Le MTP regroupe des experts de différents pays et constitue un cadre de partage d’expériences et de savoir-faire et non un cadre de formation classique ;
  • Les intersessions avec les groupes de travail sur les thématiques spécifiques sont très enrichissantes pour les participants ;
  • Les innovations apportées sur les thématiques dispensées selon le contexte actuel et l’évolution de la filière dans son ensemble.   

6. Quelles recommandations pouvez-vous faire pour améliorer ou renforcer le succès du MTP ?

L’organisation de certaines sessions dans les pays les moins avancés dans la filière pour créer plus d’engouement ;

7. Quelles actions peuvent être entreprises à moyen et à court terme pour accroître l'efficacité et la pertinence du renforcement des capacités en vue du développement durable du secteur du cajou africain ?

Nous voyons cet aspect sous deux principaux axes :

  • La professionnalisation des interprofessions pour une appropriation des activités de la filière par les acteurs eux-mêmes ;
  • La mise en place de structures formelles permettant de cadrer et de capitaliser toutes les multiples interventions dans la filière pour plus d’efficacité. 

8. Depuis votre participation au MTP, avez-vous entrepris des activités de réseautage ? Si oui, veuillez les décrire et expliquer leur contribution au développement de vos activités et de celles du secteur cajou.

  • Accompagnement de deux coopératives du Burkina Faso (Société Coopérative Simplifiée des Producteurs de Légumes Et Fruits (SCOOPS/PRO-LEF) à Orodara et Société Coopérative Simplifiée des Coopératives des Producteurs des Noix et d’Oléagineux de Samogohiri (SCOOPS/CO.PRO.N.O.S) à Samogohiri)  à l’ajustement des procédures commerciaux pour le respect des engagements contractuels avec leurs clients ;
  • Accompagnement de deux coopératives du Burkina Faso (Société Coopérative Simplifiée des Producteurs de Légumes Et Fruits (SCOOPS/PRO-LEF) à Orodara et Société Coopérative Simplifiée des Coopératives des Producteurs des Noix et d’Oléagineux de Samogohiri (SCOOPS/CO.PRO.N.O.S) à Samogohiri) à l’ajustement des procédures de production et des manuels du système de contrôle interne et de management de la qualité en vue de l’acquisition des certifications biologique et commerce équitable ;
  • Formation de formateurs (les agents du ministère de l’agriculture notamment la
  • Direction Générale de la Promotion de l'Economie Rurale (DGPER) via le partenariat avec le PADA/ REDD+ (Projet d’Appui au Développement de l’Anacarde dans le bassin de la Comoé pour la Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts) sur les exigences de l’agriculture biologique et le commerce équitable.

9. Pourriez-vous partager avec nous des modèles de réussite de renforcement de capacité existants que vous appréciez et qui peuvent être reproduits ou élargis ? Ou encore un modèle de conception (approche) non encore mis en œuvre ou un aspect spécifique que vous souhaitez voir reflété dans le renforcement de capacité dans le secteur du cajou ?

Avec les crises sanitaires et sécuritaires que connaissent nos pays ces dernières années, de nouveaux programmes de renforcement de capacités sont expérimentés et sont principalement basés sur les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC). Cela permet à chaque acteur de respecter les normes de production sans forcément être passé par les sessions de formations classiques. Nous pensons que cette approche sera l’avenir des programmes de renforcement des capacités et mérite donc qu’on s’y investisse.

10.    Avez-vous un dernier mot à l’endroit des lecteurs ?

Les sessions de renforcements des capacités des acteurs dans une filière restent des éléments incontournables pour la professionnalisation de la filière dans son ensemble. Dans le cas spécifique du monde rural, former, suivre et évaluer les acteurs doivent être des activités continues pour plus d’efficacité.

Les nouveaux intervenants (projets et/ou programmes) pour conclure, doivent cependant s’appuyer sur les acquis des précédents afin d’apporter un appui conseil spécifique selon le contexte mondial du marché de la noix de cajou « les pays africains sont plus des producteurs que des consommateurs »



Points de vue – Prof. Dan Inkoom
06.05.2020

Points de vue – Prof. Dan Inkoom

Prof. Dan Inkoom est Professeur associé au Département de la Planification à l’Université Kwame Nkrumah des Sciences et technologies (KNUST) à Kumasi au Ghana, et Professeur visiteur à la School of Architecture and Planning, à l’Université de Witwatersrand à Johannesburg en Afrique du sud. Prof. Inkoom a plus de 25 d’expérience en tant que Maître de conférence à l’université et Consultant en Planification du développement, Suivi et Évaluation, Besoins en formation et Évaluation institutionnelle dans plus de 20 pays sur quatre continents. Il partage ses vues sur le développement/renforcement des capacités.

Veuillez nous dire en quoi consiste le renforcement des capacités et pourquoi il est important 

Le renforcement des capacités et le développement des capacités sont souvent utilisés de manière interchangeable pour désigner le processus délibéré par lequel les capacités ou les compétences d’une personne, d’un groupe ou d’une organisation, sont améliorées et retenues à des fins précises. L’amélioration peut se produire dans plusieurs domaines, notamment le savoir, les compétences et les comportements afin de réaliser les objectifs déclarés. Le résultat du renforcement des capacités est l’expansion de la gamme d’aptitudes du bénéficiaire de manières qui assurent l’ajout de valeur. Le renforcement des capacités peut également cibler les systèmes, structures et procédures qui améliorent les résultats et les produits.

1.      Quel est le rôle du développement des capacités dans le secteur de l’agriculture/anacarde ?

Dans le secteur de l’agriculture/anacarde, le développement des capacités assure que tous les acteurs le long de la chaine de valeur comprennent, sont disposés à exécuter leurs fonctions et en sont capables dans le but de garantir la sécurité alimentaire et des revenus durables.

2.      Que pensez-vous des programmes de formation actuels ciblant le secteur du cajou? Où entrevoyez-vous des améliorations possibles ?

Plusieurs programmes de formation sont animés de bonnes intentions, mais il faut des compétences et de l'expérience pour concevoir un programme susceptible d'apporter un changement durable. Tout programme de formation qui tente d’avoir un impact doit s’adresser non seulement à la tête et aux mains, mais aussi au cœur. À mon avis, le cœur est le plus vital pour matérialiser les changements, et toute volonté de changement doit se concentrer sur cette ‘compétence non-technique’.

3.      Les systèmes d’éducation actuels sont-ils favorables au développement des capacités dans le secteur agricole ?

Le système d’éducation actuel doit se recentrer et se focaliser sur l’agriculture comme élément essentiel à la survie de l’humanité. L’agriculture ne devrait pas être une matière de ‘dernier recours’ surtout au niveau secondaire et tertiaire.

4.       Vous faites partie de l’équipe d’animation de la Formation des maîtres formateurs sur le cajou. Quelle est selon vous la clé du succès de la MTP ?

Le travail d’équipe, le dévouement et la planification consciente nécessaires pour la sélection des participants, la sélection des sites de formation, des animateurs, des personnes ressources, et l’utilisation judicieuse des ressources, notamment le temps.

5.      Quelle est la différence entre la MTP et les autres programmes de développement/renforcement des capacités ?

Au nombre d’éléments qui distinguent la MTP, je peux citer :

  • Le grand dévouement de la Direction de ComCashew et de l'ACA
  • Son caractère multi-pays, multisectoriel et multipartite pour ce qui est de la chaine de valeur de l’anacarde
  • Une orientation pratique de l'approche et l’exposition à l'industrie
  • L’utilisation de l’anglais et du français comme langues officielles de la formation
  • L’utilisation du développement organisationnel (Approche Gestalt) en combinaison avec d’autres approches de développement des capacités et des « méthodologies d’apprentissage adulte » pour dispenser la formation.
  • L’exécution de la formation par des experts hautement formés et compétents, et le focus sur le soi et le changement d’attitude au lieu d’un apprentissage par cœur.    

6.      Un dernier mot ? 

Si une approche marche, il faut l’appliquer de manière plus régulière et plus efficace.



Points de vue- Dr. Gniré Mariam Ouattara
30.04.2020

Points de vue- Dr. Gniré Mariam Ouattara

Docteur OUATTARA Gniré Mariam, Economiste du Développement, spécialiste en développement local et experte en management et gestion de Projets. Précédemment Directeur Technique Anacarde, chargée de la production agricole, de la formation et de l’encadrement des producteurs, de la Recherche, de l'Organisation des acteurs et de la Gestion de certains projets de développement pour le compte de la filière anacarde au Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA). Actuellement, Directeur de la production au CCA, Docteur OUATTARA partage son point de vue sur le thème du renforcement des capacités.

1. La GIZ/ComCashew en collaboration avec ses partenaires a organisé à Abidjan le 12 février 2020 une formation sur « les points forts en leadership et comment les développer » à laquelle vous avez pris part. Quelle est votre perception du rôle du renforcement des capacités dans l’autonomisation des femmes ?

Le leadership est un talent impressionnant qui donne à qui le détient, l’art d’influencer, de regrouper, de dominer et de diriger les autres. Ce talent, aussi impressionnant qu’il puisse paraître, n’est pas inné, mais se cultive ; chacun de nous est appelé à devenir un leader, aussi bien dans la vie personnelle, que sociale et professionnelle.

Le développement du leadership des femmes en Afrique est un élément important pour permettre aux femmes Africaines de participer activement et massivement au développement des pays africains. Partant de ce fait, le renforcement des capacités joue un rôle très capital dans l’autonomisation de la femme. Des femmes bien formées dans leurs domaines d’activités, au niveau du leadership et dans bien d’autres thématiques, seront plus confiantes, plus performantes et cela améliorera considérablement leur rendement au travail, dans leurs familles et dans leurs pays. 

2. Qu’est-ce que la formation a suscité en vous en termes de prise de conscience et d’apprentissage ?

La formation m’a permis de prendre conscience de mes forces et de mes faiblesses. Elle m’a permis de faire cette analyse non seulement introspective mais aussi rétrospective de mon parcours professionnel. Par le biais de cette double analyse, j’ai pu identifier les points que je dois impérativement et immédiatement améliorer.

3. Y a-t-il des résolutions de changement que vous avez prises à l’issue de la formation ? Si oui, lesquelles ?

La seule résolution de changement que j’ai prise à l’issue de cette formation est que je dois obligatoirement améliorer les points de faiblesses pour devenir plus performante. Si nous voulons jouer le rôle de femme-leader dans notre environnement, nous devrions être en mesure de nous remettre en cause. Cela permet d’identifier, non seulement nos forces et faiblesses potentielles, mais aussi, pourquoi elles se manifestent et comment elles peuvent être optimisées pour notre intérêt et celui de notre pays.

4. A votre avis, quel rôle le réseau CasheWomen joue dans le renforcement des capacités dans le secteur du cajou ?

Le réseau CasheWomen joue un rôle très important. En plus de la séance de renforcement des capacités organisée cette année, la plateforme des femmes permet les échanges mutuels et par conséquent un renforcement permanent. Nous sommes rassurées du fait que nous faisons partie d’un groupe de soutien mutuel, de synergie au niveau des échanges d’idées.

5. Comment cela affecte-t-il l'intégration du genre et l'autonomisation ? Quels sont les défis qui existent et ceux que vous entrevoyez ?

Avec les actions de ComCashew, notamment le Programme de Formation des Maitres Formateurs (MTP), la plateforme des femmes, le réseau CasheWomen, nous avons ensemble mis en place un réseau important de femmes dynamiques et compétentes dans le domaine du cajou. Les femmes sont de plus en plus présentes dans les activités au niveau des différents maillons de la Chaine de Valeur de l’Anacarde.

Malgré ces résultats, des efforts restent à faire en termes de renforcement des capacités et d’intégration des femmes dans les sphères de décision de la filière. Nous devrions continuer et mutualiser les efforts pour augmenter le taux de représentativité des femmes dans les organes de décision de la filière. C’est un défi pour nous les femmes qui portons cette filière dans notre cœur depuis plus d’une décennie.

6. On note de façon globale une faible représentativité des femmes aux niveaux décisionnels des différents maillons de la chaine de valeur du cajou. Quels facteurs sous-tendent cette situation et quelles en sont les conséquences ?

A mon avis, la nature et le niveau de formation comptent. Si les femmes veulent parvenir à de hauts postes de responsabilité dans les différents maillons de la chaine de valeur du cajou afin de prendre part aux prises de décision, elles doivent accepter de recevoir une formation de qualité pour être très performantes et incontournables dans les prises de décision.

 7. De par votre expérience avérée dans le secteur, quels sont les domaines prioritaires de renforcement de capacité requis pour les femmes Africaines intervenant dans la filière anacarde ? Veuillez expliquer votre champ d’intérêt.

  • Le développement du leadership,
  • La prise de parole en public,
  • Le renforcement des capacités dans les domaines techniques (Management, finance, comptabilité, marketing, mécanisation, agronomie, phytopathologie, entomologie…)

 8. Selon vous quelles solutions pragmatiques/innovantes peuvent améliorer le leadership féminin dans la chaine de valeur du cajou à court et moyen termes ?

Le renforcement des capacités, la mise en situation réelle, la pratique sur le terrain des formations acquises.

9. Pourriez-vous partager avec nous des modèles de réussite de renforcement de capacité existants que vous appréciez et qui peuvent être reproduits ou élargis ? Ou encore un modèle de conception (approche) non encore mis en œuvre ou un aspect spécifique que vous souhaitez voir reflété dans le renforcement de capacité dans le secteur du cajou ?

La gestion des projets axé sur les résultats. C’est une approche que j’ai beaucoup appréciée au cours d’une formation. Si cette approche est appliquée dans les projets, cela pourrait rendre le secteur encore plus compétitif.

10. Avez-vous un dernier mot à l’endroit des lecteurs ?

Mes remerciements vont d’abord à l’endroit de Monsieur le Directeur Général du CCA, Dr Adama COULIBALY, pour la politique du genre mise en œuvre au sein de l’entreprise, qu’il a l’honneur de diriger. Grâce à son leadership, les femmes sont présentes dans toutes les instances du CCA.

Sincères remerciements à l’équipe de ComCashew et surtout à Rita Weidinger pour tous les efforts consentis en vue du développement de la filière cajou en général mais surtout le renforcement des capacités et l’intégration des femmes dans les différents maillons de la Chaine de Valeur de l’Anacarde.

Je remercie également tous les lecteurs pour le temps consenti et les encourage à soutenir toutes les initiatives en faveur du genre.

Brèves à propos du CCA : La réforme du 13 septembre 2013 à travers la loi N° 2013-656 a permis la création en Côte d’Ivoire du Conseil de Régulation, de Suivi et du Développement des filières Coton et Anacarde, en abrégé le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA). Le CCA a pour missions de :

  • suivre la mise en œuvre et de veiller au respect des principes et règles régissant les activités des deux filières ;
  • arbitrer les conflits entre les opérateurs ou entre ceux-ci et les prestataires de services ;
  • agréer les opérateurs et prestataires des deux filières ;
  • gérer les informations économiques dans les deux filières ;
  • instruire les demandes d’agrément des industriels des filières coton et anacarde ;
  • assurer le contrôle de la qualité du poids des produits coton et anacarde ;
  • faire procéder à l’audit et au suivi des services concédés au sein des filières coton et anacarde.


Développer les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVETDévelopper les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVET
29.04.2020

Développer les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVETDévelopper les capacités des jeunes dans le secteur agricole : ATVET

Les jeunes représentent environ 14 % (1,2 milliard) de la population mondiale et devraient atteindre environ 16 % (1,4 milliard) en 2050. La croissance démographique diminue rapidement dans les pays à économie avancée, mais en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, on observe une hausse de la croissance démographique. Cela signifie qu'il y aura davantage de bouches à nourrir dans les 20 à 30 prochaines années. Une plus grande partie de la nourriture produite en Afrique et au Ghana en particulier, est produite par un groupe vieillissant de petits exploitants agricoles qui utilisent des technologies et des pratiques agricoles dépassées. Le niveau de connaissance de ces petits exploitants agricoles en ce qui concerne les nouvelles technologies telles que l'utilisation de semences améliorées, l'irrigation, l'application d'engrais et les techniques de rotation des cultures ainsi que les nouvelles technologies numériques est insuffisant et le taux d'adoption est généralement faible. Il en résulte une faible productivité et, par conséquent, de faibles revenus pour la plupart des agriculteurs. Cela a dissuadé de nombreux jeunes de se lancer dans l'agrobusiness à plein temps. Pour accroître la productivité, il est essentiel d'attirer intentionnellement les jeunes, qui constituent la plus grande partie de la population de notre continent, et de les impliquer dans le développement des capacités agricoles. Au fil des ans, l'agriculture n'a pas reçu l'aide nécessaire en termes de financement, de développement des capacités, de bon régime foncier et de politiques favorables, ce qui la rend peu attrayante pour les jeunes des zones rurales et urbaines. Les jeunes doivent être réengagés dans l'agriculture et être exposés au grand potentiel et aux perspectives que le secteur présente pour eux et pour leur avenir. En outre, les effets du changement climatique ont fait de l'agriculture intelligente le choix le plus prudent et doivent donc être inclus dans tout programme de développement des capacités, en particulier ceux qui s'adressent aux agroentrepreneurs potentiels et aux jeunes qui se trouvent dans la chaîne de valeur agricole.

Comment procéder au développement des capacités des jeunes ?

La manière la plus pratique de développer le secteur agricole est la promotion de programmes de formation/éducation sur mesure (formations de perfectionnement technique, journées sur le terrain, agrotourisme et camps d'entraînement agricole pour les jeunes) afin de fournir une base de connaissances aux jeunes agriculteurs potentiels. Cette base deviendra une plate-forme permettant aux jeunes des zones rurales et urbaines d'acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour s'engager dans l'agriculture et adopter des méthodes agricoles respectueuses du climat pour une productivité élevée. En outre, les programmes de formation agricole et les instituts agricoles doivent se concentrer sur des cours de courte durée et à temps partiel dans des professions spécifiques tout au long de la chaîne de valeur agricole afin de permettre aux jeunes agriculteurs potentiels de s'inscrire et d'obtenir des connaissances dans le domaine de leur choix. Les entreprises et l'industrie doivent être engagées et encouragées à accorder l'accès aux étudiants des instituts agricoles/centres de formation qui seront rattachés à leurs organisations pour une formation pratique. Cela permettrait aux étudiants d'acquérir une expérience pratique et donc de s'assurer que les diplômés de ces instituts sont aptes au monde du travail et possèdent les connaissances et l'expérience requises pour les rendre employables et réussir, dans le cas des entrepreneurs. En outre, la formation industrielle devrait constituer 80 % de la formation dispensée dans nos établissements de formation agricole afin de permettre aux jeunes agroentrepreneurs de mettre en pratique leurs nouvelles idées sur les méthodes de production pour les tester et les amener à la perfection et à l'adoption dans la chaîne de valeur.

En conclusion, la création ou le renforcement des groupes d'agriculteurs, les programmes de crédit pour les jeunes agriculteurs, les formations et le soutien à la gestion des exploitations et des projets, ainsi que le soutien et les incitations à l'établissement de liens entre les entreprises et l'offre, contribueront largement à attirer et à retenir les jeunes dans le secteur agricole. Ces interventions renforceront également les capacités des jeunes dans l'agriculture et réduiront le taux d'échec des jeunes agroentrepreneurs.

L'assurance de pouvoir vivre de l'agriculture est précieuse pour prévenir l'exode rural, assurer la sécurité alimentaire, réduire le taux de chômage élevé et contribuer ainsi à la réduction de la pauvreté.

Auteur : Timothy Gyan, conseiller à la mise en œuvre (Initiative de développement des compétences au Ghana, GSDI)



Points de vue- Mrs. Assita Chérie Traoré Coulibaly
28.04.2020

Points de vue- Mrs. Assita Chérie Traoré Coulibaly

Le coin des orateurs

Mme COULIBALY épouse TRAORE Assita Chérie,

Directrice du Département Cultures d’Exportation et Productions Forestières au Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA) partage son point de vue sur le thème du renforcement des capacités.

1. La GIZ/ComCashew en collaboration avec ses partenaires a organisé à Abidjan le 12 février 2020 une formation
Mme Traoresur « les points forts en leadership et comment les développer » à laquelle vous avez pris part. Quelle est votre perception du rôle du renforcement des capacités dans l’autonomisation des femmes ? 

Le rôle du renforcement des capacités dans l’autonomisation des femmes est de mettre à la disposition des apprenantes les outils pertinents qui leur permettront de développer leurs activités/savoir-faire ou d’assister d’autres femmes en vue de favoriser leur autonomisation

2. Qu’est-ce que la formation asuscité en vous en termes de prise de conscience et d’apprentissage ?

Cette formation m’a permis non seulement d’apprendre des autres femmes qui y étaient mais de relever, à travers les exercices, mes forces et mes faiblesses.

3. Y a-t-il des résolutions de changement que vous avez prises à l’issue de la formation ? Si oui, lesquelles ? 

Il ne faut pas s’autocensurer et ne pas avoir peur de partager ces points de vue, aussi minimes soient-ils.

4. A votre avis, quel rôle le réseau CasheWomen joue dans le renforcement des capacités dans le secteur du cajou ?

Il booste les femmes du secteur et les invite à prendre leur destin en main.

5. Comment cela affecte-t-il l'intégration du genre et l'autonomisation ? Quels sont les défis qui existent et ceux que vous entrevoyez ?

Les femmes prennent conscience qu’elles ont un véritable rôle à jouer dans le secteur tout comme les hommes et non être reléguées à des emplois d’ouvrières. Elles ont la capacité et l’intelligence qui leur permettent d’occuper des postes importants à tous les niveaux de la chaîne des valeurs. 

Comme défis, sortir des stéréotypes qui dans beaucoup de sociétés, relèguent la femme au second rang, juste comme mère de famille ou épouse, incapable de gérer des usines ou des équipes uniquement constituées d’hommes.

6. On note de façon globale une faible représentativité des femmes aux niveaux décisionnels des différents maillons de la chaine de valeur du cajou. Quels facteurs sous-tendent cette situation et quellles en sont conséquences ?

Quelques facteurs ont été cités dans le point 7. La conséquence est que la femme étant dénigrée, elle manque d’assurance et de confiance, qualités importantes pour occuper des postes de responsabilité

 7. De par votre expérience avérée dans le secteur, quels sont les domaines prioritaires de renforcement de capacité requis pour les femmes Africaines intervenant dans la filière anacarde ? Veuillez expliquer votre champ d’intérêt.

Le besoin de renforcement de capacité des femmes se situe essentiellement à trois niveaux majeurs :  

-            Le management directorial : Renforcer sa posture managériale pour gagner en influence,

-            Construire et développer son leadership,

-            La formation en leadership et management.

8. Selon vous quelles solutions pragmatiques/innovantes peuvent améliorer le leadership féminin dans la chaine de valeur du cajou à court et moyen termes ?

A court terme, j’entrevois le renforcement des capacités des femmes sur des thèmes pertinents. Comme solution à long terme, la mise en place d’un fonds d’appui à l’autonomisation de la femme pour le financement de projets innovants serait un bon catalyseur.

9. Pourriez-vous partager avec nous des modèles de réussite de renforcement de capacité existants que vous appréciez et qui peuvent être reproduits ou élargis ? Ou encore un modèle de conception (approche) non encore mis en œuvre ou un aspect spécifique que vous souhaitez voir reflété dans le renforcement de capacité dans le secteur du cajou ?

Je n’ai pas encore véritablement vu des modèles de réussite qui ont retenu mon attention, car le plus souvent les véritables cibles ne sont pas touchées. En effet, les femmes dans leur grande majorité n’ont pas d’information sur l’existence de projets en leur faveur. Par conséquent, seules quelques-unes sont informées et en profitent, au détriment de la grande majorité. En mon humble avis, il faut mettre un accent sur l’information et la sensibilisation, avant de passer au renforcement des capacités sur des thèmes d’intérêt.

10. Avez-vous un dernier mot à l’endroit des lecteurs ?

J’encourage les femmes à non seulement prendre une part active aux séances de renforcement, mais également à ne pas se laisser dévaloriser. Surtout avoir le goût de l’effort et aimer le travail bien fait qui sont les gages de reconnaissance et de considération des autres. 



L’ACA organise avec succès un autre forum Accès au financement (A2F) pour la transformation de la noix de cajou
23.04.2020

L’ACA organise avec succès un autre forum Accès au financement (A2F) pour la transformation de la noix de cajou

Alors que le secteur africain de la transformation de la noix de cajou évolue constamment vers un environnement commercial de plus en plus stable et durable, l’industrie est en butte à des difficultés d’accès au financement. Les besoins en matière de fonds de roulement, de financement du commerce et du capital d’expansion ne sont souvent pas comblés en raison du fait que la plupart des institutions financières ne maitrisent toujours pas l’industrie de la transformation de l’anacarde, et que plusieurs transformateurs ne sont pas à même de formuler des demandes de prêts bancables. Les institutions financières locales et régionales continuent de coopérer essentiellement avec le commerce à court terme de la noix de cajou et le financement des exportations, tandis que le financement à moyen et long termes pour la transformation du cajou demeure un domaine non exploré pour la plupart d’entre elles. À cette fin, l’Alliance du cajou africain (ACA) soutient les transformateurs d’anacarde en leur apportant une assistance technique, et en organisant des programmes et ateliers de développement des capacités pour soutenir les transformateurs locaux.

Le 24 septembre 2019, l’Alliance du cajou africain (ACA) a organisé une autre édition du forum Accès au financement (A2F) pour les transformateurs du cajou à Cotonou au Bénin, en collaboration avec BeninCajù (exécuté par TechnoServe Bénin et CSR) et avec l’appui de l’Interprofession de la filière anacarde (IFA). Le forum a accueilli 60 participants originaires de pays tels que le Togo, le Nigéria, le Ghana et l’Inde. Le forum a été organisé avec la participation du Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et des pêches, du Directeur exécutif de l’ACA, du Directeur national de TechnoServe Bénin, du Chef de Mission pour le projet BeninCajù, des banques et des institutions financières ainsi que des transformateurs d’anacarde du Bénin et de la sous-région.

L’objectif de l’atelier était de déterminer des voies et moyens de réduire les différences de compréhension entre l’offre et la demande de financement chez les transformateurs de la noix de cajou en Afrique de l’ouest d’un côté, et de l’autre, d’améliorer le savoir sur l’accès aux opportunités d’investissement financier. Dans le but d’aider à comprendre pourquoi cet écart existe du point de vue des acteurs impliqués, une brève enquête pré-atelier a été menée auprès des institutions financières et ses transformateurs de cajou opérant au Bénin.

Après l’ouverture officielle par le Ministre, le programme s’est poursuivie comme suit :

  • Présentation par l’ACA : Gestion d’une société de transformation des noix de cajou
  • Présentation par BeninCajù : Les résultats de l’enquête des institutions financières et des transformateurs
  • Une discussion en table ronde sur les expériences des investisseurs et transformateurs et les visions respectives pour l’accès futur aux solutions financières.

La seconde partie de la journée a été consacrée à des sessions parallèles en petits groupes avec les institutions financières d’un côté (cadres chargés du financement des PME) et les transformateurs de noix de cajou de l’autre (gestion des usines de transformation). Les deux groupes d’acteurs se sont réunis dans deux pièces séparées dans le but de créer un cadre intime favorable à des discussions franches. L’idée est que nous avons besoin de connaitre les principaux défis qui compliquent l’accès au financement pour la transformation du cajou. C’est seulement par ce moyen que l’on pourra développer des stratégies viables pour résoudre les goulets d’étranglement rencontrés. Le format de la session de groupe s’est avéré être une opportunité pour les acteurs de souligner leurs difficultés principales et d’identifier les solutions à y apporter.

La clôture du forum a été marquée par une présentation en plénière des conclusions de la session de groupe pour partager les messages clés reçus de chaque groupe d’acteurs.

Les recommandations adressées par les institutions financières aux transformateurs des noix de cajou sont les suivantes :

  1. Comprendre que les banques sont des entreprises à but lucratif et qu’elles ont une expérience négative de leur coopération avec le secteur.
  2. Avoir un plan commercial robuste que vous pouvez défendre ; respecter les modalités du contrat de financement
  3. Créer une organisation durable grâce à une bonne gouvernance.

En retour, les recommandations des transformateurs de noix de cajou aux institutions financières étaient les suivantes :

  1. Mieux comprendre le secteur et son cycle financier.
  2. Le coût de crédit (y compris les frais applicables) ne devrait pas dépasser 10% (contexte du Bénin)
  3. Appliquer diligemment les règlementations de la BCEAO concernant la réception des fonds étrangers pour encourager la concurrence loyale en matière d’achat des noix de cajou brutes.

Link: conclusions de l’atelier]

Finalement, sur la base des discussions de la journée, nous avons perçu deux messages récurrents :

  1. Les transformateurs de cajou sont en quête de partenaires financiers disposés à partager le risque, ce qui veut dire qu’ils doivent mettre l’accent sur l’abandon stratégique des instruments traditionnels de crédit, en faveur de la coopération avec les institutions disposées à fournir des investissements en capital
  2. Les institutions financières sont en quête d’un appui plus conséquent en termes d’aide technique si elles décident de faire prêt aux transformateurs de noix de cajou. Les structures telles que l’ACA et BeninCajù peuvent fournir cette assistance technique [ex.   BeninCajù infosheetACA services]

Continuant sur cette lancée, l’ACA et BeninCajù sont en pourparlers pour faciliter l’accès au financement à travers des réunions personnelles entre les deux parties.

À la suite du succès du forum, l’ACA et ses partenaires souhaiteraient remercier tous les participants ! Nous anticipons avec plaisir de vous accueillir à notre prochain atelier sur l’accès au financement pour la transformation du cajou. Restez à l’écoute de notre site web pour les mises à jour ou abonnez-vous à notre liste de distribution en envoyant un courriel à aca@africancashewalliance.com

Link: Présentations

Link: Photos  

Auteur: Ernest Mintah



De petits producteurs prêts pour l’investissement et les affaires : L’École d’entreprenariat agricole
22.04.2020

De petits producteurs prêts pour l’investissement et les affaires : L’École d’entreprenariat agricole

Deux tiers des Africains dépendent de l'agriculture pour leur subsistance. Un tiers du PIB africain est généré par l'agriculture. Les zones rurales abritent 70 % des pauvres d'Afrique. L'exode rural, en particulier des jeunes, s'accélère. Les importations de denrées alimentaires en Afrique coûtent 35 milliards USD par an et devraient tripler d'ici 2025 si la production n'augmente pas de manière significative.

Les entreprises inclusives, c'est-à-dire l'intégration dans les chaînes de valeur nationales, régionales et internationales, fournissent des revenus, des emplois et nourrissent la population urbaine croissante. L'entrepreneuriat, malgré son importance pour donner aux agriculteurs les moyens d'entreprendre et de participer équitablement à une croissance économique durable, reste un domaine marginalisé.

L’approche ‘École d’entreprenariat agricole’ (FBS[1]) a été développée par le Programme Sustainable Smallholder Agri-Business (SSAB) en 2010, en coopération avec des partenaires publics et privés et avec l’appui du Ministère fédéral allemand pour la coopération économique et le développement, et la Fondation mondiale du cacao. Cette méthode de formation vise à renforcer les compétences commerciales et entrepreneuriales des petits exploitants agricoles en vue d’accroître leurs revenus grâce à une production diversifiée. L’objectif principal de la formation est de stimuler la production des petits producteurs commerciaux de telle sorte qu’ils puissent obtenir des produits de qualité, des bénéfices appréciables et être compétitifs sur le marché. Les sessions de formation comprennent les thèmes suivants :

  • Les principes de l’agriculture comme entreprise et la planification ;
  • Les unités et mesures pour une gestion rationnelle des vergers et des investissements ;
  • Les éléments de base de la nutrition humaine et de la gestion agricole pour une alimentation adéquate et un régime alimentaire équilibré ;
  • Économie des techniques de production actuelles et améliorées (produit principal et 2 produits alimentaires) ;
  • Des décisions pour des revenus de plus en plus diversifiés et une évaluation des risques ;
  • Stratégies de diversification du revenu ;
  • Gestion financière ;
  • Épargne et accès au crédit ;
  • Avantages d’une production de qualité ;
  • Avantages de l'adhésion aux organisations de producteurs agricoles ;
  • Flux de trésorerie et rentabilité des investissements à long terme dans la production ou l'équipement ou, selon les besoins et les possibilités, conseils sur la certification et les normes ;
  • Devenir un entrepreneur dans la pratique. 

Au cours des cinq matinées suivantes, les producteurs et productrices découvrent que l'agriculture n'est pas un mauvais sort et apprennent à la développer en tant qu'entreprise. Ces outils les aident et les motivent à investir et à s'organiser en groupes et en coopératives pour obtenir de meilleurs rendements et profits tout en amortissant les risques du marché et de la production. La didactique du FBS cible les connaissances, les compétences et les attitudes. L'autonomisation des petits exploitants agricoles en tant qu'acteurs économiques et partenaires commerciaux est donc au cœur du projet.

Selon une étude d'évaluation d'impact réalisée par le SSAB, 74 % des diplômés du FBS interrogés utilisent les outils du FBS pour la planification, l'enregistrement et le calcul des pertes de bénéfices. 50 % ont des économies dans une banque ou auprès de leur coopérative, 41 % ont droit à des prêts agricoles. 40 % des 16 600 groupes formés ont enregistré ou réactivé des organisations de producteurs. Plus de 50 % des groupes FBS organisent des ventes en gros et l'achat d'intrants. 45% des groupes sont enregistrés en tant que coopérative ou association. En partant d'une base de référence comprise entre 70 et 205 USD, les petits exploitants formés ont augmenté leur revenu réel provenant de la production alimentaire de 668 USD (Togo) à 3 581 USD (Nigeria), ce qui a permis d'atténuer la volatilité des revenus provenant du cacao. Les agriculteurs réinvestissent les revenus supplémentaires dans la production, la replantation du cacao et l'amélioration du logement. 71 % des diplômés du FBS paient les frais de scolarité de leurs enfants et 85 % utilisent leurs revenus supplémentaires pour améliorer la nutrition de leur famille.

Plus de 20 programmes de la Coopération allemande pour le développement et leurs partenaires publics et privés ont bénéficié d’un appui de la SSAB pour introduire, adapter et gérer l’approche FBS et d’autres formations agro-alimentaire pour une vulgarisation à grande échelle. Plus de 70 programmes ont été élaborés pour 34 systèmes de production agricole et chaînes de valeur différents. Ils couvrent toujours un produit principal (par exemple le cacao, le poulet) et deux autres produits alimentaires ayant des marchés prometteurs et des technologies durables solides. Jusque-là, l’approche FBS a été adoptée par d’autres programmes et acteurs de la chaine de valeur, touchant plus de 1,4 millions d’agriculteurs (dont 33 % de femmes), alors que plus de 480 000 sont des producteurs de cacao. Les partenaires et institutions nationaux tels que le Cocoa Board au Ghana, l'ANADER en Côte d'Ivoire, ont entièrement adopté l'approche FBS dans leurs programmes nationaux de vulgarisation, garantissant la durabilité de l'approche FBS au-delà de la durée des projets et partenariats de la GIZ.

Sur la base des expériences pratiques et leçons apprises au fil des ans, le SSAB  a publié un manuel pour fournir des directives, outils et recommandations à l’attention des nouveaux venus en 2017. Le manuel soutient l'introduction réussie , la mise en œuvre, la gestion de la qualité et l’adoption durable de l’approche FBS par les projets, les partenaires et pour diverses chaines de valeur.

Grâce à la structuration réussie des thèmes, le programme de formation FBS a également été adapté aux systèmes de production du cajou au Bénin (ProAgri), au Togo (ProDRA) et en Côte d'Ivoire (ComCashew et CCA). Jusqu’à présent, 27 600 producteurs d’anacarde (dont 8 446 femmes) ont été formés dans ces trois pays. Un suivi post-formation en Côte d'Ivoire a montré que les agriculteurs formés ont adopté le principe de la planification des activités agricoles ainsi que les Bonnes Pratiques Agricoles. Ils se sont organisés en coopératives de noix de cajou et ont commencé à vendre leurs noix de cajou en gros.

Un groupe de producteurs d’anacarde formés sur l’approche FBS en Côte d’Ivoire © : Mohamed Salifou pour GIZ/ComCashew

Avec le soutien du nouveau programme Agribusiness Facility for Africa (ABF), la GIZ/ComCashew est en train d’adapter le 12 modules du FBS pour le Ghana. L’anacarde est abordée comme un produit principal. L'arachide et le maïs sont des produits complémentaires qui fournissent de la nourriture et des revenus. En outre, l'arachide contribue à améliorer la fertilité des sols et permet d'atteindre plus rapidement le seuil de rentabilité des investissements dans la réhabilitation des anciennes plantations de cajou grâce au surgreffage.

La GIZ/ComCashew fournit une expertise technique dans le domaine du cajou sur demande à des programmes bilatéraux ProEcon/Promove au Mozambique et PADA à Madagascar. ABF les soutient dans la clarification stratégique, l'analyse économique et l'adaptation de la formation FBS afin d'encourager les compétences et les attitudes commerciales, la gestion financière et les investissements dans les Bonnes Pratiques Agricoles de dix mille petits exploitants du cajou dans ces pays.

Conclusion et perspectives. Le FBS comble un vide dans les programmes traditionnels de développement rural et complète la formation technique, la vulgarisation agricole, les intrants et les services financiers. Après la formation FBS, les producteurs appliquent les Bonnes Pratiques Agricoles parce qu’ils en comprennent la raison d’être, et sollicitent des formations et ressources spécifiques supplémentaires. Ils s’organisent également en coopératives pour la commercialisation de leurs récoltes et utiliser les services financiers. Les producteurs accroissent leur revenu, créent des emplois dans les zones rurales et contribuent à la sécurité alimentaire grâce à l'augmentation des revenus et à la diversification.

Pour répondre aux nouveaux besoins en matière de développement des capacités en services agro-alimentaires qui ont émergé à la suite la mise en œuvre réussie du FBS, le SSAB a développé l'approche de formation modulaire "Cooperative Business School" (CBS). CBS renforce la prestation de services des organisations de producteurs agricoles (APO) à leurs membres : l'accent est mis sur la commercialisation de groupe, l’achat d’intrants en gros et la production d'intrants, les liens avec les services de formation, les acheteurs et les institutions financières. Conçu à l'origine pour le cacao, le CBS a été adapté au riz par le CARI et le Green Innovation Centre au Nigeria. Ce dernier a également piloté le CBS pour la chaîne de valeur de la pomme de terre et du maïs. Plus de 3 700 responsables et membres de plus de 600 organisations de producteurs au Nigeria, au Ghana, au Cameroun, en Côte d'Ivoire et au Togo ont suivi une formation au CBS. Selon la première évaluation, les APO ont accès aux prêts bancaires, ont plus que doublé les ventes groupées de cacao grâce à une meilleure qualité et à des prix négociés, les membres reçoivent de meilleurs intrants à des prix plus bas grâce à l'achat en gros. En outre, le nombre de membres des APO ayant reçu une formation a augmenté. Dans certains cas, de petites coopératives ont fusionné pour réaliser des économies d'échelle et pour conquérir de nouveaux acheteurs et des accords d'enlèvement. 

Auteurs: Mohamed salifou, Dr. Bernard Agbo, Dr. Annemarie Matthess



Points de vue- Srivatsava Ganapathy
17.04.2020

Points de vue- Srivatsava Ganapathy

Srivatsava Ganapathy, Président, Foretell Business Solution Private Limited, Propriétaire de cashewinfo.com 

1. Que pensez-vous du développement des capacités au sein du secteur de l’anacarde ?

Le développement des capacités est vital dans les trois principaux domaines que sont la production de noix de cajou brutes, la transformation des noix de cajou brutes et la valorisation des amandes et des sous-produits de l’anacarde. 

2. Avez-vous connaissance de programmes de développement des capacités que vous souhaitez partager avec nous ?

Oui, ils sont légion. En premier, l’initiative de formation de ComCashew, le Master Training Programme (MTP), est un programme de développement des capacités dont l’impact est considérable.

Je suis également impressionné par le concept des parcelles démonstration au niveau des blocs dont le but est de démontrer l’impact des pratiques scientifiques sur les rendements des noix de cajou brutes au Vietnam. Cette structure a contribué à accroître de manière substantielle les rendements au Vietnam. La méthode consiste à faciliter les interactions directes avec les exploitants et à combiner subtilement la théorie et la pratique. 

En outre, les initiatives prises par l’Université agricole de Kerala en vue de développer plus de 20 produits à base de pomme de cajou et de les produire chaque année avec l’aide des groupes d’entraide, est un bon moyen de démontrer les opportunités offertes aux groupements de femmes locaux pour la valorisation de la pomme d’acajou.

Récemment, j’ai également eu l’opportunité de visiter le Centre d’innovation et de technologie de l’anacarde (CITA) à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, qui est une institution de classe mondiale. Je suis convaincu que ce centre pourrait servir de modèle excellent pour la région pour ce qui est d’assurer une formation en salle de classe sur les nuances de la transformation de l’anacarde et la sécurité sanitaire des aliments, mais également pour fournir une expérience pratique quant à l’utilisation des machines et des technologies dernier cri.

3. Que faut-il faire pour améliorer l’efficacité du développement des capacités dans le secteur de l’anacarde à court et moyen termes ?

La technologie peut grandement améliorer la qualité de l’enseignement des concepts clés et de leur application. En conséquence, il faudra développer et dispenser des programmes d’enseignement ciblés en ligne ou par téléphonie mobile dans la langue de choix des formés. Il est nécessaire d’établir une université mondiale virtuelle ou un système de gestion de l’apprentissage qui pourrait mettre à disposition les meilleures pratiques dans l’ensemble de la chaine de valeur de l’anacarde. À titre individuel, les organisations pourraient tirer parti de cette base de savoirs pour former régulièrement leur personnel sur les concepts.

L’apprentissage par la pratique est un autre élément important pour la filière. Surtout dans le contexte actuel de transition du secteur de la transformation manuelle, à la transformation mécanique et finalement automatique. Les stages sont une bonne opportunité. Les entreprises progressistes, notamment les sociétés de fabrication de machines/technologies, doivent accepter et offrir des programmes de stage. Il est également nécessaire de former un plus grand nombre de personnes au niveau débutant afin de les motiver et de faciliter l’apprentissage mutuel.

Un autre domaine à prendre en compte est l’harmonisation des incitations afin que la filière puisse adopter la formation et le développement comme partie intégrante de son activité. Actuellement, certains chefs d’entreprises craignent qu’après avoir formé leurs ressources humaines, celles-ci ne quittent l’entreprise, et préfèrent donc ne pas prendre l’initiative de les former.

4. Vous avez récemment organisé la Convention et exposition mondiales du cajou (WCCE) en février à Abidjan. Depuis quand participez-vous à l’organisation du WCCE ?

La Convention et exposition mondiales du cajou existe depuis 2015. L’édition de 2020 à Abidjan a été organisée conjointement par cashewinfo.com et par l’Association des exportateurs d’anacarde en Côte d’Ivoire avec l’appui du Conseil Coton anacarde (CCA) de Côte d’Ivoire.

5. A votre avis, quelle a été la contribution de la WCCE au renforcement des capacités dans la filière anacarde ?

La WCCE a réussi à mettre en lumière les besoins exprimés et latents de l’industrie. Ainsi, elle fournit aux délégués, parmi lesquels plusieurs décideurs, une compréhension claire des aspects qui nécessitent un accent particulier. Par exemple, durant WCCE 2016, des délibérations ont eu lieu sur les répercussions regrettables des cargaisons de noix de cajou brutes à forte humidité sur les transformateurs et les consommateurs finaux. En conséquence, divers gouvernements et associations en Afrique ont mis des systèmes en place pour assurer que les cargaisons sont bien séchées.

De même, plusieurs discussions se sont tenues sur les exigences des acheteurs d’amandes européens et américains en matière de qualité et de sécurité sanitaire des aliments. Ces exigences contribuent à reconcevoir le processus, la présentation ainsi que la formation des employés au niveau de la transformation.     

Au fil des six dernières années, la WCCE a constitué un excellent répertoire d’informations et de savoirs qui peut servir de référence pour les participants et les opérateurs du secteur de l’anacarde.

Et enfin, alors que nous participons à tous les évènements majeurs du secteur de l’anacarde, Cashewinfo produit une publication spéciale axée sur la région et les intérêts du groupe d’utilisateurs ciblé. Par exemple, lors de WCCE 2020, Cashewinfo a publié une note détaillée sur le secteur de la transformation de l’anacarde en Afrique afin de permettre aux acheteurs européens et américains de les contacter et de les aider dans le cadre de leurs activités d’exportation.

6. Quel rôle des évènements tels que la WCCE jouent-ils dans le développement des capacités ?

Les évènements tels que la WCCE contribuent à partager le savoir et les pratiques optimales grâce à des sessions formelles ainsi qu’à des conversations plus informelles. Elles favorisent la collaboration et la fusion des idées, des plans et des politiques. Elles sont une opportunité d’explorer de nouvelles façons de faire les choses.

7. Comment peut-on encourager davantage le partage de savoirs lors d’évènements tels que la WCCE ?

On peut faire beaucoup plus. Ces évènements doivent cibler des marchés plus récents, solliciter des experts des universités et des institutions de recherche. En outre, il serait souhaitable d’apporter également une perspective externe sur les aspects transformationnels clés. Par exemple, un expert du secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC) pourrait intervenir sur la création d’un répertoire mondial en ligne des savoirs sur l’anacarde.

8. Quels sont certains des défis que vous avez rencontrés jusqu’à présent dans le cadre de l’organisation de la Conférence ? Et quelles difficultés anticipez-vous pour l’avenir ?

Le premier défi est de pouvoir combler et dépasser les attentes des délégués qui n’ont fait que s’accroître avec le temps. Et cela n’est possible qu’au moyen d’une communication constante avec les délégués, et de l’innovation.

9.  À votre avis, que faut-il faire pour encourager la participation accrue des femmes (en tant que panelistes, animatrices et participantes) aux évènements d’apprentissage et de prises de contacts ?

Dans les secteurs traditionnels tels que ceux de l’anacarde, très peu de femmes occupent les postes de direction. Toutefois la situation est en train de changer. L’initiative CasheWomen a pour but de développer leurs capacités de leadership spécialement dans le secteur de l’anacarde.

La WCCE est convaincue que les femmes leaders jouent un rôle important et sont essentielles pour la prochaine phase de croissance du secteur. Dans le cadre d’une initiative en cours, nous devons étoffer notre base de données des femmes occupant divers postes de direction dans le secteur de l’anacarde dans les différentes régions. Cela nous aidera à identifier les personnes ressources appropriées. Deuxièmement, il faudra sponsoriser, au moins en partie, la participation des femmes aux conférences. Nous sommes à même de le faire dans certains cas.

10. Souhaitez-vous ajouter autre chose ?

ComCashew a fait montre de leadership en matière de formation, de développement des capacités, de facilitation de l’accès au financement, de prise en compte des disparités entre les sexes et de leadership des femmes, et récemment, de collaboration avec les gouvernements afin d’harmoniser les politiques et les programmes. L’impact de toutes ces initiatives est visible sur le terrain. Je félicite ComCashew pour ses initiatives pionnières et serais heureux de continuer à les soutenir au moyen de nos publications et de nos programmes.

Foretell Business Solutions Private Limited fournit des informations et des renseignements d’ordre commercial sur l’industrie et le commerce de l’anacarde à l’échelle mondiale. En collaboration avec plusieurs associations de taille, la société organise la Convention et exposition mondiales du cajou (www.cashewconvention.com) chaque année pour permettre aux acteurs de se réunir pour orienter l’avenir de l’industrie. En outre, elle aide également les membres de l’industrie, les gouvernements et les agences non-gouvernementales dans le cadre de services consultatifs sur la sélection de technologies, les pratiques optimales de l’industrie et le développement des ressources humaines. CasheWomen (www.cashewomen.com) est une initiative sociale de cashewinfo.com en collaboration avec les principaux acteurs de la filière.



Cérémonie de remise de prix Burkimbila à Ouagadougou: La GIZ/ComCashew reçoit le prix de l’Agriculture
31.03.2020

Cérémonie de remise de prix Burkimbila à Ouagadougou: La GIZ/ComCashew reçoit le prix de l’Agriculture

Le 29 février 2020, s’est tenue à Ouagadougou dans la salle de banquet à Ouaga 2000, la quatrième édition de la nuit de reconnaissance sous le thème « Quelle contribution de la jeunesse pour un Burkina émergent ». Cette édition a été marquée par la remise de distinctions et de trophée à certaines structures.

L’activité se tient chaque année et est organisée par l’association Burkimbila. 

L’association Burkimbila est composée de jeunes qui ont entrepris depuis 4 années de distinguer et de marquer leur reconnaissance envers les associations, projets, programmes et structures qui œuvrent pour la promotion de la jeunesse, la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble au Burkina Faso.

Cette année, c’est sous le patronage de Monsieur Salifo TIEMTORE, Ministre de la Jeunesse, de la promotion de l’entreprenariat des jeunes, que la nuit de la reconnaissance a eu lieu.

Au vu de ses actions de promotion des jeunes et des femmes dans la filière anacarde, l’initiative du Cajou Compétitif (ComCashew) a été nominée dans la catégorie « Trophées Spéciaux de l’Agriculture » par son Ministère de tutelle, le Ministère de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-agricoles (MAAH) à travers la DGPER (Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale).

GIZ/ComCashew Burkibila Ceremonie

La GIZ/ComCashew dédie ce trophée à tous les acteurs intervenant dans la filière anacarde !



Lancement de la campagne 2020 de commercialisation de la noix du cajou au Burkina Faso
30.03.2020

Lancement de la campagne 2020 de commercialisation de la noix du cajou au Burkina Faso

"Développement durable de la filière anacarde au Burkina : défis et perspectives de la régulation", tel fut le thème du lancement de la campagne 2020 de commercialisationdu cajou au Burkina Faso. A l’instar des années précédentes, plusieurs acteurs et parties prenantes ont marqué leur présence effective à la cérémonie du samedi 29 février 2020. Cette année c’est la ville de Orodara, communément appelé « la cité du verger du Burkina Faso » qui a été choisie pour abriter ladite cérémonie. A cette occasion, après le mot de bienvenue du Maire de Orodara, différentes allocutions ont été entendues notamment :

  • le Parrain M. Kalifa Traoré, Secrétaire Général du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales. 
    M. Kabore
  • le Co-parrain Zignodo Dite Salimata KONATE / OUATTARA, Député à l’Assemblée Nationale, Présidente de la Commission Genre, Action sociale et Santé.
  • la Présidente du Comité Interprofessionnel de l’Anacarde du Burkina (CIA/B) Mme Minata Koné portant fixation du prix minimum du kg de noix brute de cajou à 330 F CFA. 
  • Le lancement de la campagne par le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, M. Harouna Kaboré avec le maintien de la taxe à l’exportation (25F CFA/kg) et le soutien du gouvernement pour accompagner la CIAB dans la mise en place de la CFO (Contribution Forfaitaire Obligatoire). En substance, M. Kaboré a réaffirmé la volonté de l’Etat à maintenir son accompagnement dans la gestion du montant des prélèvements des deux années écoulées -2018 et 2019. Le Ministre a entre autres mesures garantit l’opérationnalisation de la brigade mobile dans les zones de production du cajou pour le respect de la règlementation en matière économique.

M. Kaboré, Ministre du Commerce du Burkina | Source : GIZ/ComCashew   

La visite du site de transformation artisanale de Diéri a marqué la fin des activités du lancement.

La visite du site de transformation artisanale de Diéri a marqué la fin des activités du lancement.



Enseignement et formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) – Entretiens
26.03.2020

Enseignement et formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) – Entretiens

En collaboration avec l’Initiative ghanéenne de développement des compétences (GSDI[2]) et avec l’appui du Ministère de l’Alimentation et de l’agriculture (MoFA), l’Initiative du cajou compétitif (GIZ/ComCashew) a organisé deux éditions d’un programme de perfectionnement sur le cajou pour environ 200 formateurs de 13 instituts agricoles, techniques et professionnels dans les diverses régions du Ghana. L’objectif premier du programme était d’assurer que les formateurs des Instituts de formation agricole sont équipés du savoir et des capacités requis dans la filière anacarde.

Vera Sarfo Danso et Francis Emmanuel Awortwi, deux participants de l’École supérieure d’agriculture et d’études environnementales[3] de Bunso, ont partagé leur vécu du programme de formation et leurs perspectives sur le développement des capacités dans le secteur de l’anacarde : 

1.       Que pensez-vous du développement des capacités dans le secteur de l’anacarde ?

Vera : L’anacarde est devenue une culture de rente très importante tant au niveau local qu’international et en tant que pays désireux de développer l’industrie de l’anacarde, pouvoir produire une génération dotée des compétences en matière de production et de transformation de l’anacarde contribuera largement à influencer positivement le système. Il est donc très pertinent d’organiser le développement des capacités dans ce secteur.

Francis : Je pense qu’il est très utile pour toutes les parties prenantes le long de la chaine de valeur d’améliorer la productivité et la rentabilité de l’industrie de l’anacarde.

2.       Connaissez-vous des programmes de développement des capacités ? Si oui, veuillez-nous en faire part. 

Vera : Je connais des programmes de développement des capacités, essentiellement dans l’enseignement et la formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) organisés par la Ghana Skills Development Initiative dans les filières mangue et huile de palme. J’ai personnellement participé à ces formations qualifiantes.

Francis : Je connais également les mêmes programmes de formation dans les secteurs de l’huile de palme et de la mange.

3.       Que faut-il faire pour améliorer l’efficacité du développement des capacités dans le secteur de l’anacarde à court et moyen termes ?

Vera :   Dans les deux cas, il faut accroître le nombre de programmes d’enseignement et de formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) organisés pour les formateurs et le nombre de sessions pratiques et de contacts avec l’industrie. Les planteurs d’anacarde peuvent également être organisés et/ou formés sur le terrain en matière de bonnes pratiques de gestion afin d’assurer leur participation active et l’adoption de ce qu’ils apprennent.

Francis : Je pense qu’il faut davantage de programmes de formation pour les formateurs le long de la chaine de valeur. Il faudra également fournir les outils et l’équipement adéquats pour former les institutions afin de garantir l’efficacité du développement des capacités dans le secteur.

4.       Selon vous, quelle a été la contribution du programme de formation qualifiante de l’Enseignement et formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) sur l’anacarde au renforcement des capacités dans le secteur de l’anacarde ?

Vera : Tous les formés qui se sont qualifiés durant cette session, sont titulaires d’un certificat prouvant qu’ils peuvent former d’autres personnes en matière de production et de transformation de l’anacarde. Les formés de cette session ont acquis des compétences qu’ils transmettront à d’autres et il s’agit là d’une avancée majeure.

Francis : Le programme a communiqué un savoir et une compréhension accrus de la filière anacarde et les moyens d’améliorer la productivité. En outre, en tant que formateurs, nous avons acquis des compétences techniques pratiques pour la formation le long de la chaine de valeur. Le savoir, la compréhension et les compétences acquis contribuent également à l’enseignement et à l’apprentissage sur d’autres produits arboricoles.   

5.       Quel rôle les formations telles que l’Enseignement et la formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) jouent dans le renforcement des capacités ?

Vera : Le rôle le plus important qu’elles jouent est de transmettre aux formés les compétences et techniques requises. Les programmes d’enseignement et de formation technique et professionnelle en agriculture (ATVET) sont axés sur les compétences et enseigner aux participants les compétences pratiques permet de développer leurs capacités dans une grande mesure.

Francis : Elles comblent une lacune importante dans le développement professionnel continu et le perfectionnement technique qui ne sont pas souvent offerts par le secteur de l’éducation.

6.       Votre dernier mot ?

Vera et Francis : Le programme de formation est également une bonne opportunité de création de réseaux aux niveaux individuel, professionnel et institutionnel.

Sources

[1] Agricultural Technical and Vocational Education Training

[2] Ghana Skills Development Initiative

[3] University College of Agriculture and Environmental Studies



Journée ivoirienne d’investissement du cajou – Salon international de l’agriculture Paris 2020
25.02.2020

Journée ivoirienne d’investissement du cajou – Salon international de l’agriculture Paris 2020

La Côte d'Ivoire, un pays de l’Afrique de l’ouest, projette une récolte de plus de 800 000 tonnes de cajou pour cette saison, renforçant encore une fois sa position en tant que premier producteur mondial de noix de cajou brutes. Ce chiffre représente plus qu’une statistique. Il reflète les nombreuses opportunités de développement offertes au pays : la création d’emplois dans la production et en particulier dans la transformation, l’ajout de valeur le long de la chaine de valeur, la résilience et l’adaptation face au climat et par-dessus tout une source d’investissement dans l’économie locale. 

En vue d’attirer ces investissements, le gouvernement ivoirien s’est servi de sa présence au Salon international de l’agriculture à Paris (SIA) pour organiser une « Journée Cajou » à son stand d’exposition le 24 février.

« Aucun autre secteur agricole ne bénéficie de l’attention publique que le gouvernement accorde au secteur du cajou en Côte d’Ivoire » a déclaré Dr. Adama Coulibaly, Directeur général du Conseil Coton Anacarde (CCA). Selon le DG, la volonté politique existe, et l’objectif national est d’accroître la valorisation dans le secteur du cajou. À cette fin, plusieurs mesures politiques, incitations et programmes d’appui ont été initiés.

Dr. Coulibaly a profité de l’occasion pour annoncer une série de mesures incitatives prévues pour l’établissement d’entreprises de transformation telles que la création de zones industrielles offrant des avantages fiscaux, la réduction des droits à l’importation sur les machines de transformation et les subventions pour la transformation locale.

« La Côte d’Ivoire a prouvé au monde qu’elle peut produire. Il faut maintenant montrer que nous pouvons aussi ajouter de la valeur ».

La subvention de l’amande introduite en 2016 (les transformateurs locaux reçoivent 400 FCFA/kg d’amandes transformées en Côte d’Ivoire) s’est jusque-là élevée à plus de 8 milliards de FCFA. Selon le CCA, d’ici à 2023, la Côte d’Ivoire sera très visible sur le marché de l’amande en raison des efforts actuellement consentis pour ajouter plus de 20 usines de transformation à celles qui existent déjà.

En compagnie d’un représentant du Mali et du Sénégal, ainsi que d’un chercheur international, Dr. Coulibaly a renforcé la nécessité d’une coopération entre les pays dans le secteur de l’anacarde. Le Conseil international consultatif du cajou (CICC) joue un rôle spécial à cet égard : fondé en 2016, le CICC compte actuellement 11 pays membres, un siège social à Abidjan et a récemment nommé son premier Secrétaire général. Cette organisation assurera la coordination de tous les pays producteurs et entend promouvoir les rapports et le dialogue sur les politiques entre les pays producteurs afin de relancer le secteur en Afrique et au-delà.

En tant que partenaire au développement, la GIZ/ComCashew a accompagné le CCA (et avant çà l’ARECA) au cours de la décennie écoulée et est engagée envers l’amélioration de la coopération, en particulier en ce qui concerne la promotion de la valeur ajoutée locale, l’accès aux marchés internationaux et le renforcement des réseaux et bourses du cajou. Le Directeur général a exprimé son appréciation pour cette coopération et pour l’appui de ComCashew et est confiant que nous pouvons, ensemble, réaliser notre objectif commun qui est de rendre le secteur du cajou compétitif.

Depuis son lancement en 1964, le SIA a été le rendez-vous du secteur agricole français et chaque année, des milliers de visiteurs et d’experts participent à ce salon qui dure une semaine. En plus des expositions sur l’agriculture française, Paris reçoit également le monde entier et chaque année, les pays africains ont l’honneur de présenter et de promouvoir leur secteur agricole.



L'année électorale semble profiter aux producteurs de noix de cajou en Côte d'Ivoire
07.02.2020

L'année électorale semble profiter aux producteurs de noix de cajou en Côte d'Ivoire

La campagne 2020 de commercialisation des noix de cajou en Côte d'Ivoire ouvre aujourd'hui, a-t-il été décidé hier en Conseil des ministres. Le prix minimum obligatoire d'achat bord champ est augmenté de 25 francs le kilo, le portant à FCFA 400 pour la campagne 2020.

Parallèlement, le gouvernement resserre le contrôle aux frontières afin d'éviter "la fuite des noix de cajou par les frontières terrestres". A cette fin, le Conseil du Coton et de l’Anacarde est autorisé "à prendre des mesures de lutte contre les exportations frauduleuses, allant jusqu’à la saisie et à la vente immédiate des produits saisis" et le ministère de la Justice doit mettre en œuvre "des procédures d’urgence" pour sanctionner "la commercialisation et l’exportation illicites".

En lire plus: L'année électorale semble profiter aux producteurs de noix de cajou en Côte d'Ivoire (par COMMODAFRICA)